Après avoir consulté tous les partis politiques de la Knesset, Shimon Pérès est arrivé à la conclusion que seul Netanyahu avait de réelles chances de former une coalition stable. En dehors du parti Kadima qui a proposé que Tsipi Livni soit nommée Premier ministre, les autres formations politiques ont soit soutenues la candidature du leader du Likoud, soit se sont abstenues de proposer un nom. Le parti travailliste et Méretz, qui sont les grands perdants de ce scrutin et qui accusent Kadima de leur avoir "volé" des voix, n’ont bien sûr pas soutenus la candidature de Tsipi Livni. C’est la première fois dans l’histoire d’Israël que le leader du parti qui a gagné les élections n’est pas chargé de former le gouvernement.
Le candidat au poste de Premier ministre (qui n’est pas encore chef du gouvernement contrairement aux publications de la presse étrangère !) a 28 jours pour présenter au président son gouvernement. Dans le cas où il aurait des difficultés à former une coalition (au minimum 61 députés), Shimon Pérès peut lui accorder un délai supplémentaire de 14 jours. Au terme de ce délai, en cas d’échec, le président a le droit de demander à un autre député d’essayer de former un gouvernement. Sur le papier, Binyamin Netanyahu a déjà une majorité de 65 députés composée des partis de droite et religieux.
Shimon Pérès a également rencontré la ministre des Affaires étrangères et leader de Kadima pour encourager la formation d’un gouvernement d’union nationale. Tsipi Livni est prête à un entrer dans la coalition à la seule condition qu’elle soit à la tête du gouvernement en rotation avec Netanyahu comme ce fut le cas en 1984 avec Itzhak Shamir et Shimon Pérès. Livni déclare, depuis plusieurs jours, qu’elle préfère être dans l’opposition plutôt que de "servir de couverture" à la politique de droite de Binyamin Netanyahu. Hier, elle avait annoncé par texto aux 80.000 membres de son parti qu’elle entendait « aller dans l’opposition pour représenter une alternative ». Livni, et avec elle de nombreux analystes politiques, pensent qu’un gouvernement de droite restreint conduira prochainement le pays à de nouvelles élections. Guidon Saar, le numéro deux du Likoud, a pour sa part déclaré qu’un gouvernement de droite a toutes les chances de tenir jusqu’au terme de la législature de la 18ème Knesset.
Rappelons seulement que les négociations pour la formation du prochain gouvernement débuteront la semaine prochaine et que tout est encore possible y compris ce qui paraît aujourd’hui improbable !







