OUAGADOUGOU (AFP) - mardi 04 avril 2006 - 12h47 - Le Burkina Faso est officiellement le cinquième pays africain touché par la grippe aviaire, le virus H5N1 ayant été identifié lundi sur trois volailles d’un élevage de la banlieue de la capitale Ouagadougou.
Le ministre des Ressources animales, Tiémoko Konaté, a affirmé lundi soir que "trois cas" de grippe aviaire H5N1 avaient été identifiés au Burkina Faso, dans un élevage d’une auberge, Le Pharaon, dans la banlieue de la capitale Ouagadougou.
"Trois prélèvements de Gampéla (banlieue de Ouagadougou) sont positifs au H5N1", a déclaré le ministre à la radio publique, sur les 65 prélèvements effectués dans différentes régions du pays et envoyés le 13 mars 2006 pour analyses dans un laboratoire italien de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE).
Le Burkina est ainsi le cinquième pays d’Afrique touché par le virus H5N1, après le Nigeria, le Niger, l’Egypte et le Cameroun.
Les autorités du Burkina Faso ont annoncé mardi leur volonté de "circonscrire rapidement" l’épizootie. "La présence du virus H5N1 dans un espace (restreint) doit permettre de contrôler sa propagation, voire faciliter son éradication", a estimé le ministre.
"Nous sommes prêts pour circonscrire l’épizootie, nous disposons des équipements adéquats à cet effet", a assuré mardi Romuald Somda, un conseiller au ministère des Ressources animales.
Lundi soir, le ministre avait invité la population à garder son calme et à signaler tout cas suspect, précisant que le gouvernement avait ordonné l’isolement du foyer et l’abattage des volailles de l’élevage concerné.
"Une équipe de techniciens sera rapidement dépêchée sur place ce mardi matin pour recenser les effectifs aviaires à abattre et les dispositions à prendre", a indiqué Dr Mamadou Paré, directeur général des services vétérinaires du Burkina.
"Nous allons faire l’essentiel pour que le virus ne se propage pas", a-t-il ajouté, insistant sur le "grand risque d’extension de la contagion à la capitale et au reste du pays".
Selon M. Somda, "une grande partie" des équipements, dont des combinaisons de protection et des matériels d’abattage commandés par le gouvernement ont été déjà livrés, ainsi que deux millions de doses de vaccins pour immuniser les volailles autour du foyer H5N1.
Le plan de riposte déjà élaboré par le gouvernement prévoit "une ceinture de sécurité" sur trois kilomètres autour du foyer d’infection de Gampéla, "où les mouvements de volailles seront interdits", a-t-il expliqué. Deux autres périmètres de "sécurité et de surveillance" seront installés autour du foyer.
D’un montant de 200.000 euros, le plan doit notamment permettre "d’éteindre tout foyer de grippe aviaire et de prendre en charge les conséquences sanitaires et économiques de l’épidémie sur les populations et les élevages avicoles".
Dès l’apparition début février du H5N1 au Nigeria et au Niger voisin, les ministères burkinabé de la Santé et des Ressources animales avaient exprimé leurs craintes quant à l’apparition du virus dans leur pays.
Ainsi, la presse locale s’était inquiétée courant mars de la mort "massive, subite et inexpliquée" de centaines de volailles à Bazoulé, une localité proche de la capitale Ouagadougou, et certains journaux évoquaient déjà la présence du virus H5N1 dans certaines régions.
Officiellement, le Burkina Faso compte 32 millions de volailles dont 24% issues de l’aviculture industrielle et semi-industrielle et 76% de l’élevage traditionnel.
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