Le quotidien Haaretz, dans son édition du 7 août, a annoncé la mort de l’ancien archevêque de Paris en première page avec une photo de Mgr Lustiger portant une croix sur ses épaules en titrant : « le cardinal français est né Juif et est mort entre la première et la seconde Alliance ». Haaretz a consacré deux articles sur le sujet. Revenant longuement sur la vie et le parcours singulier de l’homme, le quotidien a rappelé combien Mgr Lustiger a œuvré à l’amélioration des relations entre l’Eglise catholique et le peuple Juif et combien il a également apporté « son soutien à Israël ». Comme les autres quotidiens, il souligne que le cardinal était proche de Jean-Paul II. Le second article est une interview avec l’ancien Grand Rabbin de France, René Samuel Sirat, qui raconte sa relation personnelle avec Mgr Lustiger. Il rappelle, comment, à plusieurs reprises, il a surpris le cardinal sortant de la synagogue, alors qu’il venait dire le Kaddish pour sa mère. Le Grand Rabbin Sirat conclut son interview par ces mots : « Si Lustiger était revenu à la foi (juive), il aurait été juste de lui donner mon fauteuil de Grand Rabbin. »
Le correspondant de Yediot Aharonot à Paris, Sefi Hendler, raconte sa dernière rencontre avec Mgr Lustiger qui lui avait accordé une longue interview (l’une des dernières qu’il a faites) avant son voyage à Auschwitz pour le 60ème anniversaire de la libération du camp de la mort. Hendler ne cache pas combien l’homme l’a profondément touché. Il titre son papier « le prince catholique des Juifs ». Selon lui, « Les Juifs se sont trompés en grande partie en voyant dans Lustiger un de leur représentant dans le monde catholique. En réalité, Lustiger était le représentant de l’Eglise chez les Juifs. Il était le catholique des Juifs plus que le Juif des catholiques. » La sympathie pour le cardinal qui se dégage de ce papier n’aura échappé à aucun lecteur israélien.
Le quotidien Maariv a lui aussi consacré un article au décès de Mgr Lustiger. Cet article écrit par le correspondant du journal à Paris, Or Heller, explique que le cardinal était aimé aussi bien des chrétiens que des Juifs, et qu’il n’a jamais renié son identité juive. « Il était très aimé par la communauté juive de France et a beaucoup lutté contre l’antisémitisme », écrit Heller.
Un seule fausse note : le Jérusalem Post qui titre « Apostate French cardinal dies at 80 ». Le Jérusalem Post lu surtout par les étrangers a-t-il vraiment un poids sur la société israélienne ? Pour certains israéliens, particulièrement chez les religieux, Lustiger n’est rien d’autre qu’un apostat.
Les Israéliens garderont sans doute du cardinal Lustiger que, tout en étant catholique, il est resté Juif et que c’était un ami d’Israël.







