7. Dix bonnes raisons pour rejeter l’hypothèse du tombeau de Talpiot.
Ce mardi 29 Mai ’07, le documentaire « Le tombeau de Jésus » a été transmis par TF1. Il a été vu par beaucoup de téléspectateurs et animera bien des débats. J’ai promis à plusieurs d’entre vous d’écrire un article qui résume quelques raisons principales pourquoi nous affirmons que ce tombeau n’a rien avoir avec un éventuel tombeau de la famille de Jésus. Pour plus de détails, lisez les autres articles.
1) La famille de Jésus était originaire de Nazareth.
Tout d’abord, il est improbable que la famille de Jésus ait disposé d’un tombeau taillé dans le roc, car ce n’étaient que les familles les plus riches qui pouvaient se le permettre. La famille de Jésus n’en avait pas les moyens. Et si la famille aurait quand-même eu un tombeau familial, alors c’était à Nazareth où elle résidait. Ceux qui construisaient des tombeaux le faisaient proche de la ville où ils résidaient. La découverte récente du tombeau d’Hérode en est un bon exemple. Le défunt devait être enterré dans les 24 heures après le décès : impossible de parcourir les plus de 100 km de Nazareth à Jérusalem pour y être enterré. S’il y avait un tombeau familial, c’était en Galilée.
2) L’ensevelissement dans le tombeau de Joseph d’Arimathée prouve que la famille de Jésus n’avait pas de tombeau à Jérusalem.
Si la famille de Jésus disposait d’un tombeau à Jérusalem, c’est là qu’il aurait été enterré. Le fait que son corps ait été placé dans le tombeau de Joseph d’Arimathée, prouve que la famille de Jésus n’avait pas de caveau dans les alentours. D’autre part, la loi juive permettait de se servir temporairement d’un caveau avant d’enterrer le défunt ailleurs. Sans tombeau familial dans les alentours, les disciples auraient pu enterrer le corps de Jésus en pleine terre quelques jours plus tard. Mais dans ce cas, le corps n’était jamais déterré pour être placé dans un ossuaire. L’ensevelissement du corps de Jésus dans le tombeau de Joseph d’Arimathée (admis par tous), rend toute découverte d’un ossuaire de Jésus à Jérusalem totalement impossible ! 3) L’ossuaire de « Mariamenou » n’a pas appartenu à Marie-Madeleine.
L’étude récente du professeur Pfann lit l’inscription « Mariame et Mara ». « Mariame » est une variante du nom « Marie » portée par 21,4 % des femmes, et « Mara » est une abréviation de « Martha », nom porté par 6,1 % des femmes. Il s’agit donc d’un ossuaire ayant connu les restes de deux femmes décédées à des moments différents. A Jérusalem, des milliers de femmes s’appelaient « Marie ». Rien n’indique l’origine araméenne de Migdal d’où provenait Marie-Madeleine, rien n’indique son milieu araméen (l’inscription est en grec).
Simcha se base sur les Actes de l’apôtre Philippe pour identifier l’ancienne lecture « Mariamenou » à « Mariamne » qui, selon lui, n’est autre que Marie-Madeleine. Cette identification pose plusieurs problèmes, e.a. que cette « Mariamne » est décédée après l’an 105 de notre ère, Marie-Madeleine aurait donc été plus que centenaire ! D’autre part, cette « Mariamne » était supérieure aux autres apôtres car elle ne s’est pas livrée à la procréation ! Son image ne correspond donc pas au mari de Jésus ou à la mère de Juda. Finalement, l’affirmation de son décès à Jérusalem par Simcha est fausse (p. 275) : les Actes de Philippe (Martyre 42, p. 240) mentionnent uniquement que Mariamne est parti vers le fleuve Jourdain.
4) L’ossuaire de « Mariah » n’a pas appartenu à Marie la mère de Jésus.
Les auteurs prétendent que l’inscription du nom « Mariah » est la version latine du nom biblique Myriam en lettres hébraïques. Dans les Evangiles, Marie est pourtant souvent nommée de son nom hébraïque « Mariam ». C’est ainsi qu’on l’appelait manifestement dans la vie de tous les jours (cf. Actes 13 : 55). En Israël il n’y avait pas de mini-Vatican avant la lettre qui se servait du Latin. Dans la famille de Jésus et parmi ses disciples, l’Araméen était la langue parlée. Le Latin était la langue des occupants romains : impossible que le nom de Marie ait été d’origine latine. Dans l’optique de l’origine latine de Simcha, il est exclu que cet ossuaire ait appartenu à Marie, la mère de Jésus !
5) Sur les 7 noms, il n’y a que deux ou trois qui correspondent à la famille de Jésus.
L’ossuaire de « Mariamenou » ne correspond pas à Marie-Madeleine, celui de « Mariah » ne correspond pas à Marie la mère de Jésus. Les noms des ossuaires « Matia » et « Juda fils de Jésus ne correspondent pas à la famille de Nazareth. La première partie de l’inscription « Jésus fils de Joseph » est presque indéchiffrable. Certains lisent à la place du nom « Jésus » le nom « Hanun ». Il y a donc un doute quant au nom de Jésus. Puis il y a l’ossuaire de Josah : il s’agit bien d’une variante du nom de Joseph, mais son identification avec le nom de Joses (frère de Jésus en Marc 6 : 3) est problématique. Il ne reste donc que les noms de Joseph (père de Jésus/Hanun) et le nom de Josah (variante de Joseph) qui correspondent à la famille de Jésus de Nazareth, et peut-être le nom de Jésus. Que deux ou trois noms, c’est peu ! D’autre part, 4 noms ne conviennent pas. Et comment expliquer l’absence des autres frères et sœurs de Jésus ?
6) Aucun ossuaire n’a la moindre indication d’une origine galiléenne.
Le professeur L.Y. Rahmani, a constaté que quand quelqu’un qui n’était pas originaire de la région était enterré dans un tombeau de Jérusalem, son lieu de provenance était indiquée, p.ex. Simon de Ptolémaïs. Si le tombeau de Talpiot appartenait à la famille de Jésus, au moins plusieurs ossuaires devraient indiquer son lieu d’origine : Jésus de Nazareth, Marie de Magdala, … Ou aucun ossuaire ne porte la moindre indication d’une localité non-Judéenne. Cette absence totale indique que le tombeau appartenait à une famille originaire de Jérusalem ! 7) La probabilité d’avoir trouvé la tombe de Jésus se situe entre 0 % et 1,6 %.
Le professeur de statistiques A. Feuerverger a calculé une probabilité de 1 sur 600 que ce tombeau ne soit pas celui de Jésus. Dans ses calculs de probabilité il a supposé que « Mariah » doit être identifiée à « Marie » mère de Jésus, « Mariamenou » à Marie-Madeleine et il ne tient aucun compte du doute quant au nom de « Jésus ». Ses calculs doivent être revus. Rien que la suppression du facteur Marie-Madeleine réduit la probabilité de 1 sur 600 à 1 sur 3,8 ! D’autre part, nous devons aussi tenir compte du fait que sur aucun des ossuaires le lieu d’origine n’ait été indiqué. La logique est de multiplier le résultat du professeur Feuerverger avec la probabilité de l’oubli du lieu d’origine sur chaque ossuaire. Nous avons retenu le chiffre le plus médian de 50 % (pour chaque inscription du lieu d’origine il y a eu un oubli sur un autre ossuaire). Dans ce cas, nous obtenons la probabilité de 1 sur 600 x 50 % x 50 % x 50 % x 50 % x 50% x 50 % = 1,6 %. Et ce chiffre ne tient même pas compte des suppositions erronées, ni d’autres difficultés (cf. point 10). La probabilité est sans doute plus proche de 0 % que de 1,6 % que ce tombeau soit celui de Jésus. 8) Les analyses de l’ADN ne prouvent rien du tout. Seul l’ADN mitochondrial des ossuaires de « Jésus fils de Joseph » et de « Mariamenou » a été analysé. Le résultat est que ces deux personnes n’avaient pas de relation par leur mère, ils n’étaient donc ni mère et fils, ni sœur et frère. La conclusion de Simcha est qu’ils étaient mariés. Ou, tout en respectant le résultat des analyses bien d’autres relations étaient possibles : « Mariamenou » pouvait aussi bien être demi-sœur, belle-sœur, tante ou cousine du côté paternel, par rapport à « Jésus ». Il est donc improbable qu’ils étaient mariés. Pourquoi l’ADN des autres ossuaires n’a-t-il pas été examiné, y compris celui de Jacques dont Simcha atteste la présence d’ossements dont les traces sont connues ? Ce travail est tout sauf un travail d’expert.
9) Si l’ossuaire de Jacques a fait partie de ce tombeau, alors il le disqualifie. Simcha a analysé la patine des parois de l’ossuaire de Jacques, des autres ossuaires et des murs du tombeau de Talpiot pour démontrer qu’ils ont tous une signature commune. Puis il l’a comparé avec des patines d’ossuaires venant d’autres tombeaux, révélant une signature différente. Ainsi, il pense avoir prouvé que l’ossuaire de Jacques provenait du tombeau de Talpiot. Dans ce cas, la probabilité est de 50 fois plus élevé qu’il s’agit du tombeau de Jésus. Il y a pourtant un grand problème. L’historien Hégésippe écrit au 2e siècle que Jacques, lapidé en l’an 62, a été enterré en pleine terre, pas dans un tombeau dans les rocs. Ces ossements n’étaient jamais déterrés pour être placés dans un ossuaire. De son temps, une stèle marquait toujours l’endroit où il était enterré. C’était juste en face du temple de Jérusalem. Ou le tombeau de Talpiot se trouve à 2 km de Jérusalem, à un endroit d’où il est impossible de voir la ville. Conclusion : l’ossuaire de Jacques n’est pas celui de Jacques le frère du Seigneur. S’il se trouvait dans le tombeau de Talpiot, il le disqualifie comme tombeau de la famille de Jésus !
10) Si Jésus était enterré dans ce tombeau, il n’y aurait jamais eu de religion chrétienne.
Le tombeau de Talpiot était grand et connu. Tous les habitants de Jérusalem savaient à quelle famille il appartenait. S’il avait appartenu à la famille de Jésus, c’est là que les autorités de Jérusalem se seraient rendues dès le matin de Pâques pour effectuer leurs recherches. Cela ne leur aurait pas pris une heure pour vérifier que le corps de Jésus était bien couché sur un des lits funéraires (les os étaient placés dans l’ossuaire un an plus tard). Si Talpiot était le tombeau de la famille de Jésus, les autorités juives n’ont pas pu ne pas aller vérifier sur place et il n’y aurait jamais eu de religion chrétienne.
Devant toutes ces évidences, il est impossible de maintenir que ce tombeau ait contenu les restes de la famille de Jésus. Pas étonnant que de plus en plus de spécialistes abandonnent ce Titanic en perdition. Le professeur Stephan Pfann dont le nom figure sur le site officiel du « Jesus Family Tomb », est un des grands épigraphistes qui rejette avec grande compétence l’hypothèse de l’équipe de Simcha.
Pour terminer, permettez-moi de prolonger les dizaines d’heures de recherche et de proclamer : Jésus est vraiment ressuscité ! Emile Carp
5. Questions posées par les analyses de l’ADN
Dans les ossuaires, il n’y avait plus d’ossements. Cela n’a pas empêché l’équipe de Simcha de rechercher au fond des ossuaires de très petits fragments d’os, préservés au cœur des concrétions minérales. Il n’y avait que des restes du cytoplasme, contenant l’ADN mitochondrial, qui ne permet que l’identification des liens maternels.
Ces restes d’ADN ont été récoltés des ossuaires « Jésus fils de Joseph » et de « Mariamenou » et ont été examinés à l’Université de Lakehaed, l’un des cinq meilleurs laboratoires de paléontologie génétique au monde. Résultat : les deux individus n’ont pas de lien maternel, ne peuvent être ni mère et fils, ni frère et sœur. La conclusion avancée par l’équipe est claire : « ces deux personnes étaient probablement mari et femme. » (1)
Ces analyses posent plusieurs questions :
1) La première question concerne le nombre de corps que chaque ossuaire ait contenu. Régulièrement des ossements de plusieurs individus étaient enterrés dans un seul et même ossuaire. Ainsi, le professeur Evans a évalué à plus au moins 17 le nombre de personnes enterrés dans les 10 ossuaires du tombeau de Talpiot. En plus, ce tombeau a été visité dans le passé, les ossuaires ont pu être vidés, d’autres os ont pu y être déposés. Dans l’ossuaire de « Mariamenou », plus grand que les autres, il est hautement probable qu’il ait contenu les ossements d’au moins deux personnes. Rien à ce sujet n’est mentionné dans le livre. Un travail scientifique sérieux doit prendre en considération la possibilité des restes de plusieurs corps dans chaque ossuaire. 2) Ce n’est pas parce que ces deux personnes n’avaient pas de lien maternel, qu’ils devaient probablement être mari et femme. Il y a bien d’autres relations familiales possibles : « Mariamenou » pouvait aussi bien être demi-sœur, belle-sœur, tante ou cousine du côté paternel, par rapport à « Jésus ». Ces relations nombreuses sont en accord complet avec l’analyse de l’ADN. Dans le cadre de la famille de Jésus, on pourrait suggérer la tante de Jésus appelée Marie (Jean 19 : 25, la femme de Clopas, vraisemblablement frère de Joseph), une de ses belles-sœurs (soit la femme de Jacques, de Simon, de Jude, ou de Joseph), un de leurs enfants : une nièce de Jésus, … Les possibilités de relations familiales sont nombreuses, il est donc improbable que « Mariamenou » était la femme de Jésus. 3) Les auteurs nous informent qu’il était impossible de prélever le moindre fragment d’os de « Judah, fils de Jésus », mais ils affirment que sa mère ne pouvait être que Marie-Madeleine selon toute vraisemblance. (2) Pour l’affirmer deux suppositions doivent être acceptés : 1) « Mariamenou » n’est autre que Marie Madeleine, et 2) « Mariamenou » est la mère de « Judah ». Nous avons attesté que la première supposition est hautement improbable, et la deuxième improbable. Devant la nature de ces deux conditions, il est donc hautement invraisemblable que « Judah » soit le fils de Marie-Madeleine. 4) Et pourquoi l’ADN des autres ossuaires n’a-t-il pas été analysé ? Simcha Jacobovici a répondu (New York Times) : « Nous ne sommes pas des scientifiques. A la fin du jour nous ne pouvons attendre que l’ADN de chaque ossuaire soit testé… Nous avons pris l’histoire à ce point. A un certain moment, il faut dire « J’ai fait mon boulot de journaliste ». » Tim, qui a étudié l’archéologie biomoléculaire réagit : c’est un travail nonchalant qui est tout sauf professionnel, le travail scientifique exigeait une comparaison de l’ADN des différentes ossuaires, l’absence d’un travail sérieux fait croire que la seule préoccupation était de démontrer une idée préconçue ! (3). 5) Cette question devient d’autant plus embarrassante quand Simcha décrit sa découverte de l’ossuaire de Jacques chez Oded Golan : « Je regardai à l’intérieur et vit (sic) des fragments d’os. L’ADN de la famille de Jésus ! pensai-je. » (4) Ces fragments ont été confiés à un ami de l’antiquaire israélien pour les mettre à l’abri. Trois constatations : (1) il y avait des restes des os de Jacques (supposant qu’il n’y a pas eu de contamination), (2) les traces du récipient en plastique contenant les os sont connus, et (3) Simcha s’est exclamé de la découverte de l’ADN de la famille de Jésus. Dans de telles conditions, l’ADN de Jacques n’aurait-il pas été analysés ? Conclusion : l’idée de faire des analyses ADN est bonne, mais seul les quelques restes de deux ossuaires ont été analysés. La conclusion des auteurs est tout sauf scientifique, car bien d’autres relations familiales sont envisageables. Ils ont imposé leur idée préconçue. S’il y avait eu un travail d’experts, les restes de Jacques auraient été recherchés en premier lieu. Leur approche tend à faire croire qu’ils appréhendent des résultats qui ne corroborent pas leur hypothèse. Avec Ben Witherington et d’autres nous demandons une analyse ADN des autres ossuaires !
Emile Carp
(1) Le Tombeau de Jésus, Simcha Jacobovici & Charles Pelligrino, p. 233, Editions Michel Lafon, 2007. (nous soulignons) (2) Idem, p. 235 (3) Résumé du commentaire de Tim sur le blog de Ben Witherington : http://benwitherington.blogspot.com/2007/03/smoking-gun-tenth-talpiot-ossuary_9874.html. (4) Le Tombeau de Jésus, Simcha Jacobovici & Charles Pelligrino, p. 82, Editions Michel Lafon, 2007. (nous soulignons)
lundi 28 mai 2007
4. Renversements des calculs de probabilité
L’équipe de Simcha Jacobovici a fait appel aux services du professeur A. Feuerverger de l’Université de Toronté pour calculer la probabilité que le tombeau de Talpiot soit celui de la famille de Jésus de Nazareth. Il s’est basé sur la fréquence des noms. (1) La majorité des noms trouvés sur les ossuaires étaient très courants à cette époque. Voici les chiffres cités par le professeur R. Bauckham : a) sur 2625 noms d’hommes, 8,3 % s’appelaient Joseph, 3,4 % s’appelaient Jésus, 6,2 % s’appelaient Juda et 2,4 % s’appelaient Matthieu ; b) sur 328 noms de femmes 21,4 % s’appelaient Marie et 6,1 % s’appelaient Marthe. (2)
Pour ses calculs, le professeur Feuerverger a attribué une valeur de 1 : 190 à « Jésus fils de Joseph », de 1 : 4 à « Marie », de 1 : 160 à « Mariamenou » et de 1 : 20 ( ?) à « Josah ». (3) La multiplication donne le total d’une chance sur 2.400.000 de trouver ces 5 noms ensemble. Il a divisé ce chiffre par 4 pour tenir compte de l’absence des frères de Jésus (Jacques, Jude) et finalement par 1000 qui représente le nombre maximal des tombes à Jérusalem. Résultat : il y a une chance sur 600 que ce tombeau ne soit pas celui de la famille de Jésus de Nazareth. (3)
1. Tout d’abord, le calcul de probabilités n’est qu’aussi fort que le sont ses suppositions. Dans sa lettre du 12 Mars, Feuerverger cite plusieurs suppositions. Parmi celles-ci : a) l’ossuaire de « Mariamenou » devrait être identifié à Marie-Madeleine. Il avoue lui-même que cette identification est discutable et que « cette supposition influence de façon substantielle le résultat des calculs » (4). Nous avons démontré que cette identification est impossible. b) la version latine de « Mariah » correspond au Marie du NT. Nous avons démontré que c’est justement une version latine qui rend toute correspondance impossible. c) l’inscription « Jésus fils de Joseph » est acceptée sans tenir compte du doute réel quant au nom de « Jésus » (« Hanun » ?). Conséquences pour le calcul : les valeurs de « Mariamenou » et de « Marie » doivent être supprimées et la valeur de « Jésus fils de Joseph » divisée par deux pour intégrer l’élément du doute. Résultat : une probabilité de 2,1 chances sur 1 que ce tombeau ne soit pas celui de Jésus. La probabilité est renversée ! (5)
2. Le professeur Feuerverger ne tient pas compte de la réalité familiale. Il calcule la probabilité de l’apparition des noms ensemble dans un contexte quelconque. Dans notre sujet, ils ont été retrouvés dans un tombeau familial, il est donc impératif de tenir compte du contexte familial. Nous proposons un calcul du nombre des familles à Jérusalem avec un père Joseph, une mère Marie, un fils Joseph et un fils Jésus.
Voici le calcul :
nombre d’hommes à Jérusalem = 80.000
8,3 % d’entre eux s’appelait Joseph = 6640
21,4 % d’entre eux s’était marié à une Marie = 1421
en 60 % des cas un fils s’appelait Joseph = 853
l’autre fils s’appelait Jésus (x 4,76) = 40 (6)
Il y avait donc au moins 40 familles à Jérusalem avec comme parents Joseph et Marie, ainsi que deux garçons appelés Jésus et Joseph. Nous situons ce chiffre sur la durée d’une trentaine d’années, ce qui a permis à la première génération des Joseph de se marier. Partant de la réalité familiale, nous trouvons donc un éventail de possibilités largement suffisant pour expliquer les noms du tombeau de Talpiot. Avec un autre calcul, Jay Cost aboutit à 229 Jésus fils de Joseph et de Marie, frère de Joseph sur 2 ou 3 générations. (7)
3. Professeur Feuerverger n’a pas tenu compte que la famille de Jésus venait de Nazareth. Nous devons donc tenir compte de l’origine galiléenne de la famille de Nazareth. Nous abordons deux facettes essentielles :
1) L’implication de la probabilité qu’une famille originaire de 100 km aurait eu son tombeau à Jérusalem. Nous exposons le résultat de l’équipe Simcha que la famille de Jésus aurait eu son tombeau à Jérusalem (599/600) à la probabilité qu’une famille vivant à 100 km de distance dispose d’un tombeau à Jérusalem. Parmi les 900 tombeaux de la ville combien appartenaient à des familles résidant à 100 km ? Aucun, nous pouvons donc dire que la probabilité est inférieure à 1 sur 900 (8). Le résultat de 599/600 doit donc être multiplié par 1/900 = 599/540.000. Selon ce calcul, il y a une probabilité inférieure à 0,11 % que le tombeau de Talpiot soit celui de Jésus. La probabilité est renversée !
2) L’absence d’inscriptions du lieu d’origine sur les ossuaires : Le professeur L.Y. Rachmani a découvert que quand un non-Judéen était enterré dans un tombeau de Jérusalem, son lieu d’origine était indiqué sur l’ossuaire. Nous devons donc multiplier la probabilité que Talpiot soit le tombeau de la famille de Jésus (599/600) avec la probabilité de chacun des 6 ossuaires que le lieu d’origine n’y soit pas inscrit. La difficulté est qu’il est impossible d’estimer le pourcentage des ossuaires où l’origine étrangère était omise. Supposons qu’en 50 % des cas l’on ait omis d’indiquer le lieu d’origine (dans ce cas, la population étrangère à Jérusalem était deux fois plus importante que ce qui est estimé à partir des ossuaires). Alors la probabilité que Talpiot soit la tombe de la famille de Jésus est de 599/600 x 50% x 50% x 50% x 50% x 50% x 50% = 1,6%. Le facteur le plus médian réduit la probabilité de 99,8 % (Feuerverger) à seulement 1,6 %. (9) Conclusion : les facteurs géographique et archéologique renversent le calcul de probabilité même sans tenir compte des suppositions erronées. Appréciation globale : 1) Plusieurs suppositions de départ sont fausses, le calcul du professeur Feuerverger doit être corrigé en fonction des suppositions qui ne tiennent pas la route ; 2) A Jérusalem, il y avait un réservoir suffisamment large pour expliquer la présence dans le tombeau des noms de Jésus fils de Joseph et Marie, frère de Joseph. Au moins 40 familles différentes de la ville répondaient à ces noms. 3) Le calcul de probabilité doit tenir compte de l’origine galiléenne de la famille de Jésus, et ne pas présenter les statistiques comme si elle avait toujours vécu à Jérusalem. 4) Nous obtenons une probabilité entre 0 % (plus petit que 0,11 %) et 1,6 % que ce tombeau soit celui de Jésus, ce qui correspond au 0,23 % mentionné par Jay Cost. (10) Et cela sans tenir compte des suppositions erronées.
Le professeur Feuerverger se rétracte :
Depuis la publication du livre, le professeur Feuerverger a révoqué un élément important de son travail dans une lettre à ses pairs datée du 12 mars 2007 : « je crois maintenant que je ne devrais confirmer aucune conclusion qui relie ce tombeau à une tombe hypothétique de la famille du NT. » (11) Il a calculé la probabilité que ces 5 noms apparaissent dans une seule et même famille, ce qui n’est pas du tout la même chose que l’identification du tombeau de Talpiot comme étant celui de la famille de Jésus.
Emile Carp
(1) Il s’est appuyé sur les œuvres du professeur L.Y. Rahmani « Catalogue àf Jewhish Ossuaries in the collections of the State of Israël », et de Tal Ilan « Lexicon of Jewish Names in Late Antiquity ». (2) Prof. R. Bauckham, The Alleged Jesus’ Family Tomb, http://www.christilling.de/blog/2007/03/guest-post-by-richard-bauckham.html (3) Sur le site du « Jesus Tomb », ni le nom de « Josah » est indiqué, ni la valeur qui lui a été attribuée. Nous avons obtenue cette valeur constatant la donnée manquante sur le site. Dans sa lettre du 12 mars, Feuerverger mentionne qu’il a tenu compte de « Josah ». (4) Lettre du professeur Feuerverger du 12 Mars 2007, http://fisher.utstat.toronto.edu/andrey/OfficeHrs.txt (5) Formule de Feuerverger : 1/((190 x 4 x 160 x 20) : 4) : 1000 = 608 (arrondi à 600). Nous divisons 190 par 2 = 95 et supprimons 4 et 160 : 1/((95 x 20) : 4) : 1000 = 0,475 (2,1 sur 1). (6) Du temps de Jésus, il était habituel qu’un père donne son nom à un de ses fils (cf. Luc 1 : 59 – 63). D’autres évaluent cette probabilité à au moins 60 %, chiffre que nous suivons aussi. L’occurrence du nom de Jésus est de 3,4 % => (3,4 % pour le deuxième + (3,4 x 40%) pour le cas où le premier fils n’aurait pas porté le nom de Joseph = 4,76 %). Nous avons donc multiplié 852 x 4,76 % = 40,58. (7) Jay Cost sur le blog de Ben Witherington du 26 février 2007, http://benwitherington.blogspot.com/2007/02/jesus-tomb-titanic-talpiot-tomb-theory.html (8) Nous sommes ouverts à toute information complémentaire et prêts à modifier les chiffres si nécessaire. (9) Voici quelques calculs de la probabilité que Talpiot soit le tombeau de la famille de Jésus : 25 % d’oublis => 0,025 % 35 % d’oublis => 0,2 % 66,7 % d’oublis => 8,8 % 75 % d’oublis => 17,8 % Même le dernier cas est toujours un revirement spectaculaire, d’autant plus que nous ne tenons même pas compte des suppositions erronées du professeur Feuerverger ! (10) Jay Cost sur le blog du prof. B. Witherington, http://benwitherington.blogspot.com/2007/02/problems-multiple-for-jesus-tomb-theory.html ; (11) Lettre du professeur Feuerverger du 12 Mars 2007, p. 1, http://fisher.utstat.toronto.edu/andrey/OfficeHrs.txt
vendredi 25 mai 2007
3. Les ossuaires et leurs inscriptions : correspondent-elles à la famille de Jésus de Nazareth ?
Six des dix ossuaires découverts dans le tombeau de Talpiot portent des inscriptions de noms. Les noms sur les cinq premiers sont en Araméen, le sixième est inscrit en Grec. La question qui nous intéresse est à savoir si les noms inscrits sur les ossuaires correspondent à la famille de Jésus telle que nous la connaissons dans le Nouveau Testament. Nous abordons maintenant chaque ossuaire plus en détail :
1. L’ossuaire IAA 80/505 : « Mariah ».
Aussi bien dans le livre que sur le site, les auteurs prétendent que l’inscription du nom « Marie » est la version latine du nom biblique Myriam en lettres hébraïques. (1) Est-ce que la mère de Jésus était appelée du nom latin de « Marie » dans la vie de tous les jours ? Dans les Evangiles et dans les Actes des Apôtres, tous rédigés en Grec vers les années ’60 du premier siècle, apparaissent deux noms pour Marie : 1) « Mariam », la translittération du nom hébreu en Grec, et 2) « Maria », le nom grec de Marie. Il est remarquable que le nom hébreu de « Mariam » (13 fois) est plus fréquent que le nom grec de « Marie » (11 fois). (2) « Mariam » apparait clairement comme le nom par lequel l’on s’adressait à Marie : « Sa mère ne s’appelle-t-elle pas Mariam ? » (Mt. 13 : 55). Depuis le récit de la naissance de Jésus jusqu’à la dernière mention après l’ascension, Marie est appelée « Mariam » (3) Il n’y a pas de place pour la version latine du nom de Marie, qui, important à savoir, n’est pas identique du tout au nom grec de Marie. (4) Les Juifs d’Israël parlaient essentiellement l’Araméen, certaines couches cultivées aussi le Grec, mais le latin était la langue des occupants romains. Dans la famille de Jésus de Nazareth, il n’y a pas de place pour le latin comme base du nom de Marie. Cet ossuaire ne peut avoir contenu les os de Marie, mère de Jésus. 2. L’ossuaire IAA 80/503 : « Jeshua ( ?) bar Joseph »
Cet ossuaire se trouvait à côté du précédant, ce qui suggère que Mariah et Joseph étaient mariés. Alors nous avons une famille composée des parents Joseph et Mariah, avec leur fils Jésus, comme la famille de Jésus de Nazareth. Un problème important est la lecture de l’inscription. Il n’est pas sûr du tout certain que c’est le nom de « Jésus » qui figure sur l’ossuaire. Même pour les archéologues de référence, A. Kloner et L.Y. Rahmani, qui ont lu le nom comme « Jeshua » il reste un élément de doute qu’ils expriment par un point d’interrogation à côté du nom. (5) Stephen Pfann, un expert en épigraphie de Jérusalem, pense qu’il s’agit du nom de « Hanun ». (6) Le Dr. Craig Evans n’est pas sûr non plus qu’il s’agit bien du nom de « Jésus ». (7) L’inscription sur l’ossuaire en écriture sémitique ancien est très difficile à déchiffrer. Il y a donc bien un élément de doute : il n’est pas certain qu’il s’agit de « Jésus fils de Joseph », il pourrait aussi bien s’agir d’un « Hanun fils de Joseph » ! 3. L’ossuaire IAA 80/502 : « Matia »
Le nom de « Matia » fait penser à « Matthieu », un des douze apôtres de Jésus. Il est appelé aussi du nom de Lévi (Marc 2 : 14). Il n’est pas mentionné parmi les frères de Jésus et, originaire de Capernaüm, aucun lien familial n’est évident. Comme les tombeaux dans les rochers étaient d’ordre familial, les apôtres n’y ont pas été enterrés. La présence de l’ossuaire de « Matia » ne correspond pas à la famille de Jésus de Nazareth.
4. L’ossuaire IAA 80/504 : « Josah »
Ce nom « Josah » ou « Joseh » est une variante du nom de Joseph, nom particulièrement fréquent porté par plus de 8 % des hommes. Souvent le père donnait son nom à un de ses fils (cf. Luc 1 : 59 – 63 : tous les proches sont étonnés quand Zacharie appelle son fils du nom de « Jean »). Trouver dans une famille un père et un fils Joseph (avec une légère variante pour le fils) n’a rien d’exceptionnel. Dans le NT, le nom de « Joseph » (Matthieu 13 : 56) ou de « Joses » (Marc 6 : 3) est donné à un des frères de Jésus. Il y a pourtant un problème d’identification : sur l’ossuaire le nom est écrit avec les consonnes « JSH » et dans les textes bibliques il s’agit de Joseph (Mt. 13 : 56) ou de Joses (Mc 6 : 3, 15 : 40, 47). La dernière consonne est différente. Cette difficulté est particulièrement soulevée par le professeur Craig. (8) En même temps, la comparaison entre les textes de Matthieu et de Marc montrent qu’une seule et même personne était appelée « Joseph » ou « Joses » : ce dernier nom est donc clairement une variante du premier, pas un tout autre nom comme suggéré par le professeur J. Tabor. (9) Sa prétention que le nom araméen très rare « Josah » n’a été retrouvé qu’à une seule et unique occurrence, c’-à-d. dans l’Evangile de Marc (« Joses » en Grec) n’a aucun appui vu la différence des consonnes. Sur ce point, le livre mène le lecteur en erreur.
5. L’ossuaire IAA 80/501 : « Jehudah bar Jeshua »
Le cinquième ossuaire porte l’inscription « Juda fils de Jésus ». Dans les Evangiles, rien n’est dit d’un éventuel mariage de Jésus (ce qui ne pose aucun problème théologique), encore moins d’enfants ou d’un fils « Juda ». Les pères d’Eglise ne mentionnent aucune descendance de Jésus de Nazareth et le professeur Richard Bauckham remarque à juste titre qu’un éventuel fils de Jésus aurait certainement été exploité par les Gnostiques pour défendre leurs positions ésotériques. (10) La conclusion est claire : l’inscription de cet ossuaire ne correspond pas du tout à la famille de Jésus de Nazareth.
6. L’ossuaire IAA 80/500 : « Mariamenou e (?) Mara »
C’est l’ossuaire qui compte le plus dans l’hypothèse de l’équipe de Simcha. Pour eux il a le sens de « (Ceci est l’ossuaire) de Mariamne, alias le Maître ». Ils s’appuient sur les Actes de l’apôtre Philippe, un texte gnostique daté au plus tôt du 4 siècle. Selon le professeur Bovon, « Mariamne », la sœur de Philippe, serait la très connue « Marie-Madeleine » des Evangiles. D’autre part, ils citent l’épigraphiste Tal Ilan, pour qui le nom « Mara » signifie soit « Maître », soit « Seigneur » en Araméen. Entre les deux se trouve un petit trait qui a été lu comme « ou, alias ». Pour les auteurs « Mariamne » était une variante grecque de Marie-Madeleine dès le début du christianisme, elle était originaire de la région de la mer de Galilée, parlait le Grec et était la dirigeante des apôtres. (11)
Beaucoup d’objections se dressent contre cette lecture : 1) Tout d’abord, remarquons que l’inscription est en grec. Il y a discussion sur la présence de la conjonction « ou, alias » (une seule lettre en grec : êta), mais s’il est bien présent alors il faut respecter la cohérence linguistique. Le premier nom est grec, la conjonction est grecque, alors la suite ne peut qu’être grecque aussi. La cohérence de l’emploi de la même langue exclut un sens araméen du mot « mara ». Ceci serait possible si tout était rédigé en araméen, mais cela n’est pas le cas.
2) Le professeur Stephen Pfann lit l’inscription comme « Mariame et Mara » qui désigne deux femmes différentes enterrées dans le même ossuaire à des moments différents. Le nom "Mara" est une abréviation du nom de "Martha". Il n’y a plus rien qui soutient l’identification avec Marie-Madeleine ! (12)
3) Le professeur Richard Bauckham a démontré : (1) que Marie-Madeleine était appelée « Maria » dans les écrits du premier siècle, également « Mariamme » dans des écrits gnostiques à partir du deuxième siècle ; (2) que le nom « Mariamne » est une déformation de « Mariamme » apparue au début du 3e siècle dans un contexte hors d’Israël ; (3) que « Mariamenou » vient du nom de « Mariamenon » qui est un diminutif affectif du nom « Mariamene ». Ainsi il a établi que le nom « Mariamne » mentionné dans les Actes de Philippe ne provient pas du nom figurant sur l’ossuaire « Mariamenou », mais du nom « Mariamme ». Il n’y a pas de rapport entre « Mariamenou » et « Mariamne » qui est identifié à Marie-Madeleine (13).
4) Le nom « Mariamenon » est un diminutif affectif du nom grec de « Mariamene », ce qui implique qu’il a pu naître uniquement dans une famille parlant le Grec. (14) Ceci ne correspond pas du tout à la famille de Jésus de Nazareth !
5) Le professeur Ben Witherington note que Marie-Madeleine a toujours été nommée du nom « Maria » au premier et au deuxième siècle, jamais du nom de « Mariamene ». (15) Il devient donc impossible d’identifier l’inscription de l’ossuaire avec la personne de Marie-Madeleine.
6) Jodi Magness évoque qu’il n’existe aucune confirmation du premier siècle que Marie-Madeleine était la dirigeante de l’Eglise chrétienne. D’autre part, elle venait de la petite ville de Magdala sur les rives Ouest du Lac de Galilée : dans ce village de pêcheurs, le Grec n’était pas une langue courante ! (16)
7) Simcha et son équipe se basent sur les Actes de l’apôtre Philippe. Dans ce texte il n’est pas clair si Mariamne la sœur de Philippe est bien la même personne que Marie-Madeleine du Nouveau Testament. Dans le dernier chapitre, Philippe subit le martyre sous la 8e année de l’empereur Trajan, c’-à-d. en l’an 105. Mariamne partit vers le fleuve Jourdain : elle s’est donc rendue dans son pays d’origine où elle est décédée plus tard. Si Mariamne était Marie-Madeleine, elle aurait été très âgée, plus que centenaire ! (17)
8) Et la cerise sur le gâteau n’a encore été relevée par personne jusqu’ici : dans les Actes de l’apôtre Philippe, Mariamne a dépassé la gloire de l’apôtre Philippe, « parce qu’elle ne s’est pas livrée à la procréation » ! Elle s’était entièrement habillée comme homme afin de ne pas être reconnue comme femme et ne pouvait se conformer à la « pauvreté » d’Eve : elle devait s’abstenir des relations sexuelles pour ne pas transmettre le mal par l’hérédité. (18). Simcha identifie Mariamne des Actes de l’apôtre Philippe à Marie-Madeleine, mais elle ne s’est pas livrée à la procréation, elle ne convient ni comme l’épouse de Jésus, ni comme mère de leur fils Juda !
Conclusion : l’identification de Mariamenou à Marie-Madeleine est totalement impossible, même les Actes de l’apôtre Philippe s’opposent aux prétentions de l’équipe de Simcha.
Appréciation générale :
Deux noms correspondent à la famille de Jésus de Nazareth : celui de Joseph et de Josah (parce qu’une variante du nom de Joseph).
Le nom de Jésus dans l’inscription « Jésus fils de Joseph » est incertain, pourrait être lu « Hanun ».
Les quatre inscriptions « Juda fils de Jésus », « Mariah » à cause de l’origine latine du nom, « Matia » et « Mariamenou » ne correspondent pas à la famille de Jésus de Nazareth.
Et où sont les autres frères et sœurs de Jésus : Jacques, Simon, Jude, Marie et Salomé ?
Manifestement, cette famille ne correspond pas à ce que nous savons de la famille de Jésus de Nazareth. Toutes les évidences attestent qu’il s’agit d’une famille de Jérusalem.
Emile Carp
(1) Le Tombeau de Jésus, Simcha Jacobovici & Charles Pelligrino, p. 40, Editions Michel Lafon, 2007, site web http://www.jesusfamilytomb.com/holy_family/mary.html (2) « Mariam » (nom hébreu translittéré en Grec) : Mt. 13 : 55), cf. Luc 1 : 27, 30, 34, 38, 39, 46, 56 ; 2 : 5, 16, 19, 34, Actes 1 : 14. « Maria » (nom grec) : Mt. 1 : 16, 18, 20 ; 2 : 11 ; 27 : 56 ; Mc. 6 : 3 ; 15 : 40, 47 ; 16 : 1 ; Luc 1 : 41, 24 : 10. Dans les traductions bibliques françaises, la différence n’apparaît pas. (3) Simcha écrit « la mère du Seigneur est toujours désigné par le même nom : Maria. Il n’est jamais question de Myriam … » (op. cit. p. 272). Ceci est faux : dès les années ’60, la mère du Seigneur est appelée « Mariam » dans trois livres bibliques, et ce nom est manifestement la translittération de son nom usuel. (4) Prof. R. Bauckham, The Alleged Jesus’ Family Tomb, http://www.christilling.de/blog/2007/03/guest-post-by-richard-bauckham.html (5) Dr. Craig A. Evans, The Tomb of Jesus and Family ? Second Toughts. http://www.craigaevans.com/tombofjesus.htm (6) The Jesus Family Tomb, Fact or Fiction ?, http://www.y-zine.com/tomb.htm (7) Dr. Craig A. Evans, The Tomb of Jesus and Family ? Second Toughts. http://www.craigaevans.com/tombofjesus.htm (8) Idem (9) Le Tombeau de Jésus, Simcha Jacobovici & Charles Pelligrino, p. 100 – 101, Editions Michel Lafon, 2007. (nous soulignons) (10) The alleged « Jesus family tomb », http://www.christilling.de/blog/2007/03/guest-post-by-richard-bauckham.html (11) Le Tombeau de Jésus, Simcha Jacobovici & Charles Pelligrino, p. 43, 113, 142 – 144, Editions Michel Lafon, 2007. (nous soulignons) (12) Mary Magdalen is now missing : a corrected reading of ossuaries CJO 701 and CJO 108, Stephen J. Pfann, Ph.D., University of the Holy Land, 2007. (13) Prof. R. Bauckham, The Alleged Jesus’ Family Tomb, http://www.christilling.de/blog/2007/03/guest-post-by-richard-bauckham.html (14) Idem (15) Problems Multiply for Jesus Tomb Theory, Ben Witherington, http://benwitherington.blogspot.com/2007/02/problems-multiple-for-jesus-tomb-theory.html (16) Has the Tomb of Jesus been Discovered, Jodi Magness, 5 Mars 2007 : http://www.sbl-site.org/Article.aspx?ArticleId=640 (17) Actes de l’apôtre Philippe, Fr. Amsler, Fr. Bovon et B. Bouvier, Brepols 1996, p. 221 et 240. Rien dans le texte des Actes de Philippe n’indique que Mariamne serait retournée à Jérusalem où elle aurait fini ses jours (cf. Le Tombeau de Jésus, p. 273 : fausse affirmation). (18) Idem, introduction p. 61 – 62, texte chapitre VIII. p. 176 – 179 + note 339
2. L’archéologie permet-elle d’identifier le tombeau de Talpiot avec celui de Jésus ?
Les quelque 900 tombeaux taillés dans les rochers calcaires de Jérusalem du premier siècle avant notre ère jusqu’à la destruction de Jérusalem en l’an 70 comportaient une antichambre surmontée d’un monument devant l’entrée proprement dite qui donnait accès au tombeau. Ainsi, chaque tombeau était facilement reconnaissable. Un court couloir descendait dans la chambre funéraire. Des lits funéraires étaient taillés dans les murs, et au niveau du sol des niches funéraires (loculi) accueillaient les ossuaires, lourdes boîtes en pierre dans lesquels les ossements étaient rassemblés. Vers l’an 10 avant notre ère, la coutume des ossuaires est apparue. Un an après les funérailles quand le corps était totalement décomposé, les restes des os étaient placés dans un ossuaire. Quelque fois, le nom du défunt était inscrit sur une des faces extérieures. Le tombeau de Talpiot a tous les caractéristiques d’un tombeau de cette période : il avait une antichambre avant l’entrée dont les derniers restes ont été détruits par les bulldozers, une grande chambre funéraire avec deux lits funéraires, et pas moins de 6 niches. Selon le professeur Craig Evans, 35 personnes auraient été enterrés dans ce grand tombeau, dont la moitié dans les dix ossuaires. (1) Il a servi pendant trois ou quatre générations, a donc été construit bien avant la mort de Jésus le vendredi 3 avril de l’an 33.
L’autre mode de funérailles était l’inhumation en pleine terre. (2) C’était le cas pour la plus grande partie de la population qui ne pouvait se payer un tombeau coûteux. Une tranchée était creusée avec au fond une cavité cylindrique dans lequel le corps était posé, entouré d’un linceul. La cavité était fermée avec des briques, puis la tranchée remplie de terre. Une stèle pouvait être érigée au-dessus de la tombe pour identifier l’endroit. Les restes du défunt n’étaient jamais déterrés pour être placés dans un ossuaire. L’emploi des ossuaires n’est attesté que dans le cadre des tombeaux taillés dans le roc.
Difficultés d’identification du tombeau de Talpiot comme étant celui de la famille de Jésus :
(1) La famille de Jésus n’était pas riche. Lors de sa présentation au temple, ses parents offraient en sacrifice une paire de jeunes pigeons (Luc 2 : 23), le sacrifice des pauvres, et son père d’adoption Joseph était charpentier (Matthieu 13 : 55). Tous les renseignements dont nous disposons excluent que la famille avait les moyens de se faire tailler un caveau dans les rocs, surtout quand il est évident que ce tombeau existait bien avant que Jésus ne commence son ministère public. Il est donc exclu de compter sur la libéralité des disciples fortunés de Jésus : dans ce cas, le tombeau ne pourrait être construit que bien après l’an 30.
(2) La famille de Jésus vivait à Nazareth. Si la famille avait eu un tombeau familial taillé dans le roc, c’est à Nazareth qu’il devait se trouver. (3) La Loi juive exigeait des funérailles dans les 24 heures après la mort (Deut. 21 : 22 – 23), il fallait donc enterrer les défunts proche du lieu du décès. Ainsi, il n’était pas envisageable du tout pour la famille de Nazareth de se faire construire un tombeau familial à plus de 100 km de distance. L’archéologie nous apprend que chaque famille avait son tombeau là où elle vivait. Ainsi les rois hasmonéens avaient leurs tombeaux dans le village de Modiin proche de la côté méditerranéenne (4), et le roi Hérode le Grand, de qui l’on vient de découvrir le sarcophage, était enterré à côté de l’Hérodion, son palais au Sud de Jérusalem. (5) Les familles construisaient leur tombeau là où ils vivaient, c’est donc en Galilée qu’il faut chercher une éventuelle tombe de la famille de Jésus. D’autant que nous puissions le savoir, aucun des 900 tombeaux découverts à Jérusalem n’appartenait à une famille résidant à 50 km ou plus de la ville.
(3) L’ensevelissement du corps de Jésus dans le tombeau de Joseph d’Arimathée (Matthieu 27 : 57 – 60) exclut un tombeau de la famille de Jésus à Jérusalem. En effet, si la famille de Jésus possédait un caveau proche de Jérusalem, c’est là que ces disciples auraient déposé son corps. Jodi Magness écrit : « Quand les Evangiles nous racontent que Joseph d’Arimathée a offert à Jésus une place dans son tombeau, c’est parce que sa famille ne disposait pas d’un tombeau taillé dans le roc et qu’il n’y avait plus de temps de creuser une tombe en pleine terre ». (6)
(4) Le tombeau de Joseph d’Arimathée exclut toute possibilité de découverte d’un ossuaire contenant les restes de Jésus à Jérusalem. Les tombeaux étaient d’ordre familial, c’est donc pour respecter le repos du sabbat que Joseph d’Arimathée a accueilli le corps de Jésus dans son caveau. Il n’était pas interdit de ré-enterrer un corps quelques jours plus tard. (7) Ainsi, les proches de Jésus auraient pu creuser une tombe en pleine terre quelques jours plus tard pour y déposer sa dépouille. Mais dans tel cas, les os n’étaient jamais remontés à la surface pour être placés dans un ossuaire. D’autre part, nous avons déjà attesté sous le point précédant que le tombeau de Joseph d’Arimathée exclut un tombeau de la famille de Jésus à Jérusalem. C’est étonnant : le tombeau de Joseph d’Arimathée rend toute possibilité de découverte d’un ossuaire de Jésus à Jérusalem totalement impossible !
(5) Aucune inscription des ossuaires n’indique le lieu de provenance. Un archéologue israélien réputé, le professeur L.Y. Rahmani, a constaté que quand quelqu’un qui n’était pas originaire de la région était enterré dans un tombeau de Jérusalem, son lieu de provenance était indiquée, p.ex. « Simon de Ptolemais ». Quand le défunt provenait de Jérusalem, son ascendance paternelle était indiqué : p.ex. « Martha, fille de Hananya ». Cela veut dire que si le tombeau de Talpiot appartenait à la famille de Jésus, au moins plusieurs ossuaires devraient indiquer son lieu d’origine : Jésus de Nazareth, Marie de Magdala, … Ou aucun ossuaire ne porte la moindre indication d’une localité non-Judéenne. Cette absence totale indique que le tombeau appartenait à une famille originaire de Jérusalem !
(6) Talpiot : trop grand pour la famille de Jésus. L’essentiel de la famille de Jésus vivait en Galilée. Seul son frère aîné Jacques est venu vivre à Jérusalem, probablement avec sa famille (cf. 1 Cor. 9 : 5). Peut-être Marie a-t-elle encore vécu à Jérusalem ? Cela fait au plus une bonne dizaine de personnes, pourtant dans ce tombeau les restes de quelque 35 personnes ont été découvertes. La grandeur du tombeau ne correspond pas à la famille réduite de Jésus à Jérusalem. (8)
(7) Si Jésus était enterré dans le tombeau de Talpiot, il n’y aurait jamais eu de foi en la résurrection. En effet, les autorités juives connaissaient le tombeau de Talpiot et à qui celui-ci appartenait. S’il avait appartenu à la famille de Jésus, c’est là qu’ils se seraient rendus dès le dimanche de Pâques. Cela ne leur aurait même pas demandé une heure pour vérifier que Jésus était couché sur un des lits funéraires du tombeau (arcosolia). En effet, ce n’était qu’un an après le décès que les ossements restants étaient placés dans un ossuaire. Tous ceux qui étaient perplexes devant le tombeau vide de Joseph d’Arimathée savaient où ils devaient chercher. Les Juifs auraient trouvé son corps et tous les rumeurs de résurrection aurait disparu à l’instant. Si le corps de Jésus se trouvait dans le tombeau familial à Talpiot, les autorités juives n’ont pas pu ne pas aller vérifier sur place et il n’y aurait jamais eu de religion chrétienne.
Appréciation : L’ensemble des difficultés archéologiques rend l’hypothèse du tombeau de Talpiot comme tombe familiale de la famille de Jésus totalement impossible. Rien que ce que j’appelle le « Nazareth factor » est doublement tranchant : 1) le tombeau familial se trouvait là où la famille résidait : s’il y avait un tombeau familial il devait se trouver à Nazareth et 2) l’absence de toute indication du lieu d’origine sur tous les ossuaires découverts dans le tombeau de Talpiot. Sous le chapitre des calculs de probabilité, nous tiendrons compte de ces deux facteurs dont l’équipe de Simcha n’a pas tenu compte pour constater le renversement total des calculs de probabilité.
Pour que l’hypothèse de Simcha puisse être défendable, il aurait dû prétendre que Jésus et sa famille vivaient à Jérusalem. Dans ce cas il aurait pu argumenter son point de vue. Ou que lisons-nous dans la première ligne de son premier chapitre ? « La crucifixion de Jésus de Nazareth est la mort la plus célèbre de l’histoire. » (9) Il confirme bien que Jésus était originaire de la Galilée ! D’autre part, pour défendre son point de vue, Simcha aurait dû nier le passage du corps de Jésus par le tombeau de Joseph d’Arimathée. Et que lisons-nous dans le 2e paragraphe de son premier chapitre ? « Les Evangiles nous disent que son corps fut … placé dans le tombeau de famille de l’un de ses disciples, Joseph d’Arimathie. » (10) Ainsi, à la lumière des découvertes archéologiques, Simcha rend toute sa théorie impossible dès la première page de son livre ! Emile Carp
(1) Le Dr. Craig Evans, cité dans « The Jesus Family Tomb : Fact or Fiction ? » http://www.y-zine.com/tomb.htm (2) Jodi Magness, “What did Jesus’ Tomb Look Like ?” ,The Burial of Jesus. Biblical and Archaeology Society, Washington 2007. (3) « Has the Tomb of Jesus been Discovered », Jodi Magness, 5 Mars 2007 : http://www.sbl-site.org/Article.aspx?ArticleId=640, cf. Joe Zias, “The Jesus Family Tomb : Fact or Fiction ?”, http://www.y-zine.com/tomb.htm (4) Jodi Magness, “What did Jesus’ Tomb Look Like ?” ,The Burial of Jesus. Biblical and Archaeology Society, Washington 2007. (5) “On aurait découvert la tombe de Hérode”, journal Le Soir du 9 Mai 2007, p. 38 (6) Jodi Magness, “What did Jesus’ Tomb Look Like ?” p. 13 ,The Burial of Jesus. Biblical and Archaeology Society, Washington 2007. (7) Jodi Magness, « Ossuaries and the Burials of Jesus and James », Journal of Biblical Literature 124/1, p. 144, 2005. (8) Prof. R. Bauckham, The alleged Jesus’ Family Tomb, publié sur le blog de Ben Witherington, article The Smoking Gun – Tenth Talpiot Ossuary Proved to be Blank : http://benwitherington.blogspot.com/2007/03/smoking-gun-tenth-talpiot-ossuary_9874.html (9) Le Tombeau de Jésus, Simcha Jacobovici & Charles Pelligrino, p. 19, Editions Michel Lafon, 2007. (nous soulignons) (10) Idem. (nous soulignons)
1. La découverte et l’importance du tombeau de Talpiot
Deux jours plus tard, le dimanche 30 mars, les archéologues sont arrivés sous la direction du professeur Amos Kloner. Ils sont entrés dans le tombeau par un court couloir en descente pour se retrouver dans une chambre funéraire équipée de deux lits funéraires (arcosolia) où les corps des défunts étaient déposés après le décès et de 6 niches (loculi) au ras du sol. Dans ces niches, ils ont découvert 10 ossuaires, des boîtes en pierre dans lesquels les ossements étaient rassemblés un an après les funérailles.
Au premier regard, cette découverte n’avait rien d’exceptionnel. Les habitants les plus riches de Jérusalem faisaient creuser des tombes dans le roc pour y enterrer leur famille. Des centaines de ces tombes ont été découvertes. Puis, à partir de +/- l’an ’20 avant notre ère jusqu’à au moins l’an ’70 (la destruction de Jérusalem), l’emploi des ossuaires est devenu une coutume. Ce tombeau de Talpiot date donc bien du 1er siècle, du temps de Jésus.
L’un après l’autre, après avoir évacué une épaisse couche de terra rossa, les archéologues ont sorti les ossuaires du tombeau. Chacun a été nettoyé sur place, mesuré et décrit. Un premier sujet d’étonnement était que 6 ossuaires portaient des inscriptions des noms des défunts : « Marie », « Jésus fils de Joseph », « Matthieu », « Josah », « Juda fils de Jésus » et « Mariamenouemara ». Jésus, Joseph, Marie, Matthieu sont des noms connus du Nouveau Testament : les trois premiers comme la famille de Jésus, le quatrième comme un des douze disciples.
Même si l’occurrence des noms n’était qu’une coïncidence pour Amos Kloner et son équipe, en 1996 la BBC a transmis un documentaire de Ray Bruce qui suggérait qu’on aurait trouvé le tombeau de la famille de Jésus. Le documentaire a été sévèrement critiqué par les archéologues de renom, dont l’équipe du professeur Amos Kloner, et l’attention s’en est vite détourné.
Le 4 mars 2007, la chaîne Discovery Channel a présenté le documentaire « Le Tombeau perdu de Jésus », produit par le journaliste Simcha Jacobovici et le réalisateur James Cameron (connu pour le film Titanic). Plus de 4 millions de personnes aux Etats-Unis et au Canada ont suivi ce programme. En même temps, le livre « Le Tombeau de Jésus » a été publié à des milliers d’exemplaires.
Dans le documentaire et dans le livre, les auteurs reprennent la thèse que le tombeau de Talpiot serait le Tombeau de Jésus. Leurs affirmations dépassent celles de la BBC 11 ans plus tôt : 1) l’ossuaire de « Mariamenouemara » serait l’ossuaire de Marie-Madeleine ; 2) les noms trouvés étaient fréquemment utilisés, mais l’ensemble des noms serait plus qu’étonnant. Selon une étude faite par un professeur en statistiques, il y a 599 chances sur 600 que ce tombeau serait celui de la famille de Jésus de Nazareth ! 3) l’ADN contenu dans les parois des ossuaires « Jésus fils de Joseph » et de « Mariamenou » a été analysé pour conclure qu’ils n’avaient pas de lien maternel. Ils pourraient donc bien avoir été mariés, Jésus et Marie-Madeleine auraient été mariés. 4) En plus, ils auraient eu un fils appelé « Juda », qu’ils ont identifié au « disciple que Jésus aimait » 5) Le dixième ossuaire aurait été perdu. L’équipe de Simcha a fait analyser la patine (la couche formée à la surface le long des années) de l’ossuaire de Jacques et l’a comparée aux analyses des ossuaires du tombeau de Talpiot, pour conclure que l’ossuaire de Jacques viendrait aussi du même endroit, et renforcerait ainsi la probabilité qu’il s’agisse de la tombe familiale de Jésus, car Matthieu 13 : 55 et Marc 6 : 3 mentionnent « Jacques » comme premier frère du Seigneur !
Passionnant ! Les statistiques, les analyses génétiques de l’ADN mitochondrial, les analyses chimiques des diverses patines, ne démontrent-ils pas clairement que les archéologues avaient tort ? N’est-ce pas un véritable travail d’experts qui vient d’être présenté ici ? Et le chrétien, n’a-t-il pas tout à gagner par la découverte des premières traces archéologiques de la famille de Jésus : l’ossuaire de Jésus fils de Joseph, de sa mère Marie, de Marie-Madeleine, de leurs fils Judas, de deux de ses frères : Jacques et Joseph ? Ceux qui ont toujours nié l’existence historique de Jésus se sont trompés !
D’autre part, si cette tombe est bien celle de la famille de Jésus de Nazareth, alors Il n’est pas ressuscité d’entre les morts, alors sa résurrection n’est que « spirituelle ». C’est bien là la question essentielle, l’enjeu fondamental des discussions autour de ce tombeau.
Il n’y a que deux issus possibles : 1) soit ce tombeau appartient à la famille de Jésus de Nazareth : alors nous disposons de maints indices matériels de l’historicité de Jésus, mais Il est resté physiquement mort, sa résurrection n’est que spirituelle, 2) soit ce tombeau concerne une famille quelconque de Jérusalem du 1 siècle : alors nous n’avons aucun indice matériel de Jésus, non plus de sa tombe. Dans ce cas, la résurrection reste un mystère qui interpelle d’autant plus !
Que vous soyez chrétien ou non, ce sujet ne laisse personne indifférent.
Nous abordons le sujet en plusieurs chapitres. Si vous voulez, vous pouvez laisser vos commentaires. Nous vous demandons de rester dans le sujet abordé, d’écrire avec respect quel que soit votre point de vue, d’ajouter vos réflexions et liens vers d’autres articles.
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