Jamais de l’histoire d’un si grand pays aux dimensions continentales, le Congo n’a été aussi humilié et son intégrité territoriale si menacée d’éclatement qu’il ne l’est aujourd’hui. Le Congo est devenu par la faute de ses propres fils un gibier dont tout le monde peut facilement se régaler sans trop d’efforts. Depuis la chute du despote éclairé, Joseph MOBUTU, les attentes de tous étaient que le pseudo libérateur œuvre pour redonner au Congo ses lettres de noblesse. Mais hélas !!! Que d’espoirs déçus et de promesses mirobolantes non tenues. La vraie libération du Congo n’ayant pas encore eu lieu à ce jour.
En effet, devant l’incompétence, le manque du vrai patriotisme et de la détermination à conduire le Congo sur le schéma de la prospérité et du bien être d’un plus grand nombre, feu Laurent KABILA avait fini par avouer ses limites en mettant brutalement fin au fameux AFDL qu’il qualifia lui-même d’ailleurs de conglomérat des aventuriers. Mzee avait bien vu et avait trouvé les mots justes pour peindre son œuvre.
Et même avant son historique décision de mettre fin à la coopération qui l’avait porté au pouvoir, ses proches savent bien qu’il s’était déjà attiré la colère de ses anciens camarades et de ses alliés rwandais, burundais et ougandais qui avaient déjà maille à partir avec les kabilistes. Tous se comportaient quasiment pire que les mobutistes, la seule ambition affichée étant de s’enrichir au maximum et quelqu’en soit le prix. Je me rappelle même les propos d’un ancien ami issu des rangs de forces rwandaises qui était étonné de voir combien ces nouveaux libérateurs n’avaient aucun respect pour l’intérêt supérieur de la Nation. Dans sa recherche effrénée de la richesse et son attachement à la culture du ‘’m’as-t-on-vu’’, les tenants du nouveau pouvoir ont eu tous malheureusement un faible pour le train de vie des anciens mobutistes qui n’avaient pour essentielle préoccupation que la culture de la jouissance au détriment du vrai développement national.
Pendant que le pays s’appauvrissait, les individus au pouvoir eux s’enrichissaient avec toute l’insolence possible. Du simple cireur, on pouvait un bon matin se réveiller bombardé du grade de général ou propulsé aux plus hautes fonctions publiques.
Comme pour dire que MOBUTU bien que parti, son système politique a trouvé de nouveaux adeptes se cachant sous la fausse identité de libérateur.
L’instauration d’un système de jouissance
Depuis lors, Congo de LUMUMBA semble être hanté par un vieux démon de la honte et de l’ignominie qui ne veut pas laisser à ce grand pays la chance de jouer le rôle premier auquel le grand Dieu le prédispose. Et ce, notamment au vu de sa position géographique, au vu de la diversité de potentialités naturelles dont il est doté et au vu de la puissance que devrait en principe représenter son peuple si ingénieux et qui n’attend plus que la présence à la tête du pays d’un vrai leadership responsable et nationaliste pour mieux s’assumer.
Gabegie financière instituée en mode de gestion étatique, pilotage à vue des institutions publiques, mépris de la vraie compétence professionnelle et de l’application de critères sélectifs et d’excellence dans le mode de désignation des différents animateurs des institutions publiques, impunité et tolérance face à des actes de sabotage de l’intérêt supérieur de la nation et de haute trahison… voilà ce que le congolais sait parfaitement bien faire. Quand dans de pays comme le Cameroun le chef de l’Etat n’hésite de mettre en prison les voleurs et autres pilleurs de deniers publics, au Congo de KABILA seuls ceux qui volent ont voix au chapitre. Toutes les enquêtes initiées jusque là tant au niveau du trésor public que de régies financières ne sont restées que lettre morte. Personne n’a le courage de les voir être mises en musique afin de punir toutes ces brebis galeuses. C‘est comme s’il y avait une espèce de prime d’encouragement au vol et au détournement de deniers publics. c‘est comme ça que pendant que les salaires misérables ne sont même plus versées, la population elle voit sortir du sol de bâtiments géants flambant neufs, comme si il y avait une autre économie parallèle où les seuls privilégiés avaient accès. Et ne parlons pas de grosses cylindrées devenus si rares dans les autres capitales africaines mais toujours présents à Kinshasa et à Lubumbashi. Et le trait commun de ces nouveaux patrons demeure la nette maîtrise du swahili.
Pourquoi une si grande ingratitude face à ceux qui ont payé le plus lourd tribut pour la libération du pays ?
Il y a une chose que je voudrai bien rappeler à la mémoire collective congolaise. N’eût été le ferme engagement de compatriotes de l’Est qui ont été pour beaucoup dans la chute de MOBUTU, il est plus sûr que MOBUTU pouvait bien se faire remplacer par un autre mobutiste selon l’ordre de succession de l’ancien nébuleux Mpr, parti-Etat.
Le combat ayant conduit feu Laurent Désiré KABILA à la tête du Congo a été essentiellement l’œuvre de frères de Massissi, de Ruthuru, de Goma, de Bukavu, de Kisangani… qui ont payé un lourd tribut pour chasser MOBUTU du pouvoir. Beaucoup de leurs fils ont payé vaillamment de leur sang pour parvenir au bout de la soldatesque mobutiste. Quoi de plus normal car cette fameuse guerre dite de libération a vu jour à l’Est ayant du reste toujours été marginalisé par le pouvoir décadent de mobutistes. Les autres provinces ont eu à rejoindre les maquis de KABILA que tard. Entendu bien sûr que de petites groupuscules de restes de provinces étaient bien présentes dans cette guerre. Le gros de la troupe était issue de l’Est.
Mais quand on observe comment les uns et les autres sont rétribués par les tenants du pouvoir ayant succédé à MOBUTU, il se dégage une vraie ingratitude vis-à-vis de congolais de l’Est qui se voient au jour le jour marginalisés au profit des seules congolais issus du Katanga et du Maniema de part les affinités avec Laurent Désiré KABILA et les origines de la génératrice de l’actuel chef de l’Etat.
Vu surtout que beaucoup de leurs fils ont été lâchement assassinés par Kinshasa, notamment Anselme MASSASSU, KISSASSOU NGADU qui ont été de vrais chefs de l’ex Afdl, mais tous deux mangés par ceux qu’ils ont hier soutenu. Il n’est que normal que dans ces provinces il y ait un relent de rébellion vis-à-vis du pouvoir de Kinshasa qui a ses priorités ailleurs. La rébellion qui se vit aujourd’hui à l’est du Congo n’est plus ni moins qu’un réflexe d’auto défense face à la marginalisation et à la chosification d’un peuple à la recherche légitime de sa protection. Elle mérite bien de porter le titre de mouvements Maï Maï qui incarne au fait une espèce du sursaut nationaliste face à l’action de forces rétrogrades d’occupation.
Il ne faut pas surtout que les congolais des autres provinces perdent de vue que l’Est du Congo a été toujours placé sous la menace des anciennes forces armées rwandaises à la base du génocide ayant décimé de milliers de vies au Rwanda mais curieusement soutenues par Kinshasa les utilisant d’ailleurs comme alliés.
Le problème de la guerre qui se vit à l’Est du Congo ne doit pas être attribué au seul général Laurent NKUNDA. Aujourd’hui il peut bien s’effacer ou trouver la mort dans les circonstances connues du seul Dieu mais sans que la paix ne revienne à l’Est du Congo. Ce que je ne souhaite nullement étant donné que le pays peut bien tirer profit de son expérience face à la résistance populaire en cas d’une autre tentative d’un pouvoir inique à Kinshasa.
Je reste persuadé pour ma part que les vrais patriotes ne veulent plus d’un pouvoir rétrograde à Kinshasa car la CNS ayant en son temps déjà levé l’option pour que chaque congolais se soulève contre toute forme de pouvoir politique dictatorial.
La triste réalité que les politiciens congolais ne veulent pas malheureusement reconnaître est que s’il n’y a pas une vraie démocratie et une vraie répartition de la richesse nationale au Congo.
Il n’est pas non plus exclu qu’il y ait demain de nouveaux NKUNDA, non seulement à l’Est du Congo, mais partout au Congo. De nos analyses sociologiques, il ressort que le comportement du général Laurent NKUNDA devrait tôt ou tard se reproduire dans les restes de provinces marginalisées du Congo. Le courage de NKUNDA devrait tôt ou tard finir par contaminer les autres peuples d’autres provinces ne retrouvant pas leur compte dans le régime politique en place qui donne l’impression d’avoir ses priorités ailleurs.
N’est il pas vrai qu’un peuple longtemps marginalisé, quand il lui arrive d’atteindre le seuil de la tolérance, il devient pire qu’une force de la rébellion. C’est comme le cas d’un chien resté longtemps sans manger, avant de mourir, s’il a l’occasion de se retrouver face à une proie, il se jette dessus avec ce qui lui reste comme force, s’en sert et rend l’âme.
Que ferait Kinshasa si jamais il y a résistance populaire généralisée ?
Les congolais doivent beaucoup remercier Dieu pour la simple raison que cette guerre dite de l’Est a été déclenchée longtemps après le sursaut d’auto défense du mouvement politico-religieux de la province du Bas Congo mieux connu sous le nom de BUDU DIA CONGO.
En analysant de près les raisons les ayant conduit à se rebeller contre le pouvoir de Kinshasa, il se trouve au centre de leurs revendications notamment la question de survie, de la préservation de leur intérêt supérieur entant qu’entité politico-administrative générant de richesses mais qui ne leur profitent nullement.
Sous MOBUTU Désiré, les kasaïens ont eu à développer les mêmes réflexes de rébellion, notamment par le rejet des signes monétaires (billets de banque MOKOMBUSU, NOUVEAU ZAIRE) émis par Kinshasa mais qui n’avaient pas cours légal sur les sols kasaïens. Il s’agissait bel et bien d’une forme de rébellion d’un peuple meurtri face à un pouvoir despotique et peu soucieux de l’intérêt de ce peuple. Mais seulement à cause de sa mollesse et de sa peur de la mort, les kasaïens ont eu peur de prendre les armes contre le régime despotique de MOBUTU.
Ce qui a toujours bien arrangé les tenants du pouvoir de Kinshasa qui connaissent cette faiblesse du peuple Kasaïen qui tient fort à sa vie et manifeste une si grande crainte face à la mort. Certaines mauvaises langues disent d’ailleurs que même quand Joseph Désiré MOBUTU avait neutralisé le pouvoir de Léopoldville, c’est bien le général Léonard MULAMBA ressortissant du Kasaï, qui était plébiscité par ses pairs pour prendre le pouvoir. Mais il eut peur de s’assumer et renonça à la proposition de ses collègues d’armes. Ce qui permit à MOBUTU de sauter sur le pouvoir qui faisait peur au Kasaïen.
Ce qu’il faut craindre c’est notamment la généralisation de ce conflit qui risque d’embraser tout l’Est si jamais Kinshasa ne joue pas franc jeu. Et ce matin on parle déjà de l’embrasement d’une partie du Sud Kivu et de l’infiltration de forces rebelles dans de zones telles que Kalemie, Kindu… Et davantage la population congolaise originaire d’autres provinces ne se sent plus tellement concernées par le pouvoir de Kinshasa qualifié du club de jouisseurs et fort peu soucieux du vrai bonheur du peuple Congolais.
Seule une vraie négociation peut ramener la paix au Congo Telles que les choses évoluent malheureusement sur le terrain aujourd’hui, et où l’on voit Kinshasa continuer à privilégier la tenue de sommets internationaux et sous régionaux avec objectif de ramener la paix à l’Est n’est pas de nature à ramener la vraie paix à l’Est. Tous ces sommets de paix hypothétique ne résoudront nullement de façon durable la question du retour de la paix à l’Est. Tenir ces sommets en ignorant Laurent NKUNDA n’est qu’un coup d’épée dans l’eau. Il faut l’approcher et décortiquer son cahier des charges, il doit bien avoir de raisons plausibles pour soutenir cette guerre.
J’ai bien lu récemment les écrits du compatriote KAMANA qui affirme que Laurent NKUNDA est un ressortissant de l’Est et qui jouit d’une bonne réputation à l’Est. Ce qui est en opposition avec la version véhiculée par les tenants du pouvoir de Kinshasa dont plusieurs sont dans le même cas que Laurent NKUNDA. Cette question de la nationalité de populations de l’Est ayant été résolue pendant la tenue de la Cns, il n’ y a plus aucune raison de continuer à enfourcher cette trompette.
D’ailleurs ceux qui pillent, tuent à loisir, violent et entretiennent un régime de terreur au Congo sont plus condamnables que Laurent NKUNDA.
Lui au moins a eu le courage de solliciter un dialogue franc et direct en vue d’une solution durable au Congo. Allons avec lui au tour d’une table de négociations et voyons le fond de ses revendications. Pourquoi alors continuer à l’ignorer au risque de l’éloigner davantage de la table de négociation.
L’Est du Congo renferme des peuplades à cheval entre le Congo, le Rwanda, le Burundi et l’Ouganda. Il faut que ces 4 pays se parlent et oeuvrent utilement pour un projet du bonheur partagé de richesses au profit de ces peuples qui partagent un patrimoine commun ne fus qu’au niveau des peuplades vivant le long de ces frontières.
Pourquoi encore une autre intervention de l’Angola et du Zimbabwe ?
Inviter l’Angola et le Zimbabwe a intervenir dans ce conflit va encore accentuer la descente en enfer du peuple congolais. Ces gens viennent en véritable mercenaires et non pour aider comme le feraient les missionnaires.
On a vu le Zimbabwe pendant la première guerre se livrer au vol du diamant du Kasaï avec la complicité du pouvoir de Kinshasa qui a laissé la société Segamine exporter du gravier brut à Harare sans jamais permettre aux sociétés de surveillances congolaises se rassurer de sa teneur !!! La plupart de ses officiers supérieurs ont été converti en business man en se livrant à toutes sortes de trafics de métaux précieux.
On a vu comment l’Angola a malmené les ressortissants congolais établis à Luanda qui ont été refoulés sans aucune ménagement. Plusieurs cas de décès ont été enregistrés. Jamais l’Angola ne s’est comporté en vrai frère et allié du peuple congolais. Et jusqu’à ce jour, le dossier de l’annexion de la partie du territoire de Kahemba dans la province du Bas Congo par le pouvoir Angolais n’a pas toujours trouvé solution !!!
Et quand j’analyse tous ces scénarios de la honte, je suis tenté de donner raison aux analystes qui parlent d’un complot national contre la Nation. La communauté internationale n’agissant que parce qu’elle a su trouver parmi les ténors du pouvoirs des gens prêts à brader l’intérêt national. Continuer à accuser les multinationales, le Rwanda, la Grande Bretagne… relève de la pure farce.
Quelques pistes de solutions à la crise congolaise
- Commençons par une vraie requalification des règles du jeu politique en épargnant le Congo de la présence dans toutes ses institutions publiques de tous ces prédateurs à la recherche de voies d’enrichissement facile et prêts à vendre le congo.- Privilégions la convocation des Etats généraux de tous les secteurs sensibles de la vie nationale pour une analyse en profondeur et sans complaisance de la façon dont le pays a été géré depuis le départ de MOBUTU du pouvoir car, il y a eu bien de malversations financières et spoliations du patrimoine national à grande échelle.- Faisons appel à l’expertise éprouvée de vrais patriotes jouissant d’une bonne moralité pour aider le président Joseph KABILA à finir son mandat.- Neutralisons tous ces éléments Interahamwe qui doivent être chassés du territoire national afin de permettre la mise en place d’un environnement sain et à même de permettre l’établissement d’un dialogue franc avec le gouvernement Rwandais et les frères de l’Est.- Engageons un dialogue franc et sincère avec tous les pays de la zone des pays des grands lacs sur fond d’une nouvelle approche du bonheur partagé de la richesse.- Cessons de traiter Laurent NKUNDA de simple rebelle et marionnette de Kigali ne fus que pour mieux cerner ses profondes préoccupations qui doivent être examinées sans légèreté. Ce qui éviterait que son esprit ne contamine les autres provinces aujourd’hui marginalisées par le pouvoir de Kinshasa.- Oeuvrons tous utilement pour une vraie professionnalisation de l’armée nationale qui doit intégrer en son sein les vrais professionnels ayant servi sous le règne de MOBUTU. Les parachutés et autres opportunistes assumant des hautes charges sans vraie qualification doivent partir à l’école pour être formés utilement. Jamais un officier ne se forme sur base de la simple nomination politique.- Il faut impérativement procéder à la libération de tous les prisonniers politiques et autres détenus d’opinion inutilement renfermés dans de prisons et autres cachots politiques sans aucun jugement sérieux du tribunal. Et ce qui va de soi pour les personnes impliquées dans l’assassinat du feu Laurent Désiré KABILA et les ex éléments du Mlc aujourd’hui renfermés dans de cachots politiques juste à cause de leurs origines ethniques. Tout ceci peut bien renforcer la cohésion nationale qui fait malheureusement défaut au Congo.- Il faut que Kinshasa cesse de considérer Laurent NKUNDA comme étranger, rwandais. Moi-même j’ai failli perdre ma vie à deux reprises car accusé à tort d’être rwandais. Une fois à Kinshasa lors de la chasse aux rwandais déclenchée par Kabila père. Et une deuxième fois à Mbujimayi sur base d’une fausse fiche mensongère initiée par mon condisciple de promotion originaire du Katanga qui ne s’était pas gêné de me traiter de rwandais ou de complice de rwandais. Il s’agit bel et bien de Willy MUGENDI, ex directeur des services spéciaux.
Si ces conseils ne sont pas pris en compte, il n’est pas exclu que demain le phénomène Laurent NKUNDA parvienne à séduire d’autres compatriotes qui seront tentés de recourir au même schéma à travers le congo.
Seul le dialogue peut ramener la paix à l’Est du pays. Les armes ne conduiront qu’au renforcement du sentiment d’auto prise en charge. Il faut que le président Joseph KABILA se dépasse et ignore pour un temps les conseils du gouvernement parallèle qui conduit le pays droit vers le mur.
Le peuple veut revoir son Joseph KABILA revenir à ses bons sentiments qui l’avaient caractérisé au début de son règne. Il faut qu’il renonce à ses rapports avec les forces du mal mobutistes qui ne voient que l’enrichissement illicite, le mépris du peuple et l’arrogance.
Pasteur Evangéliste Jean Paul BWANA







