Mais le vieux dictateur semble faire la sourde oreille à toute alternative ou arrangement autre que son maintien et celui de son régime au pouvoir dans le pays. Il fait montre de l’entêtement propre à tous les dictateurs, d’autant, selon les observateurs, qu’il est poussé à cette attitude par les faucons du régime, militaires et civils qu’effraie une probable victoire du candidat de l’opposition. Pour certains de ces observateurs, Mugabe est devenu une marionnette entre leurs mains. Il s’agite sous les projecteurs, mais ce sont en fait ces faucons qui gouvernent dans l’ombre. Cela n’absout en rien Mugabe du crime antidémocratique qui se commet au Zimbabwe.
Le Président zimbabwéen a été un authentique héros du combat anticolonialiste. Il a ruiné le capital estime que son peuple et toute l’Afrique lui ont manifesté à son arrivée au pouvoir après l’indépendance du pays, parce qu’il a non seulement conduit le Zimbabwe à la catastrophe économique, mais aussi bâti une dictature qui est une des hontes du continent. A ce bilan, il n’est plus question de chercher l’excuse de la main étrangère.
Les ennemis du Zimbabwe sont clairement Mugabe et son régime fossilisé dont les responsables n’ont plus qu’une obsession : conserver les fermes les plus productives de l’ancien jardin de l’Afrique australe dont ils se sont accaparés, sous le prétexte d’une réforme agraire réparatrice de la spoliation à laquelle le système colonialiste britannique a donné lieu.
Alors que le Zimbabwe a sombré dans une dictature ubuesque et sanguinaire, l’Union africaine n’ose pas dire à Mugabe que « trop c’est trop ». Elle s’est contentée de déplorer la situation. Comment dans ces conditions la communauté internationale peut continuer à faire foi dans les engagements pris par les dirigeants africains d’amender leurs gouvernances et de guider leurs Etats vers plus de démocratie ? Ce qui se passe à Harare est l’anti-Nepad en démonstration, sans que cela n’émeuve autrement ses initiateurs.







