"Betancourt est vivante mais n’accepte pas les médicaments et la nourriture que lui donnent les guérilleros", a indiqué la radio. Par ailleurs, citant toujours les services de renseignements, Caracol a souligné que les Farc font régner la terreur dans le département du Guaviare (sud-est) et ont menacé les habitants de la région "de peine de mort" s’ils parlaient aux autorités de la présence d’Ingrid Betancourt.
Rencontre
Dans la municipalité de El Retorno, des habitants ont déclaré à des journalistes que Mme Betancourt avait été vue la semaine dernière par un paysan du village qui dit lui avoir parlé le dimanche 23 mars et qu’elle paraissait en mauvaise santé. "Le paysan m’a dit qu’il lui avait touché la main et tenté et de la tranquiliser car elle était très déprimée", a déclaré un habitant du village sous couvert de l’anonymat.
Ingrid Betancourt "était très mal, triste, comme si elle n’avait plus envie de vivre. Elle était très pâle, très maigre et elle semblait refuser de manger", a précisé l’habitant. Le paysan qui a reconnu Ingrid grâce aux images de la télévision, affirme avoir réussi à un peu réconforter l’otage. Il lui a dit : "reprenez courage, ne vous inquiétez pas" et Ingrid souriait mais ne répondait pas.
Détérioration
Selon d’autres témoins, comme le prêtre catholique Manuel Mancera, Ingrid Betancourt qui souffre d’hépatite B, a été amenée par ses ravisseurs en février dans au moins trois centres médicaux de la région et elle a passé cinq jours, du 15 au 20 février, dans la localité voisine d’El Capricho. Le curé a précisé que les guérilleros qui escortaient Ingrid Betancourt, étaient "habillés en civil" et que l’otage résidait dans une ferme, proche du dispensaire.
Cette version a été confirmée le 27 mars par le médiateur colombien Volmar Perez, une personnalité indépendante chargée des relations entre la population et les autorités. Ce médiateur a également fait état d’une nouvelle détérioration de l’état de santé de l’otage, déjà très mauvais. L’infirmière, le médecin et l’ambulancier du centre médical ont été longuement interrogés par l’armée et la police. Le médecin a quitté le village et ses deux collaborateurs ont demandé à être mutés dans une autre région. "L’armée a même menacé l’infirmière de la soumettre au détecteur de mensonges", a expliqué un villageois.
Dans le département de Guaviare règne la loi du silence, les paysans ont peur de représailles de guérilleros, contre leur famille, leur bétail ou leur habitation. Dans chaque village, la guérilla dispose d’informateurs qui connaissent les moindres faits et gestes des habitants. La guérilla des Farc, en lutte depuis 1964 contre les autorités colombiennes, demande la libération de 500 guérilleros emprisonnés contre celle de 39 otages dits "politiques", dont Ingrid Betancourt enlevée il y a plus de six ans.







