Fausse polémique autour de la mort du pasteur Selvaraj Rajiah
mercredi 4 janvier 2012, par
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La polémique enfle sur le Web autour de la date de décès du Pasteur Selvaraj Rajiah, fondateur de l’église Paris Centre Chrétien. La date de décès selon les critères neurologiques est intervenue le vendredi 23 décembre 2011. Le pasteur a été maintenu artificiellement en vie grâce aux techniques de réanimation permettant le maintient des fonctions cardiaques, respiratoires et rénales chez un patient décédé. Les appareils médicaux ont été débranchés le lundi 26 décembre 2011. L’heure de la mort portée sur le certificat de décès correspond à l’heure du débranchement du respirateur. La communauté chrétienne doit comprendre que l’assimilation de la mort cérébrale à la mort physique est un procédé juridique, non d’adéquation à la vérité.
Dans la nuit du 23 Décembre 2011, le pasteur Selvaraj Rajiah a été victime d’un arrêt cardiaque alors qu’il participait à une réunion de prière dans son église à la Courneuve. "Il était avant cet incident en très bonne santé, sans aucun signe particulier de faiblesse, d’autant plus qu’il priait debout", selon un témoin.
Un arrêt cardiaque (arrêt cardio-respiratoire) est l’arrêt de la circulation du sang et de la respiration chez une personne, ce qui empêche aux cellules de recevoir oxygène et nutriments.
Après près de 2 h d’efforts acharnés, le SAMU n’a pas pu réanimer le pasteur Selvaraj Rajiah. Il a été transféré à l’hôpital en état d’arrêt cardiaque et circulatoire persistant.
Selon la législation française, la réanimation devient vaine au bout de 30 minutes et qu’il n’y a plus de chance de survie pour le malade. Après une demi heure, le processus de la réanimation cardio-pulmonaire (RCP) est arrêté pendant 5 minutes afin de vérifier que sans réanimation il n’y a pas de retour à une respiration spontanée. L’électrocardiogramme (ECG) doit être plat ou agonique.
C’est au cours de ces cinq minutes que le certificat de décès est signé, puis la réanimation cardio-pulmonaire est reprise, mais chez un patient qui a été déclaré décédé.
Lorsqu’il y a eu une période d’arrêt cardiaque sans réanimation cardio-pulmonaire, puis une RCP jugée vaine au bout d’une demi-heure, si de nouveau la réanimation cardio-pulmonaire est arrêtée pendant 5 minutes, les neurones n’auront pas pu survivre. Le diagnostic du décès sur le plan neuronal est certain.
Ce qui est troublant dans le diagnostic de la mort chez les patients en état d’arrêt cardiaque c’est que ce diagnostic n’atteste pas la destruction du cerveau. On ne peut savoir avec exactitude à quel moment un tel patient se trouve en état de mort cérébrale. Or la définition légale de la mort repose sur la mort du système nerveu (cerveau), et non sur la mort sur le plan neuronal.
En France, le constat de mort repose sur trois observations cliniques : la disparition totale des réflexes du tronc cérébral, l’absence totale de conscience et de mouvements et l’absence de respiration spontanée. La mort implique donc obligatoirement la destruction totale et irréversible des fonctions de l’encéphale, à savoir l’ensemble formé par le cerveau, le cervelet et le tronc cérébral. Déclarer qu’un patient dont les fonctions cardiaques et pulmonaires sont en arrêt persistant est décédé est donc paradoxal et choquant.
Le pasteur Selvaraj Rajiah est effectivement décédé le vendredi 23 décembre 2011. Les médecins ont ensuite eu recours à la respiration artificielle et à d‘autres techniques de réanimation permettant d’assurer une circulation sanguine artificielle destinée à l’oxygénation des organes susceptibles d’être prélevés afin d’être transplantés à d’autres patients. Ces appareils médicaux ont été débranchés le 26 décembre dernier.
La loi en vigueur a transformé l’acte du constat de mort, la décision de déclarer qu’un être humain est décédé, en événement naturel. La date et l’heure de cet acte juridique sont inscrites dans les registres de l’état civil comme si elles correspondaient à la date et l’heure de la mort naturelle de la personne. Les dérives de ce montage juridique deviennent plus claires quand on analyse les règles en vigueur pour dresser le procès-verbal du constat du décès.
L’article R. 671-7-3 sur la rédaction du procès-verbal dispose que lorsque le constat de la mort est établi pour une personne présentant un arrêt cardiaque et respiratoire persistant ou une personne assistée par ventilation mécanique, "le procès-verbal indique les résultats de ces constatations cliniques ainsi que la date et l’heure de ce constat... Le procès-verbal de constat de la mort indique les résultats des constatations cliniques…, le résultat des examens (para-cliniques)…, ainsi que la date et l’heure de ce constat." Ce texte ne ne distingue pas la date et l’heure de la mort cérébrale de celle du constat.
La date indiqué sur le procès-verbal est celle du constat de mort. C’est cette date qui apparaît dans le certificat de décès et elle efface toutes les autres dates, y compris celle de l’événement biologique qu’il est censé constater comme celle de la cessation de la vie terrestre. Lorsque le décès est survenu en cours de réanimation et que les organes du patient ne seront pas utilisés, la date d’arrêt des manœuvres de réanimation définit l’instant de la mort. C’est un mensonge bien orchestré !
Le constat de mort devrait se contenter de rendre compte d’un événement biologique antérieur, à savoir la mort physique (ou mort cérébrale).
Maintenir artificiellement en vie une personne dans le seul but de récupérer ses organes est une pratique inhumaine. Le prélèvement d’organes sur des personnes décédées d’un arrêt cardiaque est possible depuis le décret du 2 août 2005 autorisant en particulier les équipes médicales à mettre en place des moyens de préservation des organes en attendant l’entretien avec les proches.
Dans la plupart des cas, quelques heures seulement séparent le moment de la mort neurologique de celui de l’interruption de la circulation artificielle après que les organes ont été prélevés. Ainsi, la mort neurologique et la mort civile interviennent le même jour.
Quand la famille du défunt refuse que soit fait un prélèvement d’organes, la circulation artificielle peut être maintenue sur le le patient en coma dit dépassé pendant quelques jours. Il existe alors une dissociation concrète, mesurable dans le temps, entre le moment de la mort neurologique biologique reconnue comme telle par la loi française et celui de la mort civile coïncidant avec le constat de mort évoqué plus haut et le moment de la déclaration à la mairie.
Est-il erroné de dire que "le Pasteur Selvaraj RAJIAH...est parti dans la présence du Seigneur" ou qu’"il est parti dans la gloire" ? Qu’arrive-t-il au moment de la mort physique ?
La Bible enseigne que le croyant a reçu la vie éternelle, étant passé par la foi de la mort à la vie. Dès sa mort, le pauvre Lazare est "porté par les anges dans le sein d’Abraham", lit-on dans les versets 22 et 25 du chapitre 16 de l’Evangile de Luc. L’apôtre Paul pouvait dire "Christ est ma vie, et la mort m’est un gain." Pour le croyant, s’en aller et être avec Christ est de beaucoup le meilleur. C’est pourquoi, "nous aimons mieux quitter ce corps, et demeurer auprès du Seigneur" (2 Corinthiens 5:2-9).
Dès son départ d’ici-bas, le chrétien jouit de la consolation et du repos. Il est accueilli dans "le paradis" promis au brigand sur la croix le jour même de sa mort
Toutes les personnes qui meurent dans la foi s’en vont directement auprès du Seigneur. Nous devrions nous réjouir que le pasteur Selvaraj Rajiah soit maintenant avec Christ dans la gloire.
Comme l’apôtre Paul, le pasteur Selvaraj Rajiah peut dire : "J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi." (2 Timothée 4 : 7).
J’invite la communauté chrétienne à honorer la mémoire du pasteur Selvaraj Rajiah, un géant de la foi qui nous a quitté après avoir achevé l’œuvre qui lui a été confiée par le Seigneur.
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