Le plan papangue, peu connu par le grand public, est l’équivalent du plan épervier en vigueur en France métropolitaine. Plus de 800 gendarmes et 900 policiers ont été mobilisés sur la Réunion pour retrouver Juliano Verbard et ses complices Fabrice Michel, 23 ans, l’amant du gourou, et Alexin Jusmy Michel, 51 ans, père de Fabrice Michel.
Juliano Verbard a été condamné en 2008 à 15 ans de réclusion criminelle pour viols et agressions sexuelles sur deux frères, mineurs à l’époque des faits. Il a aussi été mis en examen pour des faits de violences et agressions sexuelles sur un garçon mineur en 2006 et l’enlèvement et la séquestration du jeune Alexandre Télahire en 2007, peu de temps avant que la police ne mette un terme à sa première cavale.
La secte ’’Coeur douloureux et immaculé de Marie ’’
La Vierge Marie aurait qualifié Juliano Verbard de "Petit Lys d’amour" au cours de l’une des apparitions mensuelles dont le gourou de la secte "Coeur douloureux et immaculé de Marie" prétend bénéficier. Le jeune leader de 25 ans serait allé puiser son inspiration délirante en Australie, chez les adeptes d’un autre groupe dont le fondateur porte pour sa part le nom de « Petit Caillou » (the Little Pebble). Ce dernier, qui s’appuie aussi sur de pseudo-révélations divines, aurait d’ailleurs effectué une visite à la Réunion ces dernières années. Le « Petit Caillou » qui prétendait régénérer la terre avec sa progéniture a été accusé d’agressions sexuelles en Australie.
Bien que dérivé de la foi catholique, le « Coeur douloureux et immaculé de Marie » - installé à Piton Saint-Leu - refuse tout contact avec la hiérarchie. Elle compte une cinquantaine d’adeptes « officiels », mais de nombreuses personnes suivent ses processions et son culte. « Cette secte est sur le déclin et nous assistons aux derniers soubresauts », explique cependant au Figaro l’évêque de la Réunion, Mgr Gilbert Aubry, qui a lancé ce week-end un appel à la collaboration des catholiques avec les autorités. Dès les prémices de développement sectaire, Mgr Aubry avait envoyé en mission un accompagnateur spirituel afin de convaincre le groupe de renoncer à ses projets. En vain.
Selon lui, le crédit dont bénéficie le groupe de Juliano Verbard « s’explique dans le cadre d’un réseau familial et amical ». Mgr Aubry évoque aussi « la religiosité populaire très développée » à la Réunion, au détriment parfois « d’un approfondissement de la foi qui permet de modérer les sensibilités et l’attrait du merveilleux ».







