Celui-ci a été récemment mis à mal par le scandale du programme "Pétrole contre nourriture" de l’ONU en Irak, et quand une enquête interne a découvert des pratiques contestables dans le secteur du maintien de la paix, ayant provoqué des dizaines de millions de dollars de pertes pour l’organisation.
Intitulé "Investir dans l’Organisation des Nations unies pour lui donner les moyens de sa vocation mondiale", ce rapport de 34 pages reconnaît l’inadaptation des structures administratives actuelles aux défis que l’ONU doit relever chaque jour, soixante et un ans après sa création.
Il souligne l’augmentation vertigineuse, depuis la fin de la guerre froide, des activités de terrain de l’ONU, notamment des opérations de maintien de la paix, qui absorbent plus de 70 % du budget de l’ONU, évalué à quelque 10 milliards de dollars, sans tenir compte des agences onusiennes (Unicef, PAM, PNUD...), qui ont un budget équivalent. M. Annan propose de "refondre complètement l’ensemble du secrétariat, ses règles, sa structure, ses rouages, pour qu’il soit mieux adapté aux réalités d’aujourd’hui", et de "remettre entièrement à neuf" l’ensemble de l’Organisation.
SEPT DOMAINES PRINCIPAUX
Le rapport contient des propositions relatives à sept domaines principaux : améliorer le capital humain, réorganiser l’encadrement, moderniser les communications, réduire les coûts, simplifier les procédures budgétaires, améliorer la transparence et créer un bureau ad hoc pour assurer une liaison avec les Etats membres.
Parmi les principales, figure la délocalisation ou l’externalisation de certains services comme la production documentaire, la traduction et la paie. M. Annan souligne que cette pratique a déjà été utilisée avec succès, ainsi lorsque la Banque mondiale, basée à Washington, a délocalisé une partie de sa comptabilité vers Chennai, en Inde, ou quand le Programme de l’ONU pour le développement (PNUD), implanté à New York, a délocalisé sa paie vers Copenhague.
Il affirme que selon une étude préliminaire, la délocalisation de la seule production documentaire permettrait une économie annuelle de l’ordre de 35 millions de dollars.
LE PERSONNEL INQUIET
Lors d’un débat avec M. Annan dans l’après-midi, le personnel du siège new-yorkais a vivement critiqué le projet. Rosemarie Waters, présidente du syndicat du personnel, a exprimé au nom de ses 700 membres "sa profonde déception devant le contenu de la réforme (...), notamment la proposition de supprimer des milliers d’emplois à l’ONU en conséquence de l’externalisation ou de la délocalisation".
M. Annan prévoit aussi un remaniement des plus hauts postes au secrétariat, incluant le renforcement du rôle du vice-secrétaire général, qui aura "l’autorité et la responsabilité de gérer les activités opérationnelles de l’organisation". L’ONU a annoncé vendredi la nomination à ce poste du Britannique Mark Malloch Brown, actuel chef de cabinet de M. Annan.
M. Annan affirme que la réforme n’est pas seulement "une opération de réduction des coûts", ni "une tentative désespérée pour amadouer un ou deux gros bailleurs de fonds".
La réforme administrative de l’ONU, demandée par les dirigeants mondiaux lors du sommet de New York en septembre, est particulièrement attendue par certains gros contributeurs aux budgets onusiens, surtout les Etats-Unis, qui en financent 22 % et ont durement critiqué la gestion de M. Annan Celui-ci terminera fin décembre son second mandat de cinq ans à la tête de l’Organisation. Une des principales préoccupations des Etats membres en 2006 est la recherche de son successeur.
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