Des tireurs embusqués non identifiés effrayaient vendredi des réfugiés palestiniens souhaitant fuir le camp de Nahr al-Bared, dans le nord du Liban, où sont retranchés des combattants islamistes, ont affirmé des témoins.
A la sortie sud du camp, sur la route côtière, seule issue possible pour les milliers de personnes prises au piège à l’intérieur du camp, pas un réfugié ne s’est présenté depuis la mi-journée au barrage de l’armée, ont indiqué ces témoins. Un officier libanais a assuré, sous le couvert de l’anonymat, que "toute personne se présentant à pied peut sortir du camp sans problème. Seule l’entrée dans le camp est interdite". Une vingtaine de personnes, parents d’habitants de Nahr al-Bared, attendaient en milieu d’après-midi que leurs proches sortent. En contact téléphonique permanent, il tentaient de les convaincre d’aller de l’avant.
Trop effrayés pour sortir
"Ils veulent sortir, mais ils ont peur des snipers" a affirmé Issa Sayed, 49 ans, habitant du camp qu’il a fui mercredi, venu attendre quinze membres de sa famille. "Vers 16h00, ils se sont approchés du pont qui marque la sortie, mais deux coups de feu les ont forcés à faire demi-tour". Son frère, Hassan Sayed, assure, après avoir appelé à l’intérieur du camp, "qu’ils sont trop effrayés par les tirs pour oser sortir". L’armée libanaise a accusé jeudi le groupe islamiste Fatah al-Islam de prendre les civils en otage dans Nahr al-Bared, afin de s’en servir comme boucliers humains en cas d’assaut.
Routes barrées
Fathi Rabih, un habitant du camp joint par téléphone portable, a affirmé : "il y a ici, autour de moi, des dizaines de gens qui veulent sortir d’ici, mais ils ont trop peur. La situation est terrible : il n’y a plus d’eau depuis trois jours, bientôt plus rien à manger. Il y a des malades, des vieux qui ne peuvent pas bouger. L’armée a barré les routes avec des monticules de terre".








