A juste titre Israël rappelle que depuis 2003, plus de 9400 roquettes et missiles ont été tirés à partir de la Bande de Gaza, soit 5 roquettes en moyenne par jour. Pour l’année écoulée, 3200 roquettes et missiles ont été lancés sur Israël et ce, malgré la trêve de six mois (soit une moyenne de 9 projectiles meurtriers par jour). Le Hamas n’a pas respecté ses engagements et la trêve n’était qu’une façade pour permettre à l’organisation islamiste de s’armer un peu plus et de se préparer à un nouvel affrontement. Rappelons que les missiles Grad qui sont tombés ces derniers jours sur Israël sont de facture iranienne. Comment sont-ils arrivés dans la Bande de Gaza ? Avec la complicité de quels pays ? Ces questions sont légitimes et doivent trouver des réponses.
A juste titre Israël rappelle qu’aucun pays occidental n’aurait supporté pendant 8 ans des tirs répétés sur son territoire. A plus forte raison quand ils atteignent la quatrième ville du pays (Beershéva). Pendant toutes ces années, qui, dans la communauté internationale, s’est soucié du sort des habitants de Sdérot, et a proposé une solution adéquate ? Fallait-il une guerre pour qu’enfin on comprenne qu’une force internationale est nécessaire dans ce territoire palestinien ?
A juste titre, les Palestiniens rappellent qu’Israël a asphyxié la Bande de Gaza et n’a pas respecté les accords de la trêve qui comprenaient l’ouverture des points de passage. L’un des responsables de cette politique est Ehud Barak nommé ministre de la Défense deux jours après la prise de pouvoir du Hamas à Gaza. Le héros d’aujourd’hui (eh oui la guerre le fait remonter en flèche dans les sondages) a sa part de responsabilité dans le drame qui se déroule sous nos yeux. Barak place ses adversaires devant un choix qui leur est impossible de faire. Obliger le Hamas à rendre les armes sans contrepartie ne pouvait que conduire à l’échec.
Le gouvernement, retenant les leçons de la deuxième guerre du Liban, s’est bien gardé de s’exprimer sur les buts précis de l’opération militaire actuelle. On parle dorénavant de "situation sécuritaire nouvelle". Termes vagues qui permettent aussi bien de poursuivre que d’arrêter les combats sans être obligé de se justifier outre mesure.
L’opération "plomb fondu" a-t-elle pour but de faire cesser les tirs sur les civils israéliens ou d’éradiquer le Hamas ? Les déclarations des membres du gouvernement sont contradictoires.
Renforcer la force de dissuasion d’Israël face à ses ennemis est l’un des arguments avancés par les sécuritaires comme par les politiques. Depuis plus de 60 ans, cet argument est mis en avant. Il est sacro-saint. Impossible de le remettre en cause. Dans la réalité, chaque défaite renforce le désir de vengeance et pousse le camp adverse à mieux se préparer pour un nouveau tour. L’actuelle guerre ne dissuade aucun ennemi d’Israël mais, au contraire, le motive à mieux se préparer pour le jour de la revanche. Le Hezbollah est un cas d’école. Il est aujourd’hui mieux armé qu’il ne l’était en 2006.
Israël est le seul Etat au monde à être menacé de destruction. Cette menace ne peut être prise à la légère. L’histoire nous enseigne que la vigilance et la détermination ne sont pas un luxe. Chaque missile qui tombe sur Israël rappelle cette triste réalité. Le Hamas refuse l’existence d’Israël et veut éradiquer ce qu’il qualifie de ’cancer’. Israël, dont les erreurs ne peuvent être passées sous silence, n’a pas la volonté de détruire le peuple palestinien ni aucune nation arabe alentour. Les nombreux morts civils, surtout parmi les femmes et les enfants, attristent la population d’Israël. Personne à Tel Aviv ou à Haïfa, ni même à Ashkelon ou Ashdod ne se réjouit de la mort des innocents. On n’a jamais vu personne en Israël descendre dans la rue et distribuer des bonbons parce que des enfants et des jeunes palestiniens étaient tués comme on a pu le voir parfois dans les Territoires. La mort, même de l’ennemi, n’est jamais une victoire.
* Sur ce terme voici les explications du poète israélien Jonathan Geffen : "Lancée lors de la fête juive de Hanouka, l’offensive israélienne a été baptisée d’après une comptine enfantine du poète Haïm Nahman Bialik (1873-1934), En l’honneur de Hanoukka, où il est question d’une toupie en plomb fondu. Bialik doit sa notoriété à son poème La Ville du massacre, composé après un pogrom qui avait entraîné la mort de quarante-neuf Juifs en 1903, en Russie."







