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ÉTUDE SUR MATTHIEU vendredi 13 avril 2007, par Watchman Nee

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AVANT-PROPOS

Après 1931 le frère Watchman Nee a conduit l’église à Shanghai dans l’étude de l’Évangile de Matthieu par intermittence sur une période de plusieurs années. Les notes suivantes, prises pendant ces études, ont plus tard été recopiées et mises en page. Elles couvrent l’interprétation du chapitre un au chapitre vingt-cinq ; chapitre par chapitre, et verset par verset, de façon séquentielle et comprend une explication de toutes les parties importantes. Le contenu en est extremement riche et varié, avec une abondance de vie et de lumière concernant la vérité.

MATTHIEU CHAPITRE UN

Verset 1 : « Le livre de la généalogie de Jésus Christ, fils de David, fils d’Abraham » Au début de ce chapitre, au premier verset, on parle de Jésus Christ. Cela correspond au dernier verset de l’Apocalyse (Apo. 22:21). D’autre part la phrase traduite « Le livre de la généalogie » n’est utilisée qu’une seule fois (ici) dans le Nouveau Testament. C’est aussi le cas dans la version Septante de l’Ancien Testament (Gen. 5:1) « Le livre de la généalogie d’Adam ». (La version Septante est la version de la Bible utilisée par notre Seigneur pendant qu’Il était sur la terre). L’un est le livre de la généalogie du premier Adam, l’autre est le livre de la généalogie du dernier Adam. L’un est en contraste avec l’autre.

« Le fils de David ». Dans ce livre, on appelle le Seigneur par ce titre 9 fois au total : dans 1:1, 9:27, 12:23, 15:22, 20:30-31, 21:9, 22:42,45. Depuis Adam, jusqu’au Seigneur Jésus, il y avait au total soixante-quinze générations (voir Luc 3:23-38 dans lequel le nom de Canaan figure deux fois).

Pourquoi le chapitre commence-t-il en citant uniquement les noms de David et d’Abraham, et non pas d’Adam, d’Isaac ou de Jacob ? Cela nous montre que ce livre à deux lignées : l’une est la lignée de David, la lignée des prophètes, l’autre est la lignée d’Abraham, la lignée des sacrificateurs. Cela nous montre que le Seigneur a rempli ces deux rôles. Le fils de David signifie Salomon. Dire que le Seigneur était le fils de David, c’est dire qu’Il serait Salomon. Pendant sa vie Salomon a fait deux choses en particulier. L’une est qu’il a prononcé la parole de sagesse, et l’autre c’est qu’il a bâtit le temple. Le Seigneur est plus grand que Salomon. En tant que prophète, il a envoyé le Saint Esprit et a bâti le temple spirituel. Le fait que le Seigneur soit le fils d’Abraham signifie qu’Il serait Isaac. Pendant sa vie, Isaac avait deux caractéristiques : il a été offert en sacrifice et il s’est marié avec Rébécca, une femme d’entre les Gentils. Le Seigneur a été offert dans Sa mort et Sa résurrection et il s’est aussi marié avec les Gentils et a engendré l’Église.

La généalogie d’un homme commence par lui et remonte jusqu’à ses ancêtres. Cependant, la généalogie d’un roi commence par lui et descend jusqu’à ses descendants. La généalogie dans Luc trace en remontant vers les ancêtres alors que la généalogie de Matthieu cite les générations par ordre chronologique.

Versets 2-6 : Ici il est question de quatre femmes. L’objectif est de montrer que le Seigneur est apparenté, non seulement aux Juifs, mais aussi aux Gentils (Eph. 3:6). Jésus n’est pas venu appeler les justes ; il est venu pour être le sauveur de tous. Dans l’Ancien Testament le nom des femmes et des Gentils n’était jamais mentionné dans les généalogies. Cependant, dans ce cas, quatre femmes sont citées, et elles sont toutes issues des Gentils et étaient pécheresses.

Thamar était la belle fille de Juda. Elle a commis l’inceste. Rahab était prostituée à Jéricho. Ruth était Moabite. Dans Deut. 23:3, il est interdit aux Moabites d’entrer dans l’assemblée de Yahvé même jusqu’à la dixième génération. Bath-shéba n’est pas mentionnée par son nom, mais on parle d’elle comme la femme d’Urie (2 Sam. 11:3). Cela sert à montrer quelle sorte de femme elle était. Cela nous montre que Gentils et Juifs ont tous une part en Christ.

Dans toute la Bible, l’homme sert pour montrer le principe de la doctrine, l’aspect objectif, et la femme sert pour montrer l’aspect de l’expérience, l’aspect subjectif. Des exemples sont : Salomon et la femme Sulamite dans le Cantique des Cantiques.

Bien que ce chapitre parle de quatorze rois, seul David est appelé « le roi ».

Versets 7-9 : Comparez ce passage avec 1 Chron. 3:11-12. Les noms de Achazia (2 Chron 22:2-5,9), Joas (2 Chron 24:25), et Amatsia (2 Chron 25:14-16, 27) sont omis de la généalogie de Matthieu. Cela était pour les raisons suivantes : (1) Ils étaient tous descendants de Jézabel (2) Ils ont fait le mal (3) Ils ne sont pas morts d’une mort naturelle. Le Seigneur punissait de telles personnes jusqu’à la 3eme et la 4eme génération. Ils ne méritaient pas d’être rois, donc Matthieu n’a pas enregistré leurs noms.

Versets 10-12 : Ici il manque le nom de Jéhojakim (2 Chron 36:4 ; 2 Rois 23:34,35). Cependant on le trouve bien dans 1 Chron 3:15-19. Jéhojakim a été mis sur le trône par Pharaon, et non pas par Dieu. D’autre part, il a fortement taxé le peuple pour plaire à Pharaon, et il a aussi adoré des idoles. Son nom a donc été retiré de la généalogie du Roi. Ozias (Matt. 1:8) est aussi appelé Hazarja dans 2 Rois 15:1-3 et 13. Matthieu 1:12 nous dit « Salathiel engendra Zorobabel ». Cependant, 1 Chron 3:17-19 nous dit que Zorobabel était le fils de Pedaja. Cela s’explique par le fait que Salathiel est mort précocement, et selon la coutume du pays (Deut 25:5-6) son frère Pedaja a peut-être pris sa femme et a ensuite engendré Zorobabel, ou alors il est devenu son fils par adoption lors de la mort de son frère.

Verset 12 : « Jéconias engendra Salathiel ». Cependant selon Jér. 22:24-30 aucun des descendants de Jéconias ne siégerait sur le trône de David. Même si Joseph était un descendant de Jéconias, il n’était pas le père de notre Seigneur. C’est le merveilleux acte de Dieu !

Verset 13-16 : Dans le verset 16, la généalogie passe à « Joseph le mari de Marie de laquelle est né Jésus qui est appelé Christ ». Ainsi la difficulté évoquée ci-dessus est résolue.

Verset 17 : La généalogie de Christ comporte quarante-deux générations au total. Quarante-deux est le nombre qui représente l’expérience de la souffrance. Il diffère de quarante qui représente simplement les épreuves, et ne fait pas nécessairement intervenir la souffrance. Après l’accomplissement de quarante-deux, le Millenium viendra, un temps de repos. L’Apocalypse mentionne quarante-deux mois. Nombres 33 parle de quarante-deux étapes et la quarante-troisième étape était Canaan. Après que le nombre quarante-deux soit accompli, Christ vient. Trois fois quatorze générations fait quarante-deux générations. Mais lorsqu’on compte les générations qui sont énumérées dans le chapitre 1, on n’en compte que quarante-et-un. Cela s’explique par le fait que David était le dernier du premier ensemble de quatorze générations, mais aussi le premier du second ensemble de quatorze générations.

Verset 19 : « Joseph ... était juste ». Une personne juste est à la fois juste et gentille. Joseph était juste, il devait donc divorcer d’une telle femme. Il était également gentil, il ne voulait donc pas l’humilier publiquement, il voulait donc divorcer en privé.

Verset 20 : « Comme il pensait à ces choses ». Pendant que Joseph pensait à ces choses, cela a permis à Dieu de lui parler et de le diriger.

Verset 21 : « Jésus » est l’équivalent grec du nom hébreux « Josué ». On peut le traduire « Yahvé le Sauveur » ou « Yahvé sauve » (JE signifie Yahvé, et SUS signifie salut).

Verset 23 : « Emmanuel » signifie « Dieu avec nous ». Cela ne veut pas dire « Dieu est présent parmi nous » [comme le traduit la version chinoise]. « Dieu avec nous » a un sens plus large que « Dieu est présent parmi nous ». En hébreux, à chaque fois qu’un mot comporte le terme « EL » (Daniel, Eli, Israël), le mot a un rapport avec Dieu.

Le roi David est un type du Seigneur Jésus en tant que Roi : (1) Le Roi établi par Dieu, (2) Le Roi guerrier, (3) Le Roi méprisé et rejeté des hommes.

MATTHIEU CHAPITRE DEUX

On peut séparer ce chapitre en deux parties. Les versets 1 à 12 concernent le complot de Hérode pour tuer Jésus. Les versets 13 à 23 concernent la fuite de Jésus.

Verset 1 : « Au temps du roi Hérode ». Hérode était iduméen (Marc 3:8), un édomite, un descendant d’Esaü. Il a été établi roi, un tétarque (Luc 1:5). Au temps d’Hérode, Jésus est né à Béthléhem de Juda. Cela est en rapport avec le premier recensement dont il est question dans Luc 2:1-2. Du point de vue politique, le recensement était un décré de César. De notre point de vue, c’était un accomplissement de la prophétie biblique (à ce moment-là, Joseph habitait à Nazareth). Le coeur du roi est dans la main de l’Éternel (Prov 21:1). Si le recensement avait eu lieu plus tôt, Marie et Joseph seraient rentrés à Nazareth immédiatement après leur enregistrement. Si le recensement avait eu lieu plus tard, ils auraient encore été en voyage. Cependant, sous la souveraineté de Dieu, dès qu’ils furent arrivés à Bethléhem, Marie accoucha de l’enfant.

« Les sages d’Orient arrivèrent ». En grec, les mages étaient des personnages ayant une bonne tenue morale, comme les hommes sages chez les Hindus. Le terme Orient signifie simplement à l’est de Jérusalem, sans pour autant nous indiquer de quel pays ils provenaient.

Verset 2 : « Le roi des Juifs qui est né ? » Cela semble indiquer que le Seigneur Jésus était simplement venu pour les Juifs. Cependant, les premières personnes à venir visiter Christ étaient des Gentils. Il a été déclaré par la bouche des Gentils que Jésus était roi des juifs. Par ce verset, nous pouvons voir que l’oeuvre du Seigneur était à la fois pour les Juifs et pour les Gentils. « Nous avons vu son étoile en Orient ». La Bible ne nous donne pas de preuve quant à la façon dont les mages ont su que Jésus allait naître ; cependant, elle nous donne quelques indices (« Lumière » — Es 60:3, « Il » — Ps 72:4). Les Gentils avaient aussi des prophètes, parmi lesquels figure Balaam. Il était l’un des quatre prophètes qui a le plus prophétisé concernant le Seigneur Jésus (Num. 24:17). Il se peut que ces prophéties se soient répandues dans l’orient. Il se peut aussi que les mages avaient lu les prophéties de Daniel. Pendant sa captivité à Babylone, quand Daniel a prophétisé concernant les soixante-dix semaines, il parlait des choses au sujet du Seigneur Jésus (Dan 9:24-25). « Pour l’adorer ». Cela ne signifie pas adorer comme l’on adore Dieu, mais simplement en donnant le plus grand honneur que l’on puisse donner à un être humain.

Verset 3 : « Ce que le Roi Hérode ayant entendu, il en fut troublé et tout Jérusalem avec lui ». Il était raisonnable que Hérode soit troublé par cet événement, mais il est vraiment étonnant que tout Jérusalem soit également troublé. Depuis le temps de Malachie jusqu’au temps de Jésus il y avait eu environ 430 ans. Pendant cette période, les Juifs souffraient, et ils s’attendaient à la venue du Messie. Quand ils ont entendu cette nouvelle, ils auraient dû se réjouir. Cependant, ils ont plutôt été troublés. Cela est tout simplement parce qu’ils ne Le cherchaient pas réellement. (Un chrétien qui s’attend au retour du Seigneur, ou qui s’attend à être enlevé par le Seigneur, devrait prendre cela au sérieux — Prov. 4:23 et 25:28.) Le verset 3 nous dit que Hérode était troublé intérieurement (le motif). Le verset 7 nous montre qu’il a agi extérieurement (le plan). Le verset 16 est le résultat de ce trouble (le massacre).

Les versets 4 à 6 nous indiquent que la prophétie biblique est une chose, et que la révélation en est une autre ; que l’enseignement est une chose, et que la révélation en est une autre. On peut avoir les paroles des prophètes, mais on a quand même besoin de l’étoile divine. On peut avoir la connaissance des Écritures, mais on a quand même besoin de révélation divine. Si l’homme n’a pas faim, Dieu ne lui donne rien. Il se peut que les mages d’Orient étaient des personnes qui s’attendaient à Dieu, et qui le recherchaient. Si l’on ne possède que la connaissance morte, on est tout simplement pharisien. Même si une telle personne comprend les Écritures, elle n’a jamais vu la lumière divine. L’étoile est apparue dans le ciel pour montrer aux mages qu’il y avait un sauveur, mais c’est au travers de la Bible qu’ils ont pu obtenir les détails. D’un côté, ils avaient besoin de l’étoile divine, d’un autre côté ils avaient besoin de la prophétie de Michée (Mic. 5:2). Nous voyons à cela qu’il y a plusieurs conditions à la réception de la révélation divine : (1) attendre et (2) désirer.

La seconde partie de Michée 5:2 « Et ses issues sont d’ancienneté dès les jours éternels ». Cela montre que celui qui est né à Bethléhem est Dieu. Quand le Seigneur a dit : « Avant qu’Abraham fut, je suis » (Jean 8:58), les Juifs ont voulu le lapider parce qu’ils ne le reconnaissaient pas comme Dieu.

Verset 7 : « Alors Hérode, ayant appelé en secret les sages, s’informa d’eux soigneusement du temps que l’étoile leur était apparue ». Les choses faites en secret ne sont pas forcément mal en elles-mêmes, mais la plupart du temps on ne peut éviter qu’elles soient un peu ténébreuses. Les chrétiens peuvent avoir des secrets, mais ils ne peuvent avoir des ténèbres dans leur vie. Hérode, “s’informa soigneusement” du temps où l’étoile était apparue. A ce moment, plus d’une année s’était sans doute écoulée (nous en apporterons la preuve par la suite).

Verset 8 : « Et les envoyant à Béthléhem, il leur dit : Allez, et vous informez soigneusement touchant le petit enfant ; et quand vous l’aurez trouvé faites-le moi savoir afin que j’y aille aussi et que je l’adore ». L’intention de Hérode n’était pas de l’adorer, mais de le tuer.

Verset 9 : « Eux donc, ayant oui le roi, s’en allèrent ; et voici, l’étoile qu’ils avaient vue en Orient allait devant eux, jusques à ce qu’elle vint et s’arrêta sur le lieu où était le petit enfant ». On ne mentionne pas ici qu’aucun scribe ni aucun pharisien n’ait suivi les mages. Les mages étaient venus de l’Orient pour chercher l’enfant, mais les scribes et les pharisiens n’étaient même pas prêts à faire le voyage de Jérusalem à Béthléhem pour voir le Seigneur. Cela montre que les Gentils voulaient le Seigneur, mais que les Juifs l’ont rejeté. Nous devons comprendre la Bible par notre pensée, mais en même temps nous devons essayer de chercher intérieurement à connaître la puissance de Dieu. Andrew Murray a dit qu’il était dommage qu’une personne possède une grande quantité de connaissance biblique, mais qu’elle conserve cette connaissance uniquement dans sa pensée charnelle.

“L’étoile qu’ils avaient vue” était la même étoile qu’ils avaient vue la première fois. Si nous souhaitons connaître avec certitude la volonté de Dieu, nous avons besoin d’une seconde apparition de l’étoile après sa première révélation. Ceci est un principe : la seconde apparition de l’étoile est une confirmation que sa première apparition est réelle. Dieu a dit à Abraham : “Au pays que je te monterai” (Gen 12:1). Si nous avons pris le premier pas mais que nous n’obtenons pas : “je te montrerai” comme notre second pas, alors nous avions certainement tort dans notre premier pas. La révélation après la révélation est une confirmation que nous sommes sur la bonne voie. Ceci est un principe : vérifiez toujours une révélation avec une révélation confirmatoire.

Verset 10 : « Et quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une fort grande joie ». En contraste, quand les personnes à Jérusalem ont entendu la nouvelle, ils furent troublés. Notre attitude envers le Seigneur est une indication de notre spiritualité. Une caractéristique du Seigneur est qu’il demande à l’homme de l’aimer. Un chrétien ne doit pas uniquement obéir au Seigneur, mais il doit aussi l’aimer. Si quelqu’un qui croit au Seigneur n’est pas touché par le Seigneur au profond de lui-même, il n’est pas digne d’être appelé chrétien.

Verset 11 : « Ils trouvèrent le petit enfant ». Ici, il n’est pas indiqué “un bébé”. Cela montre qu’un laps de temps s’était écoulé depuis l’événement décrit dans le verset 9. Le voyage des mages demandait un certain temps car le transport était difficile à cette époque. Hérode s’était soigneusement renseigné précédemment concernant la date où l’étoile était apparue, mais au final, les enfants qu’il a ordonné de tuer avaient deux ans ou moins. D’autre part ce verset parle de “la maison” et non pas une mangeoire. “Maison” est un mot particulier utilisé par Matthieu à ce moment, et c’est la première fois qu’il est utilisé dans ce livre. C’était peut-être une maison louée par Joseph ; peut-être à cette période ils vivaient entre deux maisons à Bethléhem et Nazareth. Ces choses prouvent peut-être que le moment où les mages sont venus adorer le Seigneur n’était pas le moment où il était nouveau-né.

Le fait que les mages de l’Orient soient venus pour voir le Seigneur prouve qu’Il était Roi. D’autre part, ils sont rentrés dans la maison pour l’adorer. L’évangile de Marc parle du Seigneur comme un esclave, et c’est pour cette raison qu’il ne donne aucun récit de sa naissance. L’évangile de Luc dépeint le Seigneur comme un homme, c’est pourquoi il nous donne un récit de sa naissance. Il nous dit aussi que ceux qui sont venus le voir étaient des bergers, des gens ordinaires. Il est né dans une mangeoire, mais il n’était pas le fils d’une mangeoire. L’évangile de Jean dévoile le Seigneur comme Dieu, et c’est pourquoi au lieu de nous parler de sa naissance, il nous dit simplement : “La Parole a été faite chair”.

L’or signifie la nature divine, l’encens représente la réjouissance, et la myrrhe est utilisée pour les morts. Dans Esaie 60, on parle de l’or et de l’encens, mais pas de la myrrhe. Parce que Esaie est un livre qui parle du Seigneur comme roi pendant le millenium, celui-ci ne fait référence qu’à l’or et à l’encens. Lorsque les mages se sont présentés devant le Seigneur ils ont également apporté de la myrrhe, ce qui signifie que cette venue du Seigneur donnerait lieu à sa mort. En l’occurrence, l’or a servi à Josèph pour voyager avec sa famille en fuyant Hérode. Combien merveilleuses sont les voies de Dieu !

Verset 12 : « Puis, étant divinement avertis dans un songe, de ne retourner point vers Hérode, ils se retirèrent dans leur pays par un autre chemin ». Lorsque quelqu’un a vu le Seigneur, il ne peut retourner vers Hérode.

Verset 13 : « Or, après qu’ils se furent retirés, voici, l’ange du Seigneur apparut dans un songe à Josèph et lui dit : Lève-toi, et prends le petit enfant et sa mère et t’enfuis en Égypte et demeure là jusqu’à ce que je te dise, car Hérode cherchera le petit enfant pour le faire mourir. » L’expression “jusqu’à ce que je te dise” nous montre que Dieu nous dirige pas à pas.

Verset 15 : Et il demeura là jusques à la mort d’Hérode ; afin que fut accompli ce dont le Seigneur avait parlé par un prophète disant : J’ai appelé mon fils hors d’Égypte.” Au lieu d’accomplir un miracle en faveur de son fils, il lui dit de fuire. Dès sa naissance, le Seigneur devait fuire. Il n’a pas résisté. Sa parole aux chrétiens qui doivent endurer la persécution est la suivante : “Quand ils vous persécuteront dans une ville, fuyez dans une autre” (Mt 10:23). “J’ai appelé mon fils hors d’Égypte”. C’est ici une parole adressée par Dieu au peuple d’Israël. Quand le peuple d’Israël ne pouvaient plus supporter la persécution, ils ont fui. Esaie 49:3 nous montre que le Seigneur et Israël sont un. Il semble que le Seigneur était le dernier Israélite. Il a englobé les Israélites en lui-même. Israël était extrêmement mauvais, c’est pourquoi le Seigneur devait aller à la croix.

Versets 16-18 : Ce passage est une citation de Jérémie 31:15. Rachel a été ensevelie à Bethléhem, ce qui signifie “maison de pain”. “Rachel pleurant ses enfants” est une proposition qualificative. Parce que Hérode avait tué tant d’enfants à Bethléhem, il semble que cela causait à Rachel de sortir de la tombe pour pleurer ses enfants. “Rama” était à peu près à quelques centaines de mètres de Bethléhem.

Verset 19 : « Mais après qu’Hérode fut mort, voici, l’ange du Seigneur apparut dans un songe à Josèph, en Égypte ». L’homme n’est rien ; une fois qu’il est mort, tout ce qui le concerne touche sa fin. Hérode avait causé la mort d’autres personnes, mais maintenant, c’était à lui de mourir. Dieu n’a pas accompli un miracle pour permettre à son fils de rester, mais il a fait sortir son fils d’Égypte.

Verset 20 : “Et lui dit : lève-toi, et prends le petit enfant et sa mère, et t’en vas au pays d’Israël, car ceux qui cherchaient à ôter la vie au petit enfant, sont morts.” “T’en vas au pays d’Israël” nous montre que le Seigneur devait être un Israélite.

Verset 22 : “Mais, quand il eut appris qu’Archélaus régnait en Judée à la place d’Hérode, son père, il craignit d’y aller ; et étant divinement averti dans un songe, il se retira dans les quartiers de la Galilée.” Nous avons besoin non seulement de la direction du Seigneur, mais aussi de notre bon sens. Dieu n’a que commandé à Josèph d’aller en Israël, il ne lui a pas dit où il devait demeurer. A ce moment, s’il était retourné à Jérusalem, il aurait eu des difficultés. Cependant, de par son bon sens, pendant qu’il hésitait, Dieu l’a dirigé jusqu’en Galilée. La région de Galilée était une grande région. Matthieu 4:15 nous parle de “Galilée des Gentils” ce qui nous indique que la Galilée était une région avec une population mixte (juifs et gentils). Les trois premiers évangiles parlent principalement de ce que le Seigneur a accompli en Judée, alors que le quatrième parle essentiellement de ce qu’il a accompli en Galilée.

Verset 23 : “Et y étant arrivé, il habita dans la ville appelée Nazareth ; afin que fut accompli ce qui avait été dit par les prophètes : il sera appelé nazaréen.” Dans la Bible, aucun prophète n’a jamais prophétisé que le Seigneur serait appelé nazaréen. Rien de bon ne peut sortir de Nazareth (Jean 1:46). De ce fait, appeler le Seigneur un nazaréen c’est le mépriser et lui donner peu d’estime. Les prophéties des prophètes concernant le Seigneur impliquent qu’il serait humble et débonnaire (Es. 53:2,3 ; Ps. 22:6).

Les chapitres un et deux comprennent cinq citations de l’Ancien Testament avec trois types d’accomplissement : (1) 2:6, et 2:15 allaient être accomplis – ils concernaient la même situation. (2) 2:17-18, a littéralement été accompli ; et (3) 1:23 et 2:23 seront accomplis – un accomplissement dans l’enseignement.

Dans le chapitre deux concernant la direction de Dieu, il y a besoin de : (1) la connaissance de la Bible, (2) la révélation divine, (3) le bon sens de l’homme, et (4) la foi, la patience et l’obéissance

Ces deux chapitres mentionnent trois personnages :

D’abord, Josèph — ayant une grande foi. (1) Qu’une vierge soit enceinte va à l’encontre des lois naturelles, et pourtant il a cru (1:24). (2) Même s’il devait fuir avec Jésus, le fils de Dieu, il a quand même cru (2:14). (3) Il a obéi à la parole de Dieu et est revenu dans le pays d’Israël (2:21).

Ensuite, Hérode — (1) Il était troublé à cause de la naissance de Christ (2:3). (2) Il enviait le Seigneur (2:7). (3) Il a cherché à tuer Jé (2:16). Cela nous montre comment Satan se transforme en ange de lumière.

Finalement, les mages — (1) Ils avaient la connaissance des Écritures. (2) Ils avaient une attitude de recherche et d’attente. (3) Ils avaient la révélation du Saint Esprit. (4) Ils ont exprimé l’honneur envers le Seigneur. (5) Ils n’ont pas emprunté le même chemin au retour.

La conclusion : les voies du Seigneur sont plus élevées que les voies de l’homme (Isa. 55:9).

MATTHIEU CHAPITRE TROIS

Les versets 1 à 12 parlent de l’appel à la repentance fait par Jean-Baptiste ; les versets 13 à 17 parlent du baptême de Jésus.

Lorsque nous arrivons au chapitre 3, un problème se pose concernant les différents points de vue par rapport au royaume des cieux. Lorsque l’on étudie la parole de Dieu, nous devons tout d’abord rejeter nos propres idées préconçues, puis nous devons adopter le point de vue de Dieu. Ainsi, dans Ephésiens 4:14, Paul nous dit de ne pas être "emportés çà et là par tout vent de doctrine". Nous ne devons pas lire la parole de Dieu avec les idées préconçues des hommes, et nous ne devons pas non plus suivre les hommes en répétant simplement ce que ceux-ci nous disent. En ce qui concerne le royaume des cieux, le Seigneur a promis que celui-ci serait révélé aux enfants (Mt 11:25).

Dans le verset 1 commence l’oeuvre de Jean-Baptiste. Est-ce que le début de son oeuvre coïncide avec le début de la dispensation de l’évangile ? Quand a commencé la dispensation de l’évangile a-t-elle commencé ? Pour pouvoir répondre à cette question, nous devons d’abord nous enquérir pour savoir ce qui a terminé la dispensation de la loi. Si la dispensation de l’évangile a débuté avec l’oeuvre de Jean, alors ce qu’il a préché nous concerne ; autrement cela ne nous concerne pas du tout.

Certaines personnes nous disent que la dispensation de la loi s’est terminée à la croix. Si tel était le cas, la dispensation de l’évangile se situe après la croix. Romains 10:4 nous dit : "Christ est la fin de la loi". Ce verset ne peut être cité pour prouver que la dispensation de la loi s’est terminée avec la croix parce qu’elle est en rapport avec les exigences de la loi et non pas avec la dispensation de la loi.

L’oeuvre de Jean est le début de la dispensation de l’évangile. Cela se base sur les points suivants :

(1) Matthieu 11:13 et Luc 16:16 - Par ces versets, nous pouvons voir que la loi et les prophètes se sont terminés avec Jean, c’est à dire au début de son oeuvre et non pas à sa mort. Jean appartenait à la dispensation de la loi, mais ce qu’il préchait, c’était la grâce, et non pas les doctrines de la dispensation de la loi.

(2) Actes 10:36-37 - L’annonce de l’évangile de paix de notre Seigneur a débuté "après le baptême que Jean a préché".

(3) Actes 13:23-27 - La repentance proclamée par Jean est "la parole de ce salut" (v.26)

(4) Marc 1:1 - "Le commencement de l’évangile de Jésus-Christ". En lisant jusqu’au verset 10, nous voyons que le "début" de cet évangile était la prédication de Jean-Baptiste.

(5) Luc 4:17-21 - Les versets 18 et 19 nous montre qu’il était question de l’évangile, et le mot "aujourd’hui" dans le verset 21 nous montre que la dispensation de l’évangile avait débuté. Lorsque le Seigneur a dit cela, la dispensation de l’évangile avait déjà débuté.

(6) Jean 4:23 - "L’heure vient et elle est maintenant". Cela nous montre que la dispensation de l’évangile avait commencé quand le Seigneur a prononcé ces paroles.

(7) Jean 5:25 - "L’heure vient et elle est même déjà venue, que les morts entendront...". Ce que les morts entendent, ce sont les choses qui concernent la dispensation de l’évangile, dont le Seigneur a dit qu’elle était "maintenant".

Selon M. Pember le mot grec traduit par "heure" dans Jean 4:23 et 5:25 signifie "âge". Un "âge" vient — cela signifie qu’après la dispensation de la loi, il y a une nouvelle dispensation qui débute.

Les principaux points de vue concernant le début de la dispensation de l’évangile sont les suivants : (1) L’évangile a débuté avec l’oeuvre de Jean. (2) L’évangile a débuté à la crucifixion du Seigneur. (3) L’évangile a débuté au moment de la descente du Saint-Esprit à la Pentecôte. (4) L’évangile a débuté avec Etienne. Dans Actes 3:21, le Seigneur a attendu qu’Israel se repente. Dans 7:56, le Seigneur s’est levé, mais Israël l’a rejeté, et la prédication de l’évangile a donc été tournée vers les Gentils. Voilà le raisonnement de ceux qui pronnent cette interprétation. (5) L’évangile a été donné entièrement aux Gentils après Actes 28. (6) L’évangile a débuté avec l’épître aux Ephésiens. L’argument de ceux qui pensent ainsi est que c’est à ce moment-là que le mystère a été révélé aux apôtres. Pour cette raison, le baptême et la fraction du pain ne seraient pas nécessaires puisqu’ils appartiendraient aux juifs. Ceux qui acceptent ce point de vue pensent que tout est prédestiné et céleste. Ceux-ci ne s’intéressent qu’à trois livres : Ephésiens, Philippiens et Colossiens.

Quelle était au juste l’oeuvre de Jean ? Jean faisait l’oeuvre de préparation. Bien que la dispensation de l’évangile ait déjà commencé, Jean faisait le travail de préparation (Mt. 3:3). Il proclamait "Convertissez-vous car le royaume des cieux est proche" (v.2). Qu’est-ce que le "royaume de Dieu" ? S’agit-il du royaume messianique que les juifs attendent et qui était annoncé par Daniel et Ezekiel ? Scofield définissait le royaume des cieux de la façon suivante : le règne du Messie sur la terre et le temps de la restoration du trône de David. Cela est-il scripturaire ? Jean et le Seigneur ont-il dit au départ que Christ venait établir le royaume. Scofield a aussi dit que lorsque le Seigneur est venu sur la terre, s’il n’avait pas été rejeté par les juifs, il aurait établi à ce moment-là le royaume sur la terre. "Le royaume des cieux est proche" - cela était préché par Jean, par le Seigneur Jésus, et par les disciples.

Les chapitres cinq à sept de Matthieu concernent la loi du royaume des cieux ; les chapitres 8 et 9 concernent la guérison du Seigneur Jésus ; les chapitres 11 et 12 concernent le rejet du Seigneur ; et le chapitre 13 concerne les mystères du royaume. Certains disent que du fait du rejet d’Israel, le royaume messianique a été reporté au millenium, et qu’il est donc devenu un royaume de mystère (entre les chapitres 12 et 13, il y a l’église). Mais si le Seigneur était venu établir le royaume messianique, pourquoi les juifs l’auraient-ils rejeté ? Dans Jean 6:15 ne nous est-il pas dit que les juifs étaient venus avec l’intention de le faire roi par la force ? Si à ce moment-là, le Seigneur était venu pour établir le royaume messianique, alors sa mission aurait été de régner et non pas de mourir. Si le royaume des cieux est équivalent au royaume messianique, alors la croix aurait simplement été un moyen commode pour gérer certaines difficultés inattendues, c’est à dire que le Seigneur aurait mis en place le plan du salut simplement parce que les juifs l’avaient rejeté. Toutefois, la mort de Christ était préétablie, avant la fondation du monde. Pierre a dit que Christ a d’abord souffert, pour ensuite être glorifié (1 Pierre 1:11). Le Seigneur lui-même a dit la même chose (Luc 24:26).

Matthieu 1 et 2 nous montrent que le Seigneur est apparenté non seulement aux Juifs mais aussi aux Gentils. (Le Millenium se compose de deux parties, l’un est le royaume des cieux, l’autre est le royaume messianique. Le royaume des cieux est en rapport avec la relation que le Seigneur a avec les croyants, et c’est une relation spirituelle ; le royaume messianique est la relation du Seigneur avec les Juifs, et c’est une relation physique.) Matthieu 3:2 parle-t-il du royaume des cieux comme étant le royaume messianique ? Le passage commence par "Convertissez-vous". C’est ici la première parole qui nous parle du royaume des cieux. Cela nous montre que le royaume des cieux n’est pas physique mais spirituel et céleste. Le royaume messianique régnera sur les nations avec une verge de fer, et celui-ci ne s’intéressera pas à la repentance. D’autre part, le royaume messianique viendra avec puissance et avec grande gloire. Cependant 3:3 nous dit, "Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez ses sentiers". Cela signifie préparer les coeurs des hommes et les préparer pour l’Eternel.

Versets 4 à 12 : Ce passage est une parole dite par Jean, et il est bien évidemment en relation avec l’approche du royaume des cieux. Dans ce passage nous voyons la nature du royaume des cieux.

(1) Celui-ci n’a aucun rapport avec les juifs : "Ne présumez point de dire en vous-mêmes : Nous avons Abraham pour père" (v. 9) (2) Celui-ci doit être une entité organisée qui permettra aux gens de fuire la colère à venir (v. 7) (3) Celui-ci demande un comportement saint et juste (v. 8) (4) Ceux qui n’ont aucun rapport avec le royaume des cieux seront jetés dans le feu (v. 9) (5) Lorsque les gens sont baptisés, c’est qu’ils croient en celui qui vient. Ainsi, croire au Seigneur constitue l’initiation. (6) Quel rapport ce Christ a-t-il avec le royaume des cieux ? (a) Au début du royaume des cieux, il baptise les gens avec le Saint-Esprit, et (b) à la fin du royaume des cieux, il baptisera les gens avec le feu (v. 11-12)

Il y a une grande différence entre le royaume des cieux et le royaume messianique. En voici la preuve :

Matthieu 13:11 nous dit que le royaume des cieux est un mystère qui n’était pas compris par les hommes, mais qui est maintenant révélé.

Dans 13:16-17, nous voyons que la vérité concernant le royaume des cieux n’est pas contenu dans l’Ancien Testament. Donc, les prophètes d’autrefois ne pouvaient ni la voir ni l’entendre. Dans 13:35, il nous est dit, "Je déclarerai les choses qui ont été cachées dès la fondation du monde". Les choses qui ont été cachées dès la fondation du monde sont les choses qui concernent le royaume des cieux. A cela nous voyons qu’avant cette époque, personne ne savait qu’il y avait un royaume des cieux. Cependant, le royaume messianique était connu d’hommes tels que Baalam, Esaie, et Daniel.

Quand est-ce que le royaume des cieux débute ? Quand nous lisons Matthieu 13:24 et 30 nous voyons que celui-ci commence par le semis du grain et qu’il se termine par la moisson. Le royaume des cieux est donc cette époque. Dans Matthieu 16:13-19, "cette pierre" (v. 18) se réfère à la confession de Pierre dont il est question plus tôt dans ce passage. Au verset 19 il nous est parlé des clés du royaume des cieux. Ici, dans la langue originale, le mot "clés" est au pluriel, et celles-ci servent à ouvrir les portes. Ces clés lui ont servi à ouvrir les portes le jour de la Pentecôte, ainsi que dans la maison de Cornelius, afin de laisser entrer les Juifs et les Gentils. A cela nous voyons que l’église et le royaume des cieux débutent au même moment. La mise en place de l’église s’est faite au jour de la Pentecôte. Le royaume des cieux est en relation avec les hommes alors que l’église est en relation avec le Seigneur. C’est le Seigneur qui donne la vie. L’église reçoit la position et la grâce. L’église est notre position alors que le royaume des cieux est notre responsabilité.

Le Royaume des CieuxL’Église
En relation avec les hommesEn relation avec le Seigneur
Se réfère à la disciplineSe réfère au don de la vie
Concerne la responsabilitéConcerne la position et la grâce

Selon sa nature, l’oeuvre de Jean-Baptiste appartient sans aucun doute à la grâce. Le message préché par Jean concernant le Seigneur est le suivant : (1) Jean 1:29 : "L’agneau de Dieu", et (2) Matthieu 3:11 : "Celui-là vous baptisera du Saint-Esprit et de feu". L’un concerne le fait que le Seigneur ait porté nos péchés, alors que l’autre se réfère au fait que le Seigneur baptise dans le Saint-Esprit, et qu’il juge les non-croyants.

Dans Luc 1:67-79, la prophétie de Zacharie contient les élements suivants : "Pour donner la connaissance du salut à son peuple, dans la rémission de leurs péchés", et "Pour conduire nos pas dans le chemin de la paix". Cela est le message que Jean serait amené à précher plus tard. Matthieu 21:32 mentionne "la voie de la justice" ; cela est en contraste avec "la voie de la paix" mentionnée dans Luc 1:79. Jean dit aux gens de : (1) Se repentir, (2) être baptisés. Cela est en contraste avec ce que fait le Seigneur, qui est de : (1) Porter les péchés des gens, et (2) Baptiser les gens avec le Saint-Esprit et le feu.

En grec, "se repentir" signifie "regretter". Cela oblige les gens à se tenir dans la position de pécheurs. Le regret est en rapport avec la confession, car lorsqu’une personne reconnait sa position, elle confesse spontanément ses péchés. Le baptême signifie la mort et la ressurection. Lorsque Jean demandait aux juifs de se faire baptiser, il leur disait, par le fait, qu’ils devaient mourrir et ressusciter. Jean disait aux juifs de croire en Celui qui venait. L’oeuvre de Jean était donc pour l’annonce de l’évangile et non pas pour le royaume messianique. Jean a utilisé le mot "royaume" seulement une fois (Matth. 3:2). De plus, il n’a pas dit que Seigneur serait Roi. Il a dit que le Seigneur était le soleil levant, le Marié, l’Agneau, et Celui qui baptise les hommes dans le Saint-Esprit. Pour que le Seigneur puisse être l’Agneau et qu’Il puisse baptiser les hommes dans le Saint-Esprit, Il avait besoin de mourir et de ressusciter.

Le baptême qui a été délivré par Jean montre les choses qui doivent arriver. Cela nous montre que quand le Seigneur est venu la première fois, ce n’était absolument pas pour établir le royaume messianique. Dans Actes 15:13-16, nous pouvons voir que le verset 14 se réfère à l’église ; "après ces choses" dans le verset 16 signifie après l’église dans le verset 14 ; "le tabernacle" parle du royaume messianique ; et "un peuple" parle de l’église. Cela nous montre que ce n’est qu’après l’âge de l’église que le royaume messianique (le tabernacle déchu de David) sera réétabli.

Dans Actes 11, Pierre a reconnu que l’évangile a débuté avec Jean-Baptiste. Dans Actes 13, Paul a aussi reconnu la même chose. Apollos n’avait pas une bonne connaissance de ce fait ; il ne connaissait que le début, c’est à dire le baptême de Jean, mais il n’était pas au courant des choses que le Seigneur avait déjà reconnues. C’est pourquoi Priscille et Acquillas ont dû le prendre à part pour lui expliquer ces choses.

L’objectif de Jean était que les gens croient en Celui qui venait. Il préchait l’évangile (Actes 19:4), mais il préchait celui-ci avant la mort du Seigneur. Donc après que le Seigneur ait accompli la rédemption, ce que Jean avait préché avait besoin d’être répété. Pierre et Paul n’ont pas renversé l’oeuvre de Jean.

Luc 3:7-14 : Ce groupe de personnes s’était repenti et cherchait à fuire la colère à venir. C’est pourquoi dans les versets 11 à 14, Jean leur a dit ce qu’ils devaient faire. Dans les quatre évangiles, Jean-Baptiste était le seul à précher la mort de substition de Christ.

Verset 1 : "Or, en ce temps-là, vint Jean-Baptiste, préchant dans le désert de la Judée". Le Seigneur et Jean-Baptiste mettait l’accent sur des choses différentes dans leur oeuvre. Jean mettait l’accent sur la repentance, car il venait pour préparer le chemin du Seigneur. Il se mettait donc dans une position contre le monde. Jean prenait le désert comme sa maison et la ville comme son auberge, alors que le Seigneur prenait la ville comme sa maison et le désert comme son auberge. Jean est venu pour faire pleurer les gens, alors que Jésus est venu pour faire danser les gens (Mt. 11:16-19). Un salut complet c’est d’abord de pleurer, puis de danser. En d’autres termes, se repentir et croire. Jean faisait pleurer les gens, donc c’était comme s’il était dans le deuil et revetu d’un sac. Par opposition, le Seigneur fait danser les gens, c’est Lui qui fait la musique. La position dans laquelle Jean se tenait nous montre que les gens dans le monde sont dans l’erreur. Jean a préché tout d’abord dans le désert de Judée car le salut vient des Juifs (Jn 4:22).

Verset 2 : "Et, disant : Convertissez-vous car le royaume des cieux est proche". C’est un fait que le royaume des cieux se soit approché. C’est pourquoi les hommes doivent se repentir. Il n’est pas dit que nous devons nous repentir afin que le royaume des cieux arrive. "Les cieux" en grec est au pluriel : il s’agit donc du royaume des cieux. Pourquoi parle-t-on du royaume des cieux et non pas du royaume du ciel ? Ceci s’explique par le fait que pendant que Satan était dans les airs et avant que le Seigneur soit mort, il n’y avait jamais eu de royaume qui soit dirigé par le ciel. Seul le royaume qui a été amené par Dieu, étant différent des royaumes de la terre, est un royaume spirituel qui peut être en communion avec Dieu.

Verset 3 : "Car c’est ici celui dont il a été parlé par Esaie le prophète disant : La voix de celui qui crie dans le désert est : préparez le chemin du Seigneur, aplanissez ses sentiers". Bien que Jean-Baptiste ait été prophète, il n’a pas prophétisé. Même s’il était le plus grand des prophètes, il n’a pas vanté sa grandeur. Il était simplement une voix d’homme.

Pourquoi la citation dans Luc 3:4-6 est-elle plus longue que celle que l’on trouve dans Matthieu 3:3 ? C’est parce que l’évangile de Matthieu était écrit pour le juifs, et c’est pourquoi il est davantage question des choses qui concernent les juifs. Comme Matthieu, l’évangile de Luc prèche aussi Jésus-Christ, mais celui-ci fait davantage référence aux choses qui concernent les Gentils.

Verset 4 : "Or Jean avait son vêtement de poil de chameau et une ceinture de cuir autour de ses reins ; et son manger était des sauterelles et du miel sauvage". Le point central du message de Jean était la repentance. C’est pourquoi il était en opposition avec les gens du monde. Sa nourriture et ses vêtements étaient très différents de ceux du monde. Toutefois, les chrétiens d’aujourd’hui ne devraient pas imiter Jean. Concernant toutes les choses du côté humain, nous ne devrions pas être tellement différents des gens du monde (cela ne veut pas dire que les chrétiens doivent se conformer aux modes de ce monde). Le Seigneur se comportait de la même façon que les hommes (Matthieu 11:19).

Versets 5-6 : "Alors les habitants de Jérusalem, et de toute la Judée, et de tous les pays des environs du Jourdain, vinrent à lui ; et ils étaient baptisés par lui au Jourdain, confessant leur péchés". Cette sorte de baptême n’existait pas dans l’Ancien Testament. Les baptêmes mentionnés dans Hébreux 6 se réfèrent aux purifications de l’Ancien Testament. Le baptême de Jean avait pour but que les gens croient en Celui qui venait après lui. A cette époque, le baptême était un acte personnel ; il en était de même pour la confession. Nous ne devons pas utiliser Matthieu 3:6 comme base pour pratiquer la repentance publique des péchés.

Verset 7 : "Mais voyant plusieurs des Pharisiens et des Saduccéens venir à son baptême, il leur dit : " Race de vipères ! Qui vous a avertis de fuire la colere à venir ? " Les Pharisiens s’étaient proclamés eux-mêmes des adeptes des doctrines fondamentalistes. En réalité, ils étaient morts. D’un autre côté, les Pharisiens ne croyaient en rien. Aussi bien les fondamentalistes que les modernistes étaient les enfants de vipères et étaient destinés à se retrouver en enfer. Les fondamentalistes ne croyaient qu’en des doctrines ; ils ne connaissaient pas la puissance de Dieu.

C’est pourquoi les traditionalistes font autant de mal à l’église que les modernistes. Ils n’étaient pas seulement vieux, mais en plus ils étaient morts, et qui plus est, ils ne connaissaient vraiment rien. L’héritage de la tradition n’est pas forcément fiable.

Verset 8 : "Faites donc des fruits convenables à la repentance". Il y a un besoin de produire des fruits pour la repentance.

Verset 9 : "Et ne présumez pas de dire en vous-mêmes, nous avons Abraham pour père, car je vous dis que Dieu peut faire naître de ces pierres mêmes des enfants à Abraham". La venue du royaume des cieux n’est pas du tout en rapport avec le fait que les Juifs soient les enfants d’Abraham. Ce dont ils ont besoin, c’est de la repentance. C’est seulement par le moyen de la repentance qu’ils peuvent avoir part au royaume des cieux.

Verset 10 : "Or, la cognée est déjà mise à la racine des arbres. C’est pourquoi tout arbre qui ne fait pas de bons fruits va être coupé et être jeté au feu". Ceci est un test. Cela ne signifie pas qu’une personne soit dans l’obligation d’avoir un bon comportement ; c’est plutôt que son comportement doit être digne de sa repentance.

Verset 11 : "Pour moi je vous baptise d’eau en signe de repentance, mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi et je ne suis pas digne de porter ses souliers. Celui-là vous baptisera du Saint-Esprit et de feu". Ce verset nous parle de trois types de baptême : (1) Le baptême d’eau, (2) Le baptême du Saint-Esprit, et (3) Le baptême de feu. Le feu ici se réfère à l’enfer. Dans la langue originale, la conjonction "et" signifie que les deux termes sont à considérer de la même façon. Puisque le Saint-Esprit est interprété littéralement, le feu doit aussi être interprété littéralement. Jean a dit que le Seigneur nous baptiserait du Saint-Esprit et de feu parce que, à ce moment, il y avait devant lui deux groupes de personnes : l’un appartenait au Seigneur, et l’autre ne cherchait pas réellement le Seigneur. Le baptême de Jean ne pouvait pas les différencier, mais le Saint-Esprit et le feu en étaient capables. Matthieu 3:12 catégorise les gens entre le froment et la paille. Certaines personnes croient que "feu" signifie les langues de feu à la Pentecôte (Actes 2:3). Si tel est le cas, il aurait été redondant de mentionner dans ce verset les deux termes Saint-Esprit et feu. Dans Matthieu 3:10, 11 et 12, le feu est mentionné trois fois. Puisque la première fois et la troisième fois, le mot "feu" se réfère au feu de l’enfer, comment se pourrait-il que la seconde occurence ne se réfère pas à l’enfer ? Cela nous montre qu’au début du royaume des cieux, le Seigneur baptise les gens du Saint-Esprit, et qu’à la fin du royaume des cieux, Il baptisera les gens dans le feu (2 Thess. 1:7,8).

Verset 12 : "Il a son van en sa main et il nettoira entièrement son aire et il assemblera son froment au grenier ; mais il brûlera la paille au feu qui ne s’éteint pas". En Judée, l’aire est légèrement plus élevée que le sol. Les juifs utilisaient des boeufs pour fouler le grain (1 Cor. 9:9). Après avoir fait foulé le grain, ils utilisaient le van pour éliminer la paille. On ne construit pas une grange dans un champ, mais à proximité d’une habitation : elle signifie donc le monde. A chaque fois que la Bible mentionne la moisson, il est le plus souvent question de l’enlèvement et parfois de la résurrection.

Verset 13 : "Alors Jésus vint de Galilée au Jourdain, vers Jean, pour être baptisé par lui". Le baptême du Seigneur Jésus n’est pas relaté dans l’évangile de Jean car celui-ci Le présente comme Dieu. Les trois autres évangiles mentionnent bien cet évenement.

Verset 14 : "Mais Jean l’en empêchait fort, en Lui disant, J’ai besoin d’être baptisé par toi, et tu viens vers moi !". Seul l’évangile de Matthieu mentionne que Jean voulait empêcher Jésus d’être baptisé, car ici le Seigneur est décrit comme étant le Roi.

Verset 15 : "Et Jésus répondant lui dit, Laisse-moi faire pour le présent : car il nous est ainsi convenable d’accomplir toute justice. Et alors, il le laissa faire". A quoi se réfère "la justice" ? Lorsqu’un pécheur entre dans l’eau, il confesse qu’il est pécheur, et qu’il a besoin d’être baptisé. Le Jourdain signifie l’eau du jugement. En s’immergeant dans l’eau, le pécheur reconnait qu’il a besoin d’être jugé. Le Seigneur a fait cela pour que les hommes puissent être sauvés. Il a rempli la justice de Dieu par Sa mort et Sa résurrection, pour que les pécheurs puissent être sauvés. "Nous" indique que Dieu est le père de tous les croyants ; le Seigneur a inclus tous les croyants en Lui-même.

Pourquoi le Seigneur a-t-il été baptisé au moment où il a commencé son oeuvre. Cela nous montre que dès le moment où le Seigneur a commencé son oeuvre, il a pris la position de la crucifixion et de la résurrection. En réalité, il est mort et il est ressuscité après avoir travaillé pendant trois ans et demi. Mais il voulait nous montrer que toute son oeuvre sur la terre était accomplie dans la position de la mort et de la résurection. C’est pourquoi il a été baptisé à l’avance pour servir de signe. D’un coté, cela nous montre que l’oeuvre du Seigneur est une oeuvre de mort et de résurrection ; c’est l’aspect de la rédemption. D’un autre coté, cela nous montre que toute l’oeuvre du Seigneur a été accomplie dans la position de la mort et de la résurrection. C’est aussi le principe de base de toute oeuvre spirituelle. Le moi possède trois aspects : (1) La volonté, (2) La puissance, et (3) La gloire. Toutes ces choses doivent être mises dans la position de la mort.

Verset 16 : "Et quand Jésus eut été baptisé, il sortit incontinent hors de l’eau, et voilà, les cieux lui furent ouverts et Jean vit l’Esprit de Dieu descendant comme une colombe et venant sur Lui." Cela nous prouve que le baptême est par immersion. "Les cieux lui furent ouverts" - cela est en accord avec le royaume des cieux. Une fois que les cieux ont été ouverts, l’Esprit de Dieu est descendu. A cela nous voyons que le sens du royaume de Dieu n’est ni plus ni moins que la communion entre l’homme et Dieu. La mort et la résurrection du Seigneur Jésus a causé l’ouverture des cieux. Les cieux ne peuvent s’ouvrir que pour la mort et pour la résurrection. Puisque la mort et la résurrection du Seigneur sont un fait, il nous suffit de croire. Toutefois, puisqu’il s’agit également d’un principe, nous avons également besoin d’obéir.

En mentionnant la colombe, la Bible nous parle de deux choses : (1) Être doux et (2) Avoir des yeux qui ne peuvent voir qu’une seule chose à la fois (car les yeux d’une colombe sont uniques). "L’Esprit de Dieu descendant comme une colombe et venant sur Lui" indique que l’Esprit de Dieu est descendu sur le Seigneur pour lui donner la puissance afin qu’Il puisse ne faire qu’une seule chose devant Dieu dans Sa vie, c’est à dire, faire la volonté de Dieu.

Verset 17 : "Et voilà une voix du ciel disant, Celui-ci est mon fils bien-aimé, en qui j’ai pris mon bon plaisir." Voilà le témoignage de Dieu. Dieu a témoigné ainsi parce que (1) Le Seigneur a réellement pris le chemin de la mort et de la résurrection, et (2) Dieu voulait prouver que le Seigneur était entré dans l’eau à cause de la justice (à ce moment, toutes les personnes étaient baptisées uniquement pour leurs péchés, c’est pourquoi les cieux restaient silencieux. Seul le Seigneur a été baptisé pour la justice, et c’est pourquoi les cieux ont témoigné).

MATTHIEU CHAPITRE QUATRE

Ce chapitre comprend deux choses importantes : (1) la tentation du Seigneur (vv. 1 à 11) et (2) l’appel de quatre disciples (vv. 12 à 25).

Verset 3 : "Et le tentateur s’approchant, lui dit : si tu es le Fils de Dieu, dis que ces pierres deviennent des pains." Le Seigneur n’a rien à prouver sur Lui-même, car Il a le témoignage de Dieu. (Mt. 3:17)

Verset 4 : "Mais Jésus répondit, et dit : Il est écrit : L’homme ne vivra point de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu." Adam a souffert la défaite parce qu’il n’a pas fait ce que Dieu lui a dit de faire ; Christ a obtenu la victoire parce qu’Il n’a pas fait ce que Dieu ne Lui a pas dit de faire.

La tentation de ce chapitre suit la baptême. Pourquoi la baptême du Seigneur a-t-il donné lieu à la tentation par le diable ? C’est parce que la baptême met l’accent non seulement sur la mort mais aussi sur la résurrection. De par sa résurrection Christ a été désigné le Fils de Dieu en puissance (Rom. 1:4). Parmi tant de personnes, Un seul a été désigné par Dieu pour être le Fils de Dieu. La résurrection de Lazare ne constitue qu’un retour à la vie physique. Christ est les prémices de la résurrection (I Cor. 15:20). Sa résurrection L’a désigné Fils de Dieu, donc il a fallu que le diable Lui apporte un défi.

Il existe un parallèle entre la tentation décrite ici et celle du jardin d’Eden. Adam a été tenté en se réveillant de son sommeil : il en est de même pour le Seigneur. La période qui séparait Adam de Christ était de quatre mille ans. Pendant cette période de temps, personne ne pouvait s’appeler le Fils de Dieu. Mais ce jour-là, une voix provenant des cieux a proclamé qu’Il était le Fils de Dieu. Satan était donc obligé de le mettre à l’épreuve. Satan n’aurait jamais permis à l’un des enfants régenérés de Dieu de se sortir d’affaire si facilement. Le péché, le monde et l’environnement sont tous contre les enfants de Dieu. Si Christ, qui est notre Précurseur devait passer par beaucoup de tentations pour prouver qu’Il était le Fils de Dieu, comment ceux qui Lui appartiennent pourraient-ils en être exemptés ?

La première chose dans l’oeuvre du Seigneur, c’est de se manifester comme Fils de Dieu. L’église commence avec la déclaration de Christ comme étant le Fils de Dieu (Matt. 16:16,18). (Une fois il y avait un homme qui enseignait l’évangile de Marc, et il est arrivé à la question "Qui dites-vous que je suis ?" (Marc 8:29). A ce moment-là, un pécheur qui ne s’était jamais intéressé au Seigneur s’est repenti, et a confessé en larmes le Seigneur Jésus comme son sauveur). Le témoignage des évangiles sert à préparer les hommes à confesser le Seigneur Jésus comme Fils de Dieu.

Les démons reconnaissent le Seigneur, et ils reconnaissent également Paul (Actes 19:15). Nous devons avoir une réputation parmi les démons. La victoire de l’oeuvre du Seigneur ne provenait pas de ce qu’Il luttait, mais de ce qu’Il tenait ferme dans la bonne position. Ensuite, il Lui était suffisant simplement de déclarer Sa victoire. C’est pourquoi il pouvait envoyer Ses disciples pour tout simplement chasser les démons en Son nom. Evan Roberts a dit que tout irait bien si seulement les chrétiens savaient tenir ferme dans leur position.

Verset 1 : Après que le Seigneur ait reçu le témoignage de Dieu qu’Il était le Fils de Dieu, ce qu’Il a rencontré en premier lieu n’était pas la victoire, mais la tentation — le combat.

Verset 2 : Le nombre quarante signifie toujours un temps d’épreuve. Ce verset nous montre la bonne manière de jeûner. Le Seigneur n’avait pas faim pendant quarante jours et quarante nuits. Au lieu de cela, il a jeûné pendant quarante jours et quarante nuits. Qu’est-ce que le jeûne ? Une personne jeûne parce que le fardeau à l’intérieur d’elle est tellement intense qu’elle n’est plus capable de manger, ou parce qu’un combat spirituel est tellement sérieux que son corps ne ressent pas le besoin de manger. Le Seigneur n’avait pas faim pendant qu’il jeûnait. Au contraire, après avoir jeûné pendant quarante jours, alors il eut faim.

Dans la jardin d’Eden, Adam et Eve étaient repus, mais ils étaient encore gourmands pour manger plus. Ici le Seigneur avait réellement faim, et il pouvait difficilement refuser la nourriture, et pourtant il n’a pas accepter de manger. Si nous ne pouvons vaincre dans le domaine de la nourriture, nous ne pourrons pas non plus vaincre dans les autres domaines (Phil. 3:19, Héb. 13:9). La nourriture devrait être uniquement pour se nourrir, et non pas pour le plaisir. Ceux qui servent leur ventre ne peuvent pas affliger leur corps. Dieu ne peut pas faire grand chose avec ce genre de personne.

Dans le verset 3, on parle du "tentateur," et plus tard il est dit que c’est le diable. De même, dans Genèse 3, on parle simplement "du serpent." (Gen 3:1)

Lorsque le Seigneur a été baptisé, une voix est sortie des cieux, disant, "Celui-ci est mon Fils bien-aimé." Le diable n’a jamais oublié cela et ne pouvait pas être en paix. Il devait l’éprouver pour voir si Celui-ci était bien le Fils de Dieu et pour voir quel rapport il avait avec l’enfer. Dans Matthieu 16:18, après avoir dit, "Sur cette pierre j’édifierai mon Eglise," le Seigneur a immediatement parlé des "portes d’enfer." Toute la puissance du diable ne pouvait ébranler le Fils de Dieu. Si vous vous en tenez à ce témoignage, vous aurez une position tout à fait inébranlable.

Les efforts des modernistes pour s’opposer au Fils de Dieu sont absurdes. De la même manière, les efforts des traditionalistes pour soutenir le Fils de Dieu sont également absurdes. Depuis le commencement, le Seigneur était le Fils de Dieu. C’était après son baptème qu’Il a été désigné Fils de Dieu. C’est pour cela que le Seigneur ne se laisserait pas provoquer à prouver qui Il était. Il Lui était suffisant d’avoir le témoignage de Dieu. Ce dont on a besoin, c’est le témoignage de Dieu ; on n’a nullement besoin d’une explication venant des hommes.

Le Seigneur n’aurait rien fait sans le commandement de Dieu. S’il n’y avait pas eu de commandement venant de Dieu, le Seigneur n’aurait rien fait du tout. Il avait faim, et il était raisonnable de changer les pierres en pain, toutefois, Il ne pouvait pas le faire. Dans le jardin d’Eden, Adam a fait ce que Dieu lui avait interdit (Gen. 3:11). Ici, le Seigneur ne faisait pas ce que Dieu ne Lui avait pas commandé de faire. C’est pourquoi, tout ce que Dieu nous commande de faire, nous devons le faire. Si Dieu ne nous commande pas de faire certaines choses, nous ne devons pas agir. Nous ne devons jamais aller au devant de Dieu. La présomption est autant un péché que la rébellion. Moïse n’était pas autorisé à entrer dans le pays de Canaan, non parce qu’il a fait trop peu, mais parce qu’il a fait plus que ce que Dieu lui avait commandé de faire (Nom. 20:7-12). Les choses que le Seigneur ne fait pas sont autant des miracles que celles qu’Il fait. Avoir de la puissance et l’utiliser entièrement — voici la nature de l’homme, car il espère en tirer quelque gloire. Avoir de la puissance et pourtant la réserver — voici la nature de Dieu. Satan a considéré que le Seigneur était effectivement le Fils de Dieu, mais s’Il avait transformé les pierres en pain, Il en aurait été fini de Lui, car Il aurait agi en dehors de la volonté de Dieu.

Verset 4 : "Mais Jésus répondit." La réponse du Seigneur était complètement opposée à la proposition de Satan. Satan avait une certaine pensée, mais le Seigneur a pris une position complètement différente pour l’aborder."Il est écrit". Nous avons là l’un des principes du combat spirituel. Lorsque vient la tentation, il est vrai que notre résistance nous permet de maintenir notre position et oblige le diable à fuire (Jacques 4:7). Toutefois, la plupart du temps, cela ne menèra qu’à une impasse. Mais si nous déclarons la parole de Dieu, le diable fuira. La parole de Dieu est l’épée de l’Esprit (Eph. 6:17). Lorsque nous la brandissons, nous obtenons la victoire. Cependant, il est aussi important que nous ayons la foi. La parole de Dieu peut être comparée au verdict délivré par la Cour Suprème. Cela nous montre qu’avant que le Seigneur aille dans le désert, Dieu Lui avait déjà donné cette parole. Dieu Lui avait dit qu’Il pourrait vaincre, et c’est pourquoi Il pouvait effectivement vaincre.

Versets 5 à 7 : Satan, qui ne voulait toujours pas abandonner l’affaire du "Fils de Dieu", a également cité les Ecritures. La première fois, c’était le Seigneur qui a cité les Ecritures pour reprendre Satan. La seconde fois, c’était Satan qui a cité les Ecritures, et le Seigneur l’a à nouveau repris en citant une seconde fois les Ecritures. On ne doit jamais citer la Bible à la légère. Ce que le Seigneur veut nous montrer ici, c’est que la première fois où Il a Lui-même cité les Ecritures, c’était parce que Dieu Lui avait donné la parole. Mais la seconde fois, puisque Dieu ne Lui avait pas donné la parole, Il aurait tenté Dieu s’Il s’était jeté du haut du précipice. Avoir de la foi, c’est faire quelque chose en total accord avec ce que Dieu a dit ; tenter Dieu, c’est décider de faire quelque chose alors que Dieu ne l’a pas dit. La foi n’a qu’un seul principe : Dieu l’a dit, et je le crois.

Concernant le mot "aussi" (v.7), nous devons nous rappeler qu’en recherchant la volonté de Dieu, si nous ne recevons qu’un seul verset et que nous ne pouvons pas le justifier avec un autre, alors nous sommes peut-être en danger.

Versets 8 à 10 : Satan était pret à abandonner tous les royaumes du monde et leur gloire, mais il n’était pas pret à renoncer à l’adoration des hommes. En cette époque, Satan est le prince de ce monde. De toute sa vie, l’objectif de Satan est de recevoir l’adoration des hommes en se cachant derrière les nombreuses idoles et religions. Beaucoup d’idoles ont des esprits car Satan les anime. L’intention de Satan est de voler à Dieu l’adoration des hommes. C’est pourquoi les Ecritures disent que Dieu est un Dieu jaloux. Il est écrit : "Vous avez porté... l’étoile de vos dieux, que vous vous êtes faits. / C’est pourquoi je vous transporterai au delà de Damas". (Amos 5:26,27).

Jean 4:23 dit, "Car aussi le Père en demande de tels qui l’adorent." Le mot grec traduit par "demande" montre de l’emphase. Le Père doit chercher des adorateurs, car Satan cherche à voler à Dieu l’adoration des hommes. David a dit que les noms des autres dieux ne passeraient pas par ses lèvres (Ps 16:4).

A l’époque de l’Ancien Testament ceux qui avaient en eux un esprit de mort ou un esprit familier étaient lapidés (Lev. 20:27). Même si la femme bien aimée d’un homme l’incitait en disant en secret "Allons et servons d’autres dieux", elle devait être lapidée. De plus, le premier à jeter la pierre sur elle devait être son mari (Deut. 13:6,9-10).

Le Seigneur a repris le tentateur trois fois avec la parole de Dieu. Les deux premières fois, il n’est pas dit que le tentateur était Satan. Toutefois, la troisième fois, étant donné que le tentateur essayait de voler l’adoration à Dieu, le Seigneur a montré qu’il était Satan. Le Seigneur a également cité les Ecritures disant "Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et tu le serviras lui seul" (Matt. 4:10, Deut. 6:13). Le Seigneur revient bientot. Nous devons rejeter toute tentative d’ôter à Dieu l’adoration qui Lui est due.

Verset 11 : "Alors le diable le laissa, et voilà, les anges s’approchèrent, et le servirent." Tous les saints bénéficient du ministère des anges (Héb. 1:14). Pendant que nous sommes en train d’être tentés, les anges sont à nos côtés. Nous devons prier Dieu d’envoyer ses anges pour camper autour de nous et nous protéger.

Versets 12 à 17 : Bien que Jean ait été mis en prison, le Seigneur a continué le message qui avait été préché par Jean (v. 17). même si le premier à précher le message était en prison, la nature de son message n’avait pas changé (v. 18-22).

Versets 18 à 22 : Pierre a été appelé alors qu’il jetait un filet. Jean a été appelé alors qu’il réparait des filets. A terme, l’oeuvre de Pierre allait toujours être de jeter les filets, et l’oeuvre de Jean allait toujours être de réparer les filets. Pierre a d’abord jeté un filet sur les Juifs, et ensuite sur les Gentils. Parmi les quatre évangiles, l’évangile de Jean a été écrit le plus tardivement. A cette époque, le Seigneur n’était plus visible des hommes, mais Jean ramenait les hommes à la source. Lorsque Jean a écrit ses épitres, le modernisme était déjà présent. C’est pourquoi Jean a conduit les hommes à connaitre Celui qui est dès le commencement. L’église était en décadence, alors Jean est venu pour réparer les filets. Si l’église ne s’était pas dégradée pendant l’époque apostolique, nous n’aurions pas su comment gérer la situation lorsque celle-ci se serait présentée. C’est pourquoi le Seigneur a permis à l’église d’être vaincue pendant la période apostolique pour que Jean puisse venir réparer le filet, et que l’on puisse savoir par la suite comment traîter ce problème. Il semble que la position d’une personne au moment de sa conversion détermine plus ou moins son oeuvre par la suite.

Versets 23 à 25 : Ce que le Seigneur a préché, ce n’était pas autre chose que l’évangile du royaume. Celui-ci est le même que l’évangile de la grace (Actes 20:32). Toutefois, le royaume des cieux porte une signification particulière. Tous ceux qui suivent le Seigneur doivent être pécheurs d’hommes. Si une personne est sauvée, mais qu’elle n’a jamais mené une autre personne au Seigneur, celle-ci ne suit pas le Seigneur. Le Seigneur a dit, "Je vous ferai pécheurs d’hommes" (Matt. 4:19).

Après que Jésus a gueri beaucoup de malades, des grandes foules sont venues le suivre. Aujourd’hui, si nos maladies spirituelles sont guéries par le Seigneur, beaucoup viendront le suivre.

MATTHIEU CHAPITRE CINQ

Dans le chapitre trois Jean le Baptiseur a déclaré le royaume des cieux, dans le chapitre quatre le Seigneur a proclamé le royaume des cieux, et dans le chapitre cinq le Seigneur a parlé des choses concernant la loi et le principe du royaume des cieux.

Cette partie (Matthieu 5 à 7) est-elle adressée aux chrétiens ?

Tout d’abord, dans la mesure où le terme "disciples" est utilisé ici, ce passage est bien adressé aux chrétiens :

(1) Dans les versets 1 et 2, même s’il y avait des foules, seuls les disciples sont montés dans la montagne avec le Seigneur. Le Seigneur ne considérait pas que toute la foule était des disciples. Cela veut dire que les disciples étaient des chrétiens.

(2) Certains disent que les disciples mentionnés dans le verset 1 étaient les disciples juifs. Cependant, ce n’est pas ce que dit la Bible. En plus, le Seigneur dit, "Il vous est donné de connaitre les mystères du royaume des cieux" (Matth. 13:11). A cela nous voyons que cette parole n’est pas adressée aux juifs. Dans Matthieu 28:13, le Seigneur a enjoint Ses disciples d’"enseigner toutes les nations", c’est à dire de faire des Gentils les disciples du Seigneur. Le concept de "disciples Gentils" est un non-sens. En lisant Actes 11:26 nous apprenons que les termes "disciples" et "chrétiens" sont équivalents. Depuis Matthieu jusqu’à Actes, tous ceux qui croyaient au Seigneur, qu’ils soient Juifs ou Gentils sont appelés "disciples."

Deuxièmement, lorsqu’on considere la parole du Seigneur, ce passage s’adresse aux chrétiens :

(1) Dans son injonction dans Matthieu 28:19-20, le Seigneur a dit : "les enseignant de garder tout ce que je vous ai commandé." De tous les commandements présents dans l’évangile, aucun ne surpasse ceux qui sont présents dans Matthieu 5 à 7. Nous pouvons dire que Matthieu 5 à 7 est le centre de tous les commandements du Seigneur, et que cette section contient les commandements les plus importants du Seigneur. C’est pourquoi ce passage est adressé aux chrétiens, et il devrait être respecté par les chrétiens.

(2) Jean 14:26 nous montre que l’oeuvre du Saint-Esprit est de rappeler aux disciples toutes les choses que le Seigneur Jésus a dites pendant qu’il était sur la terre. L’oeuvre la plus importante du Saint-Esprit est de nous ramener sans cesse à la parole du Seigneur.

(3) Qu’a dit Paul concernant la parole du Seigneur ? Dans Colossiens 3:16, il a dit que c’était "la parole de Christ." Il n’a pas dit "la parole de Dieu" parce que la parole de Dieu se réfère à l’ensemble de la Bible. Il nous parle ici spécifiquement de "la parole de Christ." Paul a écrit Colossiens en prison, après que le mystère de l’Eglise lui a été révélé.

Troisièmement, en ce qui concerne son contenu, ce passage est adressé aux chrétiens :

(1) Dans Matthieu 5 à 7, lorsque nous lisons des termes tels que "vous avez entendu qu’il a été dit aux anciens" et "mais moi je vous dis", nous savons que ce passage ne concerne pas la loi de l’Ancien Testament. Les chrétiens ne sont pas sous la loi. Toutefois, ils ne sont pas sans loi. Plutôt, ils sont sous la loi de Christ.

(2) Dans Matthieu 5 à 7, les expressions telles que "Père qui est aux cieux" et "frère" figurent souvent. Cela nous montre que ce passage ne se réfère pas à l’Ancien Testament. Il est plutôt en relation avec un groupe de personnes qui possèdent la vie de Dieu.

(3) Nous pouvons trouver beaucoup d’enseignements dans les épitres qui sont semblables à ceux de Matthieu 5 à 7. Par exemple, Romains 12 contient un certain nombre d’enseignements qui se rapprochent de ceux contenus dans ce passage.

(4) Si Matthieu 5 à 7 contient la loi du royaume messianique, comment peut-il y avoir "l’injuste", le "méchant", le "voleur", et "l’adultère" dans ce royaume ?

Les versets 3 à 9 nous parlent de neuf bénédictions :

Verset 3 : "Bienheureux sont les pauvres en esprit : car le royaume des cieux est à eux." Pour que quelqu’un soit pauvre en esprit, il doit être sans richesses. "Le royaume des cieux est à eux" - cela ne nous permet pas de définir le royaume des cieux, toutefois, nous pouvons dire qu’il s’agit d’une récompense, et même plus qu’une récompense.

Verset 4 : "Bienheureux sont ceux qui pleurent : car ils seront consolés." "Pleurent" nous indique que Dieu veut que nous soyons pessimistes à l’égard du monde, et que nous réagissions de façon négative vis à vis de celui-ci, car le monde ne s’améliorera jamais (Luc 17:26-29).

Verset 5 : "Bienheureux sont les débonnaires, car ils hériteront la terre." être débonnaire, c’est ne jamais résister et endurer toutes choses. De telles personnes perdront les choses du monde aujourd’hui, c’est pourquoi ils hériteront la terre dans l’avenir.

Verset 6 : "Bienheureux sont ceux qui sont affamés et altérés de la justice : car ils seront rassasiés." "La justice" se réfère en particulier à notre propre justice dans notre comportement. Par exemple, profiter des autres, c’est user d’injustice. Il n’est pas dit "Bienheureux les justes", car il est très difficile d’être juste. Au lieu de cela il est dit "qui sont affamés et altérés de la justice." Il s’agit de chercher la justice tel une personne qui a faim et soif. Une telle personne sera rassasiée.

Verset 7 : "Bienheureux sont les miséricordieux : car miséricorde leur est faite." Le verset précédent nous parle de justice. être juste, c’est donner aux autres ce qu’ils méritent. Ce verset nous parle d’être miséricordieux. Être miséricordieux signifie donner aux autres ce qu’ils ne méritent pas. Aujourd’hui sur cette terre, les chrétiens ne doivent pas chercher à occuper une position avantageuse. Le moment où nous obtiendrons la miséricorde sera au trône du jugement. Le Seigneur nous traitera de la même façon que nous avons traité les autres (Jacques 2:13). Nos prières de miséricorde atteindront le trône du jugement (2 Tim. 1:16, 18).

Verset 8 : "Bienheureux sont ceux qui sont nets de coeur : car ils verront Dieu." Les neuf bénédictions dont il est question ici sont, bien entendu, pour le temps présent, mais elles sont encore plus pour l’âge à venir. être "net de coeur" c’est être résolu dans son objectif, pour la volonté et la gloire de Dieu, chercher uniquement le gain de Dieu (1 Cor. 10:31), être entièrement pour Dieu. Quand une personne fait de Dieu son seul objectif, elle finit par obtenir Dieu. Si elle fixe ses yeux sur une seule chose, alors elle ne verra qu’une seule chose. Quand elle fixe ses yeux sur Dieu, elle voit Dieu. Apocalyse 20:6 nous dit que les disciples vainqueurs seront des rois et des sacrificateurs de Dieu le Père. Les sacrificateurs sont ceux qui voient Dieu, mais certains manqueront la bénédiction de voir Dieu. Ne pas exercer son don est également une raison pour ne pas pouvoir voir Dieu.

Verset 9 : "Bienheureux sont ceux qui procurent la paix : car ils seront appelés enfants de Dieu." Ceci concerne le temps présent. C’est Dieu qui fait la paix aujourd’hui, notre travail est simplement de précher cette paix. Tout chrétien est un enfant de Dieu (Jean 1:12). L’expression "fils et filles" est utilisé uniquement dans 2 Corinthiens 6:18 et se réfère à chaque individu. En Christ, qu’ils soient homme ou femme, tous sont des fils ; il n’y a pas de filles. Par exemple, nous appellons une personne "frère dans le Seigneur" parce qu’il est en Christ, non pas parce qu’il est un homme. Les "fils" sont des enfants qui sont venus à maturité.

Selon la coutume grecque, toute progéniture s’appelle "enfants." Lorsque les enfants grandissent, le père en choisit un parmi eux pour être l’héritier.

Verset 10 : "Bienheureux sont ceux qui sont persécutés pour la justice : car le royaume des cieux est à eux." "Pour la justice" signifie pour ce qui est juste et droit. "Ceux qui sont persécutés", selon la langue d’origine peut être traduit au temps passé : "Ceux qui ont été persécutés." Cela comprend peut-être également les personnes de l’Ancien Testament qui avaient une conduite droite. La souffrance de la persécution dont il est question dans ce verset est différente de celle du verset 5:11. Ici, beaucoup de chrétiens sont persécutés pour la justice, c’est à dire pour ce qui est juste et droit. Dans le verset 5:11 par contre, les chrétiens sont persécutés directement pour Christ.

"Entrer dans le royaume des cieux", "dans le royaume des cieux", et "le royaume des cieux est à eux" — ces trois expressions doivent porter un sens différent, sinon ils ne sont pas cohérents entre eux.

Versets 11-12 : "Vous serez bienheureux quand on vous aura injuriés et persécutés, et quand, à cause de moi, on aura dit faussement contre vous toute sorte de mal. Réjouissez-vous, et tressaillez de joie, parce que votre récompense est grande dans les cieux : car on a ainsi persécuté les prophètes qui ont été avant vous." Les gens persécutent les chrétiens de trois façons différentes : (1) par les reproches — directement en face ; (2) par la persécution — méthode, environnement ; et (3) en disant toute sorte de mauvaises choses — en répandant des rumeurs derrière leur dos. Parce que la neuvième bénédiction concerne une récompense, nous savons que les huit bénédictions précédentes sont également des récompenses. On appelle cela le parallèlisme biblique. Puisque la première partie de chaque bénédiction parle de notre conduite, alors la seconde partie du verset concerne la récompense. Dans le verset douze, puisque c’est le Seigneur qui a dit que la récompense est grande, elle ne peut être petite. Quel réconfort !

Versets 13-16 : Cette partie couvre deux sujets : (1) les chrétiens sont le sel de la terre ; et (2) les chrétiens sont la lumière du monde. Le sel est quelque chose d’intérieur, qui se rapporte à nous-même ; cela se réfère à notre nature. La lumière est quelque chose d’extérieur et se rapporte aux autres ; cela se réfère à notre comportement. Ici le Seigneur ne dit pas "Vous êtes le sel", mais "Vous êtes le sel de la terre." Bien qu’il y ait beaucoup d’ordures sur la terre, la présence du sel désinfectant empêche que la terre soit entièrement corrompue. De la même façon, le sel qui est dans l’eau de mer purifie la saleté qu’elle contient. S’il n’y avait pas de sel, la terre pourrirait et puerait. Seuls les chrétiens peuvent influencer la terre (2 Cor. 6:14-17).

"Le sel perd sa saveur" ne signifie pas que les chrétiens soient tombés dans l’apostasie. Cela signifie simplement qu’ils ont perdu la saveur qui les différencie des gens du monde. Ils s’habillent de la même façon que le font les gens du monde, et ils mangent de la même façon qu’eux aussi. Lorsqu’il n’y a plus de différence entre eux et le monde, cela signifie qu’ils ont, comme le sel, perdu leur saveur. Pour cela ils n’ont pas besoin de commettre de sérieux péchés pour perdre leur saveur. "Il ne vaut plus rien" — cela est aux yeux de Dieu. "Etre jeté dehors" c’est être placé dans la tribulation, car les termes "dehors" et "foulé" sont tous les deux des termes utilisés en rapport avec la tribulation. Cela peut se rapporter aussi bien au présent qu’à l’avenir.

Qu’en est-il de la lumière du monde ? (1) Elle est comme une ville située sur une montagne qui ne peut être cachée. Les chrétiens ne doivent pas chercher la renommée parmi les autres chrétiens, mais ils doivent se manifester parmi les non-croyants pour permettre au monde de savoir qu’ils sont chrétiens. (2) Elle est comme une lampe sur un chandelier. Le point précédent nous dit que la lumière ne peut être cachée, et ce point nous dit que la lumière ne doit pas être cachée. "Ville" se rapporte à ceux de l’extérieur, alors que "lampe" se rapporte à ceux qui sont dans la maison. Dieu a une utilisation toute spéciale pour notre lumière. Si nous cachons la lumière, Dieu ne peut être glorifié au travers de nous. La lumière peut être renfermée, mais les ténèbres ne peuvent être renfermés. Les ténébres constituent la nature du monde, mais la lumière vient comme un élément supplémentaire. Lorsque la lumière vient, les ténébres s’enfuient. C’est le Père, et non les hommes qui sera glorifié. Le terme "Père" signifie que les personnes en question sont régénérées.

Versets 17-20 : Cette partie parle de l’importance de la loi. (1) les versets 17-18 nous disent que le Seigneur n’est pas venu pour abolir la loi ; (2) le verset 19 se réfère aux personnes de l’Ancien Testament ; et (3) le verset 20 se réfère aux personnes du Nouveau Testament. Le verset 17 constitue la base sur laquelle les Adventistes s’appuie pour garder la loi ; mais garder la loi de cette façon c’est comme commettre un suicide. "Accomplir" (v. 17) signifie remplir ce qui manque à la loi ; cela ne se rapporte pas à ce qu’Il allait accomplir sur la croix. Le verset 19 se rapporte à l’annulation de la loi de manière générale, c’est à dire, par "quiconque." Le verset 20 se rapporte à l’accomplissement de la loi ; il se réfère à un autre groupe de personnes, non pas les gens d’une manière générale, mais les disciples en particulier. La plus grande justice des scribes et des pharisiens ne peut accomplir plus que ce qui est décrit dans la seconde partie du verset 19. Mais même si nous parvenons à atteindre la justice des scribes et des pharisiens, nous ne pouvons toujours pas entrer dans le royaume des cieux. Autrement dit, à moins que notre justice surpasse celle qui est décrite dans le verset 19, nous ne pouvons toujours pas entrer dans le royaume des cieux. Quelle est la chose que le Seigneur souhaite accomplir ? Ce sont les paroles prononcées dans Matthieu 5 à 7. Cela vient compléter ce qui était imparfait dans la loi ; il ne s’agit pas de rajouter des élements à la loi.

Les exigences de la loi sont de trois ordres. Tout d’abord, elle demande d’être gardée. Les hommes doivent garder chaque élement de la loi, du premier au dernier. Seul Christ garde la loi de manière aussi complète. Deuxièmement, elle demande la punition. Si une personne est punie, la loi est de même accomplie. Par exemple, si une personne verse le sang d’un autre, son sang doit aussi être versé. Dans Matthieu, ces deux aspects sont mentionnés. Troisièmement, elle demande l’enseignement. Parce que la loi n’est pas parfaite, elle nécessite soit d’être changée, ou alors d’être accomplie. Il est toujours question ici de l’accomplissement de 5:17.

La première exigence vient en premier lieu, puis il y a la deuxième exigence, car la première exigence donne à Christ la possibilité d’être puni à notre place. La troisième exigence vient après la deuxième. Puisque l’ancienne alliance est terminée, les exigences de garder la loi, et d’être puni sont tous deux terminées. La troisième exigence est celle que nous devons respecter.

"Accomplir" dans le verset 17 est différent de "soient faites" dans le verset 18. Le verset 17 signifie compléter, et le verset 18 signifie la mise en pratique. Le verset 17 signifie compléter parce qu’elle mentionne aussi bien la loi que les prophètes. Le verset 18 parle uniquement de la loi et ne mentionne pas les prophètes. Ce qui concerne la loi ne s’étend que jusqu’à la fin du royaume millénaire, mais ce qui concernent les prophètes, tels qu’Esaie, s’étend jusque dans les nouveaux cieux et la nouvelle terre. La loi ne parle jamais d’éternité. Dans le verset 18, "jusqu’à" signifie jusqu’à ce moment.

Versets 21-26 : Cette partie concerne la reconciliation entre frères. Le verset 21 correspond au verset 17, et le verset 22 correspond au verset 19. Ils prouvent, tous les deux, que l’explication ci-dessus est correcte. Le jugement dans le verset 22 est le même que le jugement dans le verset 21. Même si le jugement dans le verset n’était pas le jugement par le conseil juif, on sait que c’était le jugement préliminaire car à l’époque, le jugement initial se tenait aux portes de la ville. Le jugement rendu par le Sanhédrin était une étape supplémentaire. La prochaine étape aurait été devant Dieu. Bien que cette partie en est un mot donné aux chrétiens, au moment où le Seigneur parlait, les gens devant lui étaient des juifs. Il est donc naturel que le Seigneur fasse référence au cadre de vie que les juifs connaissaient lorsqu’Il leur parlait.

Être "en colère", vient de l’intérieur. On lit dans l’Evangile de Marc que le Seigneur s’est mis en colère à un moment (Marc 3:5). La Bible ne dit pas que toute colère sera jugée, mais elle dit qu’il existe une colère qui offense Dieu et les frères. C’est pourquoi Ephésiens 4:26 nous dit "Si vous vous mettez en colère, ne péchez point. Que le soleil ne se couche point sur votre colère." Cela signifie qu’il ne faut pas se mettre en colère jusqu’au point de pécher, et de ne pas se laisser diriger par le péché. La colère devrait être limitée dans le temps. Nous devons contrôler notre colère. Comment se fait-il qu’être en colère avec son frère équivaut à le tuer ? C’est tout simplement parce que bien souvent ce n’est que notre position, notre corps physique, notre environnement et notre éducation éthique qui nous empêchent d’accomplir l’acte. Toutefois, en réalité, le désir de tuer est bel et bien présent en nous.

Puisqu’il est question de jugement ici, nous pouvons voir que c’est un fait que les chrétiens seront jugés. C’est pourquoi nous ne devons pas croire l’enseignement de certaines personnes qui dit que les chrétiens ne seront pas jugés. "Frère" est mentionné ici, et l’exigence est très élevée. C’est pourquoi ce n’est pas une parole parlée à ceux qui sont en dehors de l’église. Les Présbytériens, les Episcopaliens, et les Frères suivent tous le calvinisme, qui enseigne que le salut est prédestiné et que par conséquent, tous ceux qui sont sauvés ne peuvent périr. Les Méthodistes et certains Pentecôtistes suivent l’arménienisme qui enseigne que l’homme possède un libre arbitre et que les chrétiens peuvent donc périr puisque beaucoup de chrétiens sont déjà tombés, comme l’on s’en aperçoit en lisant la Bible. Le calvinisme possède une meilleure fondation biblique dans le sens qu’elle exalte Dieu, mais l’arménienisme est aussi quelque peu raisonnable. C’est pourquoi, à mon avis, nous ne devons pas renverser un enseignement qui est basé sur certains versets bibliques par un autre enseignement même s’il présente beaucoup de versets à l’appui. Nous devons mettre tous les versets ensemble, et permettre à la Bible de trancher sur la vérité.

Le Seigneur nous parle de la vie éternelle, et de ne pas périr pour toujours, qui sont des choses en rapport avec l’éternité. Avant la création du monde, et après le livre de l’Apocalypse — voilà les choses qui constituent l’éternité. Seule la période entre les deux, une période temporaire, s’appelle le temps, c’est à dire entre le moment où la terre a été créee et le livre de l’Apocalypse. Pendant cette période, certains chrétiens seront peut-être punis (2 Cor. 5:10), et certains pourront recevoir la rétribution. De quoi pourrait-il s’agir, sinon du châtiment ? Luc 12:47 et 48 mentionne le fait de recevoir des coups. Il s’agit d’un évènement qui se déroule avant le jugement. Il est possible pour les chrétiens de non seulement perdre leur récompense, mais également de recevoir des coups. Un Corinthiens 3:15 mentionne que certains "éprouveront une perte." Certains disent que même s’il est question d’éprouver une perte, du moment que l’on ne ressent pas la perte, celle-ci ne peut être considérée comme une perte. Jean 15:6 nous dit que "si quelqu’un ne demeure pas en moi", ce qui nous montre que cette personne était auparavant en Lui ; puis il est dit "jetez le dehors", ce qui montre qu’il y a sans aucun doute une punition. Apocalypse 2:11 dit, "Celui qui vaincra, sera mis à couvert de la seconde mort." Autrement dit, celui qui ne vainc pas passera par la seconde mort. Selon Apocalypse 20:6, seuls ceux qui vainquent reigneront avec Christ. Si un chrétien commet le péché, Dieu le fera passer par le feu au moment du règne millénaire.

Jean 10:28 dit, "Elles ne périront jamais." Ceci veut dire que ces croyants qui pèchent sans se repentir souffriront pour un temps les mêmes choses que devront subir les non-croyants. Ils seront relachés lorsque les criminels officiels arriveront. Le purgatoire catholique commence à la mort d’une personne. D’autre part, ils ont la doctrine de la soi-disant libération de l’âme. On ne doit pas faire référence à cette hérésie pour opposer le fait que les chrétiens seront punis. Nous ne pouvons utiliser que la Bible pour prouver que le jugement se fait au tribunal de Christ. Le péché chez les Gentils c’est le péché ; le péché chez les chrétiens, c’est également le péché.

Monsieur Govett traduit Raca par "inutile" ; d’autres le traduisent par "stupide" ou "bon-à-rien." Il y en a qui disent que le mot Moreh est Syriac et qu’une meilleure traduction serait "rebelle." Selon le contexte, nous pouvons voir qu’il est plus grave d’appeler son frère "Raca" que de se mettre en colère avec son frère. Lorsqu’on se met en colère, cela reste à l’intérieur, mais quand on appelle les autres "Raca", cela met en jeu l’utilisation de sa bouche. La punition pour celui qui appelle son frère "Moreh" est qu’il sera passible de la géhenne du feu. Nous pouvons donc voir que le sens de Moreh est plus fort que celui de Raca. Raca signifie "stupide" alors que Moreh signifie, comme l’a dit Monsieur Govett, "rebelle." La géhenne du feu est mentionnée ici. Cela indique que les chrétiens ne peuvent échapper au jugement. Si cela se référait aux incroyants, iraient-ils vraiment en enfer pour avoir réprimandé quelqu’un ?

Verset 23 : "Si donc tu apportes ton offrande à l’autel, et que là il te souviens que ton frère a quelque chose contre toi..." "Donc" signifie "pour cette raison." Il n’est pas dit ici "apportes ton sacrifice" mais "apportes ton offrande." Lorsqu’on apporte un sacrifice, il est question de pechés, mais une offrande s’apporte lorsqu’on veut donner quelque chose à Dieu et n’a rien à voir avec le péché. "A quelque choses contre toi" indique que tu n’as pas agi comme il fallait.

Verset 24 : "Laisse là ton offrande devant l’autel et va te reconcilier premièrement avec ton frère ; puis viens, et offre ton offrande." L’exigence ici est bien plus elevée que dans l’Ancien Testament. Il faut non seulement que l’offrande et que la personne soient en règle, mais il faut en plus que la condition spirituelle soit correcte. Lorsque le Seigneur a prononcé ces paroles, la loi cérémoniale n’avait pas encore été abolie. "Offres ton offrande" et "l’autel" constituaient le contexte de l’époque.

Verset 25 : "Partie adverse" en grec signifie "plaignant." "Adversaire" implique l’inimitié. "En chemin" signifie que tu n’es pas encore arrivé au bout du chemin, et que tu n’es pas encore arrivé devant le juge. C’est pourquoi tu dois t’accorder rapidement avec ton adversaire pour les trois raisons suivantes : (1) Il se peut qu’il meure — s’il meurt, tu ne pourras plus te reconcilier avec lui ; (2) Il se peut que tu meures — lorsque tu meurs, il ne te sera plus possible non plus de te reconcilier ; et (3) Le Seigneur peut revenir — une fois que le Seigneur est revenu, il sera trop tard pour se reconcilier. Si tu maltraites quelqu’un et que tu ne traites pas convenablement l’affaire, ses simples soupirs peuvent empêcher tes prières d’arriver jusqu’au Seigneur. La voix d’Abel troublait Caïn.

"Le juge" ici se réfère au Seigneur ; "l’officier" à l’ange. La "prison" est un endroit où il n’y pas de lumière ni de liberté. Une personne qui est placée en prison ne peut vivre des jours glorieux. Il ne peut pas être comme ceux qui suivent l’Agneau partout où il va. Toutefois, puisqu’il s’agit de la prison, cela ne dure pas éternellement. Nous voyons à cela qu’il y a encore la possibilité que les chrétiens se retrouvent dans la géhenne de feu à l’avenir.

Verset 26 : "Tu ne sortiras point de là, jusqu’à ce que tu aies payé le dernier quadrain." Puisque la dette doit être payée un jour ou l’autre, pourquoi ne pas payer tout de suite ? Ici, "sortir" se produira dans l’âge à venir, c’est à dire dans le royaume millénaire. Cela se réfère au pardon dans l’âge à venir.

Versets 27-32 : Cette section concerne l’adultère. Dans le verset 28 le mot "regarde" indique que l’action est intentionnelle ; "une femme" se réfère à la femme d’un autre. Ce qui est condamné par Christ n’est pas toute pensée soudaine qui est mise en nous par Satan, ou qui se dresse dans notre esprit soudainement. C’est plutôt qu’après avoir vu, nous regardions intentionnellement. Toute action qui ne provient pas de notre volonté n’est pas un péché. Cependant, l’action de notre volonté après avoir succombé à la tentation constitue un péché.

Ici le Seigneur nous enseigne que nous devons garder notre coeur. Autrement, nous commettrions certainement l’adultère si notre éthique, notre environnement ou notre position ne nous l’empêchaient pas. Il est écrit dans les Proverbes, "L’homme qui ne peut pas retenir son esprit, est comme une ville où il y a brèche, et qui est sans murailles" (25:28). Une ville sans murailles est une ville où l’ennemi peut entrer et sortir librement.

Verset 29 : Même s’ils s’arrachent les yeux, les non-croyants doivent tout de même aller en enfer. Ce mot ne s’adresse donc pas aux non-croyants mais au chrétiens.

Verset 30 : Ni l’idée de couper la main dans ce verset, ni d’arracher l’oeil dans le verset précédent ne sont à prendre littéralement. Il est plutôt question ici de couper les opportunités de pécher (Pierre a une fois coupé l’oreille d’un autre, mais on ne lui a pas pour autant coupé la main). Cela indique que nous devons payer n’importe quel prix pour se détacher des opportunités de pécher.

Verset 31-32 : Ici le Seigneur présente le divorce sous une lumière tout à fait nouvelle. Le Seigneur reconnaît que le mari et la femme sont un seul corps. Avant que ce corps unique soit endommagé, rien ne peut le diviser. L’adultère détruit l’unité. Le certificat du divorce est simplement une constatation que l’unité a été rompue. Si l’unité n’a pas été rompue par l’adultère, elle existe encore devant Dieu. Si la femme se marie avec quelqu’un d’autre, c’est que le mari l’oblige à détruire l’unité. Il rend aussi coupable de rompre l’unité l’homme avec qui elle se marie. De plus si l’homme lui-même se marie avec une autre femme, il est coupable d’avoir rompu l’unité.

Verset 33-37 : Cette section concerne le fait de ne pas jurer. Jacques 5:12 nous dit, "Or, sur toutes choses, mes frères, ne jurez ni par le ciel, ni par la terre, ni par quelque autre serment." Personne n’a le droit de jurer. Pourquoi Jacques place-t-il autant d’importance sur le fait de ne pas jurer ? C’est parce que dans tout le livre de Jacques il est question de la parole.

Les hommes aiment toujours utiliser différents moyens pour prouver l’honnêteté de ce qu’ils disent. Ne pas jurer signifie que la parole des chrétiens doit être simple. Il ne doit faire aucun effort pour prouver sa parole pour persuader les autres de sa crédibilité. Jurer est l’une des choses que l’on comprend par "ce qui est de plus" que oui ou non.

Verset 38-42 : Cette section concerne ne pas résister au méchant. Aujourd’hui est l’âge où nous devons user de patience. Il existe trois sortes de persécutions : (1) Concernant le corps physique. Pour qu’un chrétien endure la première frappe n’est pas étonnant. Ce qui est extraordinaire, c’est qu’il soit prêt à accepter la seconde frappe. Le chrétien ne se contente pas de simplement ne pas résister. Il va plus loin, en se livrant joyeusement à être frappé de nouveau. Le mesure de notre puissance n’est pas en ce que nous pouvons faire, mais notre puissance est plutôt mesurée par ce que nous pouvons subir. C’est pourquoi Colossiens 1:11 nous dit, "en toute patience et tranquillité d’esprit." Les nombreux élements qui étaient exigés dans le passage précédent contribuent simplement à la "patience et tranquillité d’esprit." "Présente lui aussi l’autre [joue]" — cela nous indique l’endurance jusqu’au plus haut point, c’est à dire être prêt à être frappé de nouveau. Vous devez permettre à la vie qui est en vous d’être exprimée de façon spontanée. Ce n’est pas à vous d’essayer d’endurer par vous-même. Les termes "joue droite" et "l’autre [joue]" ne signifie pas que nous devons tendre la joue droite et la joue gauche. Simplement cela signifie que nous devons être prêts à être frappés une fois, et d’être frappés à nouveau. Voilà ce que signifie lui présenter "aussi l’autre [joue]." C’est cela la vie de l’Agneau. (2) Concernant nos biens matériels. Le procès dont il est question ici est tout à fait extraordinaire. Ce que le Seigneur veut dire ici est que le procès n’est pas simplement dans le but d’obtenir la tunique, mais que le procès est dans le but d’obtenir TOUT, y compris même la tunique, mais le Seigneur nous dit de donner en plus le manteau. Nous sommes gardés par l’amour de Dieu. En dehors de cela, nul ne peut lever son propre bras pour se défendre. (3) Concernant notre oeuvre. Ici il est dit, "si quelqu’un te veut contraindre d’aller...."Contraindre en grec est un terme technique du registre militaire.

Les bénédictions d’un chrétien proviennent du fait qu’il tend l’autre joue, qu’il donne le manteau, et qu’il parcourt la seconde lieue. C’est ici le principe du second. Très souvent, nous ne pouvons même pas parcourir une lieue. Seuls ceux qui suivent le principe du second pourront être glorifiés avec le Seigneur. Tous ceux qui règneront avec le Seigneur sont ceux qui auront refusé de régner aujourd’hui.

Pour conclure, dans le verset 42, Christ ne nous a pas dit de choisir ceux à qui nous donnons. Christ nous a simplement dit de faire ce qui nous revient. Nous ne pouvons nous occuper que de ce que le Seigneur nous demande. Nous ne pouvons pas nous occuper de ce que le Seigneur demande aux autres.

Verset 43-48 : Cela concerne la motivation de notre amour. Les actions que nous faisons dans les versets précédents découlent de l’amour. Si nous sommes indignants à cause de l’injustice, nous ne pouvons pas prier pour ceux qui nous persécutent. L’amour dont il est question ici ne provient ni notre choix, ni nos sentiments, mais plutôt de notre compassion. (Il existe 4 sortes d’amour : l’amour sentimental, l’amour préférentiel, l’amour respectueux, et l’amour de compassion). Nous ne devons pas fermer notre coeur de compassion.

Verset 44 : "Aimez vos ennemis et bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous courent sus et vous persécutent." Ce n’est qu’en suivant ces choses que nous pouvons devenir enfants du Père Céleste, et exprimer la nature du Père Céleste.

Verset 45 : "Car Il fait lever Son soleil sur les méchants et sur les gens de biens, et Il envoie sa pluie sur les justes et sur les injustes." A cela nous voyons combien Dieu est généreux envers les hommes. Si Dieu était comme nous, personne ne serait sauvé. Seul Dieu peut oublier les mauvaises actions des hommes. L’homme n’a pas le pouvoir d’oublier, car il ne possède pas l’oubliance absolue. "Afin que vous soyez" signifie "pour que vous puissiez être manifestés comme étant."

Verset 46-47 : Sans les actes mentionnés dans les versets précédents, nous ne pouvons pas obtenir la récompense. Si vous saluez plusieurs fois, cela exprime l’attitude de votre coeur.

Verset 48 : "Soyez donc parfaits comme votre Père qui est aux cieux est parfait." "Parfait" signifie être parfait dans l’amour. Nous ne pouvons être parfaits comme Dieu est parfait en nature, puissance, sagesse, gloire et sainteté. Dieu nous demande simplement d’être parfaits dans nos actes d’amour. être parfaits ici ni signifie pas éradiquer le péché, puisque les versets précédents de cette section ne s’occupent pas de la punition, mais des actes d’amour. En parallèle avec cette parole, Luc 6:36 nous dit, "Soyez donc miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux." A cela nous voyons que Luc interprête ici le terme "parfait" en termes de compassion. Ici, le passage ne peut pas signifier que nous devons être parfaits comme Dieu en termes de justice. La Bible nous dit d’être justes envers nous-mêmes mais d’être miséricordieux envers les autres comme l’est Dieu.

La proposition "il a été dit aux anciens" est utilisée dans les versets 21 et 33. Toutefois, elle est changée en "il a été dit" dans le verset 38. Puisque la parole concernant "haïr son ennemi" n’est pas clairement écrite dans l’Ancien Testament, le Seigneur a dit "il a été dit", et non pas "il a été dit aux anciens." Bien que "une dent pour une dent" soit clairement écrit dans l’Ancien Testament, cette parole était adressée au juge et non pas au peuple. D’autre part, à cette époque, les scribes et les pharésiens avaient déjà pris cette parole comme enseignement. C’est pourquoi le Seigneur n’a pas dit "il a été dit aux anciens", mais il citait les scribes. Ainsi, il a dit "il a été dit."

Dans les chapitres un à cinq, nous voyons les principes suivants concernant l’interprétation de la Bible :

Exemple 1 : Si une conjonction est utilisée entre deux mots et si la partie qui figure avant la conjonction est interprétée selon son sens spirituel, alors la partie qui figure après la conjonction doit être interprétée de la même façon. De même, si la première partie est interprétée selon son sens littéral, alors la seconde partie doit l’être de même. L’interprétation doit être cohérente pour les deux parties.

Exemple 2 : Un enseignement soutenu par peu de versets bibliques ne doit pas être sacrifié au profit d’un enseignement soutenu par de nombreux versets bibliques.

Exemple 3 : Tous les mots dans la Bible doivent être interprétés littéralement sauf si l’interprétation littérale est quasiment absurde. Les paraboles, les visions, et les signes ne doivent pas être interprétés littéralement. Toutes les autres choses doivent être interprétées littéralement.

Exemple 4 : Il n’est pas sufissant d’établir une vérité sur la base d’un seul verset. Il doit toujours y avoir "de plus il est écrit."

Exemple 5 : Deux mots ou deux propositions ne doivent pas être interprêtés de la même façon si leurs contextes sont différents.

Exemple 6 : Tous les parallèles sont égaux.

Exemple 7 : En interprétant la Bible, on ne doit pas être limité par le contexte culturel, et en même temps on ne doit pas l’ignorer complètement.

Exemple 8 : Un verset biblique seul ne peut pas couvrir tous les aspects d’une même vérité. Par exemple, personne ne peut déterminer tous les aspects de la loi à l’aide d’un seul verset biblique.

MATTHIEU CHAPITRE SIX

Versets 1-18 : Cette partie, dont le sujet principal est la justice, est divisée en trois sous-parties : (1) l’aumône, (2) la prière, et (3) le jeûne.

Verset 1 : "Prenez garde de ne pas faire votre aumône devant les hommes, pour en être regardés." Ceci est le sujet général. Il ne suffit pas d’agir d’une manière juste, mais en plus, nous devons le faire en secret. Lorsque nous faisons quelque chose, nous devons maîtriser notre coeur. Le passage précédent met l’accent sur l’action d’aimer nos ennemis. Maintenant, ce passage dit que tous nos bons actes doivent être cachés aux yeux de l’homme. Comme cela, nous recevrons une recompense de la part de notre Père qui est dans le secret. En Allemagne, il y avait une fois une grande bataille, et des soldats sont arrivés à un endroit où il y avait des bons croyants luthériens. Les soldats demanderent à un croyant de les mener au meilleur champ de blé afin qu’ils puissent se couper du blé. Peu de temps après, quand ils étaient arrivés dans un champ, le croyant les invita à prendre du blé. Les soldats regardèrent autour d’eux et demandèrent au croyant pourquoi il ne les avait pas mené aux autres champs de part et d’autre. Le croyant repondit que les autres champs ne lui appartenaient pas, et que ce champ-là était le sien. Nous voyons en cela le principe de la seconde lieue.

L’enseignement central dans Matthieu 5 à 7, c’est la récompense.

Versets 2-4 : Ceci concerne l’aumône. "Sonner la trompette" dans le verset 2 est probablement une expression idiomatique. "Que ta main gauche ne sache point ce que fait ta droite." Evidement, ceci ne peut être interprété littéralement. Ce que cela veut dire, c’est que nous devons éviter, tant qu’on peut, de faire l’aumône devant les hommes, même jusqu’au point que notre main gauche ne semble pas savoir ce que fait la main droite. "Rendre" [selon la version Segond] peut aussi être traduit par "récompense" [comme dans la Bible Martin]. Toutes nos bonnes actions devant Dieu devraient être faites devant Dieu (c’est-à-dire, en secret).

Verset 5 : "Quand tu prieras." Le Seigneur ne nous a pas ordonné de faire l’aumône, ni de prier, ni de jeûner, parce que ce sont des choses que tous les croyants doivent faire au minimum. Ce que le Seigneur nous dit ici, c’est comment faire l’aumône, prier, et jeûner afin de plaire à Dieu.

"Hypocrites." Le radical de ce mot dans la langue originale c’est "un comédien, quelqu’un qui joue sur scène." Les hypocrites, ce sont des comédiens. Par exemple, ils ne sont pas très sincères lorsqu’ils prient, même s’ils font semblant d’être très pieux. Dans les "synagogues" il y a beaucoup de personnes très zélées ; au coin des rues, il y a des personnes ordinaires. Les synagogues et les coins des rues sont des scènes où les hypocrites peuvent jouer, puisque les acteurs doivent jouer devant les hommes. Cela signifie qu’ils souhaitent obtenir la louange de la part de ceux de l’intérieur comme ceux de l’extérieur. "Afin d’être vus des hommes." Voilà l’objectif de leur prestation. L’acte naturel de l’homme charnel est d’essayer de cacher ses défauts. Toutefois, la grâce nous demande de cacher nos points forts.

Les jeunes chrétiens aiment à cacher leurs défauts. Toutefois, après avoir de plus profondes expériences, ils sont prêts à partager leurs défauts avec les autres. Plus tard, à cause de la grâce de Dieu, ils seront transformés, et leurs défauts seront éliminés.

Il y a deux moments où l’on peut obtenir la récompense : (1) aujourd’hui, et (2) dans le futur. Il y a deux types de récompenses : (1) la récompense des hommes, et (2) la récompense de Dieu. Nous ne pouvons avoir les deux types de récompenses. Si nous voulons obtenir la récompense des hommes, nous ne pourrons obtenir plus tard la récompense de Dieu. Nous ne pouvons profiter d’une grande renommée dans le monde puis recevoir une position dans le Royaume. Aujourd’hui il existe des personnes zélées qui font l’aumône afin d’obtenir la gloire et la louange des hommes. Ainsi, ils ne pourront recevoir la récompense de Dieu.

C’est pourquoi, nous devons refuser la récompense actuelle. Les gens du monde sont prêts à être zélés et à souffrir afin d’obtenir quelquechose aujourd’hui. Si nous ne faisons pas attention, nous pouvons avoir la même tendance lorsque nous faisons l’aumône et que nous prions. Que pouvons-nous gagner par la louange des hommes. Si nos yeux sont ouverts, nous rechercherons uniquement la gloire devant la face de Dieu et de Ses anges. Toutes les autres choses n’ont aucune importance.

Verset 6 : "Quand tu pries, entre dans ton cabinet, et ayant fermé ta porte". Certains disent que dans la prière, le lieu est important, et que par conséquent il est nécessaire de se construire une pièce pour prier. Paul a dit à Timothée que les hommes doivent "prier en tout lieu" (1 Tim. 2:8). Le "cabinet" se réfère à la chambre à coucher, là où il n’y a pas beaucoup de personnes. Cette pièce est silencieuse pendant la journée quand les gens sont au travail ; elle est aussi silencieuse pendant la nuit pendant que les gens dorment. Cela signifie que nous devons prier dans un lieu où il y a peu de personnes. Pendant que le Seigneur était sur la terre, Il n’avait pas de lieu pour reposer Sa tête, c’est pourquoi il utilisait souvent le désert et les montagnes comme sa chambre privée (Matt. 8:20 ; Marc 1:35 ; Luc 5:16 ; Marc 6:46 ; Luc 6:12 ; 9:28). David a dit, "Je suis sembable au passereau qui est seul" (Psa 102:7).

"Ton père, qui te voit dans le lieu secret, te récompensera publiquement". C’est dans la nature humaine d’attirer l’attention des gens sur ses points forts, mais Dieu voit dans le secret ; quant à Lui, Il n’oublie même pas un verre d’eau (Matt. 10:42). Les points forts dont nous nous souvenons aujourd’hui ne seront peut-être même pas comptés dans le futur. Le mot "récompense" ne se réfère pas à ce que l’on appelle communément la "réponse aux prières", mais celui-ci se réfère à la récompense dans l’âge à venir. Dieu ne peut répondre à des prières qui ne sont pas selon Sa volonté, et qui par conséquent ne méritent aucune réponse. Toutefois, Dieu considère toutes nos prières dans le secret comme de bonnes oeuvres, et Il nous en récompensera donc dans le futur.

Verset 7 : "Or, quand vous priez, n’usez point de vaines redites, comme le font les païens." Cela signifie que nous ne devons pas utiliser beaucoup de mots qui n’ont pas de sens pour rallonger nos prières. Cela ne signifie pas que nous ne devons jamais utiliser les mêmes mots dans nos prières. Le Seigneur a prié trois fois en utilisant les mêmes paroles (Marc 14:36, 39, et 41). Nous savons donc que lorsque nous avons un réel fardeau dans notre esprit, nous prions souvent de nombreuses fois en utilisant les mêmes mots. La prière de ceux qui savent le mieux prier est originale plutôt que naturelle. Il y a une très mauvaise tendance parmi les croyants aujourd’hui. Nous pensons que nos prières ne peuvent pas être efficaces si elles ne sont pas longues. C’est pourquoi nous rendons nos prières très longues pour qu’elles puissent être entendues par Dieu. Toutefois, la grande majorité des prières citées dans la Bible sont courtes, par exemple "Seigneur, sauve moi !" (Matt. 14:30). Ainsi, nous pouvons voir que les prières courtes sont très importantes. Lorsque nous sommes à un point critique pendant que nous préchons à des pécheurs, ou lorsque nous avons un besoin urgent, les prières courtes sont les plus efficaces.

"Car ils s’imaginent être exaucés en parlant beaucoup." C’est sans doute ce que pensent les croyants d’aujourd’hui. Lorsque nous avons le temps, nous pouvons nous permettre de prier longtemps en privé. Toutefois, nous ne devons pas penser que c’est dans la multitude de nos paroles que nous serons entendus par Dieu.

Verset 8 : "Car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez". Certains disent que, puisque Dieu connaît nos besoins même avant que nous les exprimions, alors nous n’avons pas besoin de prier. Ils disent aussi qu’il vaut mieux ne pas prier que de faire des prières courtes. Cependant, ce verset ne veut pas dire que nous ne devons pas prier. Il veut plutôt dire que nous ne devons pas venir à Dieu dans le simple but de lui dresser un état des lieux. Bien que Dieu connaisse nos besoins, Il attend que nous Le priions concernant ces choses. Toutefois, Il ne souhaite pas que nous fassions simplement un état des lieux. Par exemple "Seigneur... nous périssons !" (Matt. 8:25) est un état des lieux, mais "Seigneur sauve-nous" est une prière. Il n’est pas bon d’informer Dieu, mais il est bon de demander des choses à Dieu. Ce verset est pour décourager les prières qui ressemblent à des bulletins d’information.

Verset 9 : "Vous donc, priez ainsi". Cela ne signifie pas que la prière qui suit doit être utilisée comme une formule. Au contraire, les disciples doivent la prendre comme un exemple de prière afin d’apprendre à prier de la même manière.

Versets 9-13 : De tout le temps que le Seigneur était sur la terre, c’est ici le seul moment où il nous apprend à prier. A l’autre occasion (Luc 11:1), ce sont les disciples qui ont demandé au Seigneur de leur apprendre à prier. Même si les mots sont semblables à ceux qu’on trouve ici, il s’agit de deux occasions bien distinctes. En lisant la prière ici, nous pouvons en tirer un indice. Bien que le Seigneur nous ait appris à prier à l’aide de quelques phrases, nous pouvons en déduire ce que le Seigneur veut que nous priions pendant ces quelques milliers d’années. Tout le désir de Dieu, et tout ce qu’Il souhaite rapidement accomplir est exprimé dans cette prière. Cette prière nous montre la volonté éternelle de Dieu et le désir de Dieu en ce qui concerne l’homme.

Cette prière comprend le mot "ton" trois fois et le mot "nous" quatre fois.

"Ton nom soit sanctifié ; ton règne vienne ; ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel." Le nom de Dieu n’est pas sanctifié par les gens sur la terre. De plus l’autorité de Dieu n’est pas non plus exercée sur la terre, et Sa volonté n’est pas accomplie sur la terre. L’objectif de Dieu est que Sa volonté soit faite sur la terre, tout comme elle l’est au ciel. (Cette phrase est une grande clé permettant de comprendre ce passage). A cela nous voyons qu’au ciel, le nom de Dieu est sanctifié, et que Sa volonté est faite. Toutefois, sur la terre, d’autres noms sont sanctifiés, il existe aussi le royaume des ténèbres et une volonté opposée. Satan est le dirigeant de ce monde et le dieu de ce temps, et tout le monde demeure dans sa main (Jean 12:31 ; 2 Cor. 4:4 ; 1 Jean 5:19).

Nous devons précher l’évangile pour délivrer les gens de la main du malin afin qu’ils puissent sanctifier le nom de Dieu et se soumettre à l’autorité de Dieu, afin que le royaume de Dieu puisse venir sur cette terre sur laquelle nous nous tenons. Les chrétiens d’aujourd’hui ont une grande responsabilité : celle de faire venir le royaume sur la terre par le moyen de la prière. Pourquoi Satan est-il encore dans le monde aujourd’hui ? C’est parce que ceux qui appartiennent à Christ n’ont pas encore expérimenté la victoire de Christ. Au moins une des raisons pour laquelle Dieu a créé l’homme est que Dieu ne souhaite pas rejeter un être créé — Satan — directement en tant que Créateur. Le fait que Dieu ait commandé en ce jour à Adam de garder le jardin prouve qu’il y avait un ennemi. L’autorité que Dieu a donné à Adam est la même qu’Il avait donné au préalable à Satan, qui était à l’origine l’archange.

Le serpent a reçu la malédiction de manger la poussière, qui est la substance dont l’homme a été créé. Cela signifie que l’homme est tombé et s’est soumis à l’autorité de Satan. L’intention originelle de Dieu était que l’homme coopère avec Lui. Puisque le premier homme Adam a échoué, Dieu a suscité le second homme, Christ, pour vaincre Satan. Au travers de Sa mort, le Seigneur a racheté l’homme du péché, et Il a accompli la volonté de Dieu. Le Seigneur a uni tous les croyants à Lui-même afin qu’ils puissent tous exalter Dieu, faire la volonté de Dieu, et détruire le royaume de Satan. Ce groupe de personnes, corporativement, forme le second homme Adam, afin d’accomplir la volonté de Dieu sur la terre comme elle est faite au ciel.

Monsieur Evan Roberts a dit que la roue de la prière est ainsi : (1) Dieu initie, (2) l’homme prie, et (3) Dieu accomplit. Ezekiel 36 nous montre un grand principe. Dieu a tout d’abord dit qu’Il donnerait à Israël un coeur nouveau, cependant Il souhaite qu’ils Lui demandent, puis Il accomplira la chose.

Verset 9 : "Notre" inclut tous les chrétiens. Seuls les chrétiens peuvent appeler Dieu leur "Père qui est aux cieux". Les gens du monde ne peuvent s’adresser à Dieu de cette manière. "Ton nom soit sanctifié" - c’est cela que Dieu a toujours demandé durant des milliers d’années.

Verset 10 : "Ton règne vienne". D’une certaine manière nous pouvons dire que le royaume de Dieu est déjà parmi nous. D’une autre façon, nous pouvons aussi dire qu’il n’est pas encore arrivé, et qu’il attend que les croyants prient pour son avènement.

Verset 11-13 : Ce sont ici les choses que nous demandons, où le pronom "nous" est utilisé quatre fois. Verset 11 : Ici nous demandons à Dieu notre pain quotidien. Puisque les chrétiens n’ont pas d’épargnes sur la terre, ils ont besoin de demander leur pain quotidien.

Verset 14 : "Car si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi les vôtres." Certains disent que ce passage s’adresse aux juifs et signifie quelque chose de différent de ce dont il est question dans Ephésiens 4:32. Cela est incorrect. Les raisons sont les suivantes : (1) Si ce passage s’adresse aux juifs, comment Dieu pourrait-Il avoir le titre de Père céleste. Adam était appelé le fils de Dieu seulement parce qu’il a été créé par Dieu ; (2) Puisque des mots tels que "offenses" et "Père céleste" sont utilisés, nous savons qu’une relation Père / fils existe encore avec Dieu lorsque nous commettons des offenses. Il s’agit donc d’offenses qui sont commises après avoir été sauvé. Les péchés des juifs ne sont pas pardonnés simplement parce qu’ils ont pardonné à d’autres. Ils ont encore besoin de la fontaine qui purifie des péchés dans un âge futur (Zach. 13:1). Le pardon dont il est question ici n’est pas le pardon initial des péchés ; c’est plutôt le pardon de nos faiblesses et de nos offenses quotidiennes après que nous avons cru. A cet égard, nous avons besoin de pardonner aux autres afin de pouvoir obtenir le pardon de Dieu. Si un croyant ne pardonne pas aux autres, il oublie que Dieu lui a accordé le pardon. Dieu ne peut pas permettre à deux croyants qui sont en désaccord de rentrer dans Son royaume. Au moins un, sinon les deux, ne pourront y entrer.

Le verset 13 nous dit que puisque nous voulons promouvoir le royaume de Dieu et que nous voulons sincèrement garder les préceptes du sermon sur la montagne, nous devons prier Dieu pour qu’Il nous délivre de la main du malin. "Car à toi est le règne, et la puissance et la gloire à jamais." Le mot "car" indique que cette phrase est en rapport avec la phrase précédente et nous révèle quelque chose de très précieux. Nous prions ceci et cela car le royaume, la puissance et la gloire appartiennent tous à Dieu et non pas à Satan. "Royaume" est la sphère dans laquelle Dieu règne, "puissance" est l’opération de Dieu, et "gloire" est la plénitude de Dieu qui émane de Dieu Lui-même.

Versets 16-18 : Cette section concerne le jeûne. (1) Le jeûne est une expression d’humiliation devant Dieu ; (2) le jeûne est une expression d’auto-soufflètement devant Dieu ; (3) le jeûne est une indication que l’on recherche la grâce de Dieu. C’est pourquoi le jeûne ne doit pas être aboli. Toutefois, nous devons faire de notre mieux pour que les gens ne sachent pas que nous sommes en train de jeûner. C’est ici une question de notre but, de notre motif, et notre intention.

Versets 19-34 : Cette section concerne les trésors. Par trésors on entend non seulement l’argent, mais aussi les vêtements, la nourriture, et les choses qui nous sont précieuses.

Verset 19 : "Ne vous amassez point des trésors sur la terre, où les vers et la rouille consumment, et où les larrons perçent et dérobent." Le mot grec traduit par rouille signifie "manger", et c’est le même mot qui est utilisé dans Romains 14:17. C’est pourquoi rouille peut être traduit littéralement par "manger", ce qui signifie "consommé" ou "achevé". La consommation par les vers ici se réfère aux vêtements. La consommation par la rouille ou par le "manger" se réfère à la nourriture, et le dérobement des larrons se réfère à l’argent. Le commandement du Seigneur est "Ne vous amassez point des trésors sur la terre". Toutefois, cela ne signifie pas que nous devons utiliser chaque jour tout notre argent, ni manger chaque jour toute notre nourriture. "Amasser" signifie que nous avons l’intention d’avoir quelque chose sur lequel on puisse compter.

Verset 20 : "Mais amassez-vous des trésors dans le ciel." Tout ce qui peut être consommé par le ver, la rouille, ou qui peut être volé par les voleurs est désagréable à Dieu. Dieu condamme les trésors vains. Nous ne devons pas gaspiller, et en même temps nous devons pas amasser des trésors sur la terre. Amasser des trésors dans le ciel, c’est donner aux croyants qui sont pauvres. Cela est très clair dans Luc. Si nous amassons des trésors dans le ciel, alors lorsque nous avons besoin, nous pouvons simplement aller vers Dieu pour effectuer un retrait au lieu d’avoir à mendier. Amasser des trésors de cette façon c’est simplement un changement de banque. On passe d’une banque terrestre à une banque céleste.

Verset 21 : "Car où est votre trésor, là sera aussi votre coeur." Lorsque nous déplaçons nos trésors vers les cieux, notre coeur sera de même déplacé. Nous devons transporter notre coeur aux cieux en distribuant nos richesses aux autres. Nos trésors doivent aller en premier, puis notre coeur suivra.

Verset 22 : "L’oeil est la lumière du corps : si donc ton oeil est net, tout ton coeur sera éclairé." Tout membre de notre corps agit de la part de l’ensemble de notre corps. Par exemple, une personne dont les yeux sont aveugles, est aveugle, même si seuls ses yeux sont défectueux.Ce verset nous dit que nos yeux doivent être nets. Bien que nous ayons deux yeux, nos yeux ne peuvent se focaliser que sur un seul objet à la fois, autrement nous ne pourrions voir clair et il s’agirait d’un dysfonctionnement visuel. Certains croyant veulent amasser tous leurs trésors sur la terre, mais ils n’ont aucune paix intérieure. Mais ils ne peuvent pas non plus amasser tous leurs trésors dans les cieux. C’est pourquoi ils essayent d’en amasser un peu des deux côtés. Cela fait qu’ils en perdent leur vision spirituelle. Le Seigneur nous montre ici que nous ne pouvons pas gagner dans les deux mondes. Le Seigneur craignait que les gens ne comprennent pas bien ce qu’Il avait dit dans le verset 21, et pour cette raison il a utilisé le verset 22 pour expliquer.

Si nos yeux ne sont pas nets, et que notre coeur est divisé entre deux lieux, nous n’aurons aucune lumière. Avoir de la lumière, c’est pouvoir voir clairement et pouvoir manifester (Eph. 5:13). Etre rempli de lumière, c’est être rempli de quelque chose qui peut manifester d’autres choses. Autrement dit, la lumière est la vue spirituelle, la vision spirituelle, la vue spirituelle qui peut voir correctement. C’est alors que l’on peut voir le chemin de la croix, et quelle est la voie étroite.

Verset 23 : "Mais si ton oeil est mal disposé, tout ton corps sera ténébreux : si donc la lumière qui est en toi n’est que ténèbres, combien seront grandes les ténèbres-mêmes." Lorsque nos yeux sont fixés sur deux choses différentes, et que nous avons deux désirs dans notre coeur, nous perdons notre vision spirituelle. Cela est semblable à un aveugle qui se dirige sur un chemin étroit et tortueux, avec de grands ravins de part et d’autre. Comme cela est dangereux !

Verset 24 : "Nul ne peut servir deux maîtres... Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon." Le Seigneur a dit "Nul ne peut servir deux maîtres", mais les croyants semblent toujours dire que cela est possible. Tout comme la puissance des autres membres du corps, la puissance de l’amour est limitée. Si nous la gaspillons sur les choses peu importantes, lorsque le temps vient pour les choses importantes, nous n’avons plus de puissance. Si nous dépensons notre amour sur Mammon, alors quand le temps viendra pour utiliser notre amour sur le Seigneur, nous n’aurons plus d’amour. Notre coeur ne peut être qu’à un seul endroit. Le principe de Mammon est contraire au principe de Dieu. L’expression chinoise qui dit que les riches sont méchants ne signifie pas que les riches sont cruels, mais plutôt qu’ils sont égoïstes.

Verset 25 : "C’est pourquoi je vous dis : ne soyez point en souci pour votre vie, de ce que vous mangerez, de ce que vous boirez ; ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus." Ici le Seigneur a changé de ton. Puisque le Seigneur nous a commandé dans le passage précédent de ne pas amasser des trésors sur la terre, il est normal que nous ayons des questions concernant notre nourriture et notre vêtement. Le passage précédent nous dit que le moyen d’utiliser l’argent que nous avons en trop est de faire des aumônes. Le passage qui commence avec le verset 23 nous parle de l’attitude à adopter concernant nos besoins légitimes. Ici le Seigneur a mentionné la nourriture en premier lieu, puis le vêtement. Cela est dû au fait que notre besoin de nourriture est supérieur à notre besoin de vêtement. Le besoin de nourriture est plus urgent et plus difficile à résoudre que le problème du vêtement. "C’est pourquoi" a un sens très profond ici, car dans le passage précédent, il nous est dit de ne pas servir Mammon. Nous ne devons pas être anxieux, même concernant des besoins légitimes, car cette sorte d’anxiété peut nous amener, à terme, à servir Mammon. Le mot Vie dans la langue originale signifie âme, la source de tous les désirs et des convoitises. La Bible associe dans beaucoup de passages l’âme avec la nourriture, par exemple "l’âme périt par manque de nourriture" (Psa. 107:5).

Versets 25-34 : Le sujet principal de ce passage est le fait de ne pas se soucier de la nourriture, de la boisson, ou du vêtement. Servir Mammon débute sans doute lorsqu’on succombe à l’anxiété concernant la nourriture, la boisson et le vêtement. "La vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ?" Cela nous montre que les croyants doivent avoir des pensées nobles. "Dieu peut-il..." — c’est là l’incrédulité de l’homme. Une personne qui dit "Dieu peut-il..." exprime son incrédulité. Si nous n’avions aucune foi en Dieu, il nous serait très difficile de vivre notre vie quotidienne. Tous les soucis ne peuvent être ôtés qu’en croyant en Dieu. Lorsque le Seigneur veut que nous considérions, il utilise souvent des questions. Dieu a créé la terre et les cieux dans les cinq premiers jours, et le sixième jour il a créé l’homme. Dieu avait d’abord créé toutes les choses dont l’homme avait besoin, mais l’homme pense toujours comme s’il avait été créé le premier jour.

Verset 27 : "Et qui est celui d’entre vous qui puisse par son souci ajouter une coudée à sa taille ?" C’eci est la troisième question que le Seigneur nous pose. Autrement dit, puisque les soucis ne servent à rien, pourquoi se soucier ? S’il y a un remède, il n’y a pas de quoi se soucier. S’il n’y pas de remède, se soucier n’arrangera pas les choses.

Les versets 26 et 27 traitent de la question de la nourriture et de la boisson. Nous pouvons facilement voir les oiseaux simplement en levant les yeux, c’est pourquoi le Seigneur a dit "Regardez...." Les versets 28-30 traitent de la question du vêtement. Les lis des champs sont assez rares, c’est pourquoi le Seigneur a dit "Considérez." Comme le Seigneur a pris du soin ! Les lis dont il est question ici étaient certainement colorés. En lisant la phrase "O, gens de petite foi", nous pouvons voir que le Seigneur parlait à ceux qui étaient sauvés. Toute la vie de foi de George Müller était basée sur ces deux grandes promesses concernant les oiseaux et les lis. Sa pratique de la foi est une caractéristique qui manque beaucoup à notre époque.

Verset 31 : "Ne soyez donc point en souci." "Donc" est utilisé à nouveau ici. Cela est un résumé. La raison pour laquelle le Seigneur utilise les exemples des oiseaux et des lis, est pour nous interdire d’être soucieux, et non pas pour nous interdire de travailler. Quand le Seigneur a dit de regarder les oiseaux, et d’étudier les lis, ce n’était pas pour que nous les imitions. Le Seigneur a dit par Paul "que si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange point aussi" (2 Thess. 3:10). "Semer" et "moissoner" (v. 26) est le travail des hommes, alors que "travailler" et "filer" (v. 28) est le travail des femmes.

Verset 32 : "Car votre Père céleste connaît que vous avez besoin de toutes ces choses." "Votre Père céleste connaît" — cela nous indique que ces paroles s’adressent aux croyants. Dieu nous fournit uniquement ce dont nous avons besoin. Dieu ne nous fournira pas ce que nous exigeons, ou ce que nous voulons simplement pour nous-mêmes.

Verset 33 : "Mais cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données par dessus." Qu’est-ce que le royaume ? D’un côté, le royaume se réfère à une condition spirituelle. Par exemple, la Bible dit "car le royaume n’est point viande, ni breuvage ; mais il est justice, paix, et joie par le Saint-Esprit" (Rom. 14:17). D’autre part, le royaume se réfère également au règne dans le millénium (Luc 19:11). L’un concerne notre vie spirituelle aujourd’hui, et l’autre concerne notre récompense dans le futur. L’actuelle condition spirituelle des croyants c’est ce qui permettra à ceux-ci de régner dans le futur. Dans ce passage le Seigneur se réfère davantage à la condition future.

La "justice" ici ne peut être obtenue qu’en cherchant. Ainsi nous voyons qu’il ne s’agit ni de la justification par la foi, ni la justice de Dieu dont il est question dans Romains 3. Au contraire, c’est la justice dont il est question dans Matthieu 5 à 7, celle qui surpasse celle des scribes et des phariséens, celle qui est mentionnée dans 6:1. La justice se réfère en particulier au comportement qui est décrit dans Matthieu 5 à 7.

La proposition "cherchez...le royaume" met l’accent sur la condition spirituelle actuelle, mais plus que cela sur la récompense future. "Données par dessus" indique que vous possédez déjà certaines choses, et que celles-ci seront rajoutées à celles que vous possédez. Puisque vous cherchez le royaume de Dieu et sa justice, ce que vous obtenez c’est le royaume de Dieu et sa justice ; en plus de cela, vous obtenez la nourriture, la boisson et le vêtement. A quelqu’un qui ne possède rien on donne ; à quelqu’un qui possède déjà des choses, on donne par dessus.

Verset 34 : "Ne soyez donc point en souci pour le lendemain ; car le lendemain prendra soin de ce qui le regarde : à chaque jour suffit sa peine." Cela nous montre que le Seigneur n’a pas prévu que les croyants aient une vie facile et confortable.


MATTHIEU CHAPITRE SEPT

Versets 1-5 : "Vous serez jugés" est le contraire de "vous jugerez". Ici il n’est pas dit que "vous serez jugés par les autres", mais il est dit simplement "vous serez jugés". Nous savons que cela se réfère à notre jugement par Dieu (1 Cor. 4:4). Le jugement dont il est question ici n’est pas le jugement ordinaire en rapport avec le discernement ni simplement avoir la bonne opinion. (1) Nous devons avoir une vision correcte envers les autres. Le Seigneur a dit clairement que les Pharisiens étaient des hypocrites (Matt. 23:13) mais il a également dit qu’Il n’était pas venu juger le monde (Jean 12:47 et 3:17). Paul a dit que les Corinthiens n’étaient pas spirituels mais charnels (1 Cor. 3:1), et pourtant dans le chapitre 4 il a dit, "Ne jugez de rien" (v. 5). (2) Lorsqu’une affaire concerne une personne en particulier, nous devons lui en faire part. Le jugement n’est pas uniquement une attitude dans notre coeur mais parfois celui-ci est également exprimé par notre bouche. Lorsqu’une personne vient à nous pour parler d’une tierce personne, nous devons d’abord déterminer si la personne qui demande possède une relation avec la tierce personne. Si c’est uniquement pour chatouiller les oreilles, alors il n’est pas nécessaire de lui répondre. Si c’est parce que la personne est réellement préoccupée par la condition spirituelle de la personne, alors il est légitime de lui répondre. Le Seigneur a dit aux disciples d’accepter les enseignements des Pharisiens, mais de ne pas imiter leur comportement (Matt. 23:2-3). Dans son dernier livre, Paul a écrit concernant Alexandre (2 Tim. 4:14), Demas (v. 10), Phygèlle et Hermogène (1:15) afin de permettre au destinataire de la lettre de s’en protéger.

"Juger" ici comprend les deux significations suivantes : (1) juger, comme un juge et (2) être critique ou trouver des fautes.

(1) Juger comme un juge. La première fois que l’on mentionne ce type de jugement dans l’Ancien Testament (cf Exode 18:13-27) nous montre que c’est un jugement qui est exécuté par les gouverneurs ou les autorités. "Ne jugez point" signifie "Ne soyez pas un juge". Pour cette raison, un chrétien ne devrait pas être une autorité du gouvernement ni se mêler à la politique. Une fois qu’une personne devient une autorité du gouvernement, elle ne peut plus être ni miséricordieuse ni débonnaire. Ainsi elle doit renoncer à deux types de bénédictions. Un chrétien ne doit jamais représenter le gouvernement dans l’acte de jugement, pas même une fois. Le résultat de ne pas juger les autres est : "que vous ne soyez point jugés". Cela ne veut pas dire qu’une personne qui n’est pas un juge officiel ne sera pas jugée devant le tribunal de Christ. Ici "jugé" signifie "être comdamné".

(2) Être critique et trouver des fautes. Beaucoup de comportements sont "limites". Par exemple, se mettre en colère est autorisé, mais se mettre en colère et pécher sont des comportements très proches. Si nous ne sommes pas vigilants, nous risquons de franchir la limite ; si nous sommes négligeants nous penétrerons dans le domaine du péché. Les exemples du Seigneur et de Paul nous montrent que nous ne devons parler franchement que dans le cas où ce que nous disons peut être bénéfique pour l’autre. Autrement nous ne devons pas parler ; surtout (1) si nous avons une quelconque mauvaise intention, telle que la jalousie ; (2) si c’est à cause de notre péché ; et (3) si c’est parce que nous ne nous connaissons pas nous-mêmes. Plus une personne se connaît elle-même, plus elle est indulgente avec les autres.

Verset 2 : "Car de tel jugement que vous jugerez, vous serez jugés ; et de telle mesure que vous mesurerez, on vous mesurera réciproquement." Ce verset nous donne la raison pour ne pas juger les autres. Il existe deux principes dans la Bible ; l’un est la justice, et l’autre est la miséricorde. Si vous choisissez de traiter les autres selon la justice, votre réputation, votre position et vos richesses seront en sécurité. Vous pouvez vous protéger vous-mêmes avec la justice. Toutefois, le résultat sera que "de telle mesure que vous mesurerez, on vous mesurera réciproquement." Jacques 2:13 dit, "Car il y aura une condamnation sans miséricorde sur celui qui n’aura point usé de miséricorde." Si vous choisissez le principe de la miséricorde, qui est le principe de la miséricorde débordante dans Matthieu 5, Dieu mesurera aussi envers vous avec la mesure de la miséricorde. Jacques 2:13 dit ensuite, "la miséricorde se met à l’abri de la condamnation."

Verset 3 : "Et pourquoi regardes-tu le fétu qui est dans l’oeil de ton frère, et tu ne prends pas garde à la poutre qui est dans ton oeil ?" Les versets précedents disent que nous ne devons pas juger ; le Seigneur exhortait les gens par la miséricorde. Ici la Bible nous dit qu’il n’est pas convenable pour nous de juger. Les versets précedents traitent des résultats dans l’avenir ; ce verset traite la condition aujourd’hui. Ici, il ne s’agit pas de savoir si oui ou non nous avons une poutre dans notre oeil — nous avons manifestement une poutre dans notre oeil. Si quelqu’un dit qu’il y a un fétu dans l’oeil d’un autre, c’est forcément qu’il a une poutre dans son oeil. Puisqu’il juge que l’autre a un fétu dans son oeil, c’est manifestement qu’il a une poutre dans son propre oeil. Si quelqu’un peut voir un fétu, qui est si petit, on devrait pouvoir également voir une poutre. (1) Puisque vous pouvez voir le fétu dans l’oeil de l’autre, cela montre que vous êtes un véritable expert en matière de péché, vous êtes très expérimenté à commettre des péchés. Pour cette raison, il vous est possible de voir même un fétu ; (2) C’est sans aucun doute que vous avez une attitude malsaine envers Dieu. La plupart du temps, vous voyez le fétu dans l’oeil de votre frère parce que vous avez une poutre dans la vôtre. Plus nous avons de péchés, plus nous critiquons, et plus nous cherchons les fautes des autres. Ici, l’utilisation du mot "frère" montre que ce sermon est adressé aux chrétiens.

Verset 4 : "Ou comment dis-tu à ton frère : permet que j’ôte de ton oeil ce fétu. Et voilà tu as une poutre dans ton oeil." Le verset précédent concerne l’observation du péché d’un autre, alors que ce verset concerne l’exhortation faite à un autre concernant son péché.

Verset 5 : "Hypocrite ! Ôte premièrement de ton oeil la poutre, et après cela tu verras comment tu ôteras le fétu de l’oeil de ton frère." Le Seigneur a dit qu’il est bon d’ôter le fétu de l’oeil d’autrui. Toutefois, on doit d’abord retirer la poutre de son propre oeil d’abord, puis ôter le fétu de l’oeil de son frère.

Verset 6 : Il s’agit ici d’une petite section indépendante. Les chiens et les pourceaux dont il est question ici, et surtout ceux qui sont mentionnés dans 2 Pierre 2:22 sont les personnes décrites dans 2 Pierre 2:21. Ces personnes sont comme celles qui restent à l’entrée de l’église et qui ont reçu une certaine part d’enseignement spirituel. Ils ne sont pas sauvés. Deux Pierre 2:22 décrit la truie comme ayant été "lavée". Il s’agit ici simplement d’un noble concept, ce n’est pas le pardon des péchés que nous avons reçu.

Dans la Bible, il est souvent question de pourceaux dans l’Ancien Testament, et de chiens dans le Nouveau Testament. Autant les pourceaux que les chiens sont impurs. Les pourceaux ont le sabot fendu, mais ne ruminent pas ; et les chiens n’ont pas du tout de sabot, et ils ne ruminent pas non plus. Pour cette raison ils sont tous les deux impurs. Superficiellement, les pourceaux sont meilleurs que les chiens. Le symbole spirituel pour le chrétien est le mouton. Les pourceaux signifient sans doute ceux qui vont à l’église, qui semble avoir une bonne apparence extérieure et possèdent une certaine connaissance superficielle de la vérité, alors que les chiens sont ceux qui n’ont ni l’apparence extérieure, ni la réalité intérieure. Philipiens nous dit de nous méfier des chiens (3:2). Alors qu’Apocalypse nous dit qu’il y a des chiens en enfer (22:15).

"Les choses saintes" appartiennent à Dieu. Comment l’homme peut-il obtenir les choses saintes ? Les choses saintes se réfèrent à toutes les choses spirituelles, toutes les choses qui émanent de Dieu. Cela se réfère peut-être aux révélations et aux vérités telles que la vérité du baptême, ou la vérité de la fraction du pain. Les perles sont "vos perles", c’est à dire les choses que vous avez personnellement reçues de Dieu. Les choses saintes sont les vérités ordinaires qui viennent de Dieu, les perles sont les choses que vous avez personnellement et spécifiquement reçues et expérimentées. La dernière partie du verset 6 se réfère aussi bien aux chiens qu’aux pourceaux, et non seulement aux pourceaux.

Versets 7-12 : Cette section traite d’une nouvelle situation. Bien que tous les enseignements sur la montagne sont des commandements, ils contiennent aussi les promesses de Dieu. Bien qu’ils soient tous des lois de Dieu, ils contiennent aussi la grâce de Dieu. Bien qu’ils nous disent tous ce que nous devons faire, ils nous disent aussi que Dieu nous donne la force pour les accomplir.

Versets 7-8 : "Demandez, et il vous sera donné. Cherchez, et vous trouverez. Heurtez, et il vous sera ouvert. Car quiconque demande reçoit ; et quiconque cherche trouve ; et il sera ouvert à celui qui heurte."

"Demandez" concernant votre conduite, et il vous sera donné ; "Cherchez" le royaume et la justice dont il est question dans la section précédente et vous les trouverez ; "Heurtez" sur la porte étroite qui mène au chemin étroit, et il vous sera ouvert. Demander, c’est prier d’une façon tout à fait ordinaire. Chercher, c’est prier de façon spécifique. Heurter, c’est prier d’une façon directe. Chaque étape est de plus en plus pressante. Le verset 7 est la promesse, alors que le verset 8 est le principe. Le verset 7 est pour l’individu. Le verset 8 commence par "car" ce qui indique que le verset 7 se base sur le verset 8.

Il existe deux applications pratiques de la promesse contenue dans le verset 7 : (1) la puissance pour accomplir Matthieu 5 à 7 doit être acquise par la prière ; et (2) toutes les prières de foi recevront une réponse.

Verset 11 : "Si donc vous, qui êtes méchants, savez bien donner à vos enfants des choses bonnes, combien plus votre Père qui est aux cieux donnera-t-il des biens à ceux qui les Lui demandent ?" Etre "méchants" est dû au fait que nous sommes naturellement pécheurs. "Si donc vous, qui êtes méchants..." — cela comprend tous les hommes car personne n’est bon.

Les chapitres cinq à sept peuvent être séparés en trois parties. (1) 5:1-20 parle de notre relation envers l’ancienne loi, et les caractéristiques générales du royaume des cieux ; (2) 5:21-7:12 traite des dix commandements, les "dix paroles" (Ex. 34:28) ; (3) 7:13-27 nous donne des exhortations.

Verset 12 : "Donc" nous montre que ce verset est la conclusion de tout ce qui a été dit dans la partie précédente, 5:21 à 7:12, qui concerne les dix nouveaux commandements. Les enseignements donnés sur la montagne ont un caractère très pratique. Ici la proposition "toutes les choses que vous voulez" indique que le verset 12 est un principe. Ici nous voyons que tout est positif ; cela diffère des dix commandements présents dans l’Ancien Testament. Ici, c’est ce qu’on doit faire qui est mis en avant. Les enseignements donnés sur la montagne ne contredisent pas la loi et les prophètes ; au contraire, ceux-ci vont dans le même sens.

Verset 13 : Quelle est la différence entre la "porte" dont il est question ici, et la porte dans Jean 10:9. La porte dans Jean 10:9 est la porte de la grâce, alors que la porte ici est la porte des principes du royaume des cieux. "La porte étroite" est la porte qui mène au royaume des cieux. Cette porte étroite se réfère à la nouvelle loi présentée dans les versets précédents. "Entrer" est une question de choix, et marcher sur le "chemin" est une question de pratique. Entrer par la porte étroite signifie franchir le seuil, et marcher sur le chemin se réfère à notre vie quotidienne. "Etroite" signifie la sévérité des commandements du Seigneur. "Etroite" est un terme comparatif. Puisque la loi mentionnée ci-dessus est la "porte étroite", il doit exister une autre loi qui est plus large ou plus tolérante. A cela nous voyons que les demandes de l’enseignement sur la montagne n’existaient pas sous l’ancienne loi.

Il y a deux portes, et deux chemins. L’un concerne la condition intérieure, et l’autre concerne l’apparence extérieure. Les chrétiens peuvent choisir d’entrer par l’une ou par l’autre, et de suivre l’une ou l’autre. Le choix que nous avons aujourd’hui concerne tout simplement le principe de notre vie. Toutefois, personne ne peut suivre le chemin étroit sans être au préalable entré par la porte étroite. Si vous n’êtes pas entré pas la porte étroite mentionnée dans Matthieu 5 à 7, vous ne pouvez suivre ce chemin.

Pourquoi est-ce tellement important d’entrer par la porte étroite ? Le mot grec qui signifie "destruction" a deux sens : l’un est la "perdition" ou la "corruption", et l’autre est la "destruction". Ici il vaut mieux le traduire par "corruption" ou "perdition". La "destruction" signifie la ruine totale. Même si le terme "perdition" est utilisé, il doit se référer à quelque chose de temporaire, et non pas éternel. Cela demeure une porte large, et un chemin large, même s’il faut maintenir une moralité extérieure médiocre.

Verset 14 : "Car la porte est étroite, et le chemin est étroit qui mène à la vie et il y en a peu qui le trouvent." Le chemin est étroit, car c’est le chemin de la volonté de Dieu. Il est tellement étroit qu’il n’admet rien d’autre que la volonté de Dieu. On ne peut rien y apporter qui provienne de la chair, du monde, ou de la gloire d’ici-bas. "Il y en a peu qui le trouvent." Cela montre que la vérité se trouve le plus souvent parmi un petit nombre de personnes. Le fait que l’on doive chercher la porte étroite et le chemin étroit prouve qu’il existe beaucoup de personnes qui ne savent même pas qu’ils existent.

Le mot grec traduit par chemin ici dans Matthieu 7:14 est également utilisé dans Actes 9:2 : "quelques-uns de cette secte" et Actes 19:9 : "parlant mal de la voie." On retrouve également le même mot dans 19:23 et 24:22. Dans Actes on voit que les gens étaient exhortés à croire en cette voie et à marcher selon cette voie.

Versets 15-20 : Qui sont ceux que l’on appelle des "faux prophètes" ? Ce sont ceux qui ont reçu une inspiration bien particulière. Par exemple, ceux qui ont écrit la Bible s’appelaient des prophètes. Dans 2 Pierre 1:21 il nous est dit qu’un prophète est une personne qui reçoit l’inspiration et qui transmet les paroles d’autrui. Un faux prophète est également inspiré, mais pas par le Saint-Esprit, et il transmet également les paroles d’un autre, mais pas celles de Dieu.

Les prophètes sont en rapport direct avec les enseignements. Les moutons sont très timides. Les faux prophètes ressemblent extérieurement aux vrais. Les "loups" peuvent se référer aux esprits malins à cause des peaux de mouton qu’ils revêtent et parce que même les choses intérieures ne sont pas les leurs. Les fruits dont il est question ici ce sont les enseignements. Les fruits d’un prophète sont les enseignements et non pas le comportement. On peut déterminer par ses enseignements s’il est ou non un véritable prophète.

Les figues et les raisins étaient considérés comme les meilleurs fruits parmi les juifs. Aucun enseignement provenant de Dieu n’émane de la bouche du faux prophète.

Verset 19 : "Tout arbre qui ne fait pas de bons fruits est coupé et jeté au feu." Il s’agit sans doute de personnes qui vont périr.

Les versets 21 à 23 forment un ensemble, les versets 24 à 27 en forment un second, et les versets 28 à 29 en forment un troisième.

Verset 21 : "Tous ceux qui me disent : Seigneur ! Seigneur ! n’entreront pas dans le royaume des cieux ; mais celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux." Ici le Seigneur nous a dit de façon claire que celui qui entrera dans le royaume des cieux dira Seigneur ! Seigneur ! mais que pas tous ceux qui le disent pourront y entrer. "Pas tous ceux" — ces mots sont cruciaux. Romains 10:9 nous dit que si nous confessons le Seigneur Jésus de notre bouche nous serons sauvés. Cela indique que la première condition pour entrer dans le royaume des cieux est d’être sauvé. Toutefois, pas tous ceux qui sont sauvés entreront dans le royaume des cieux. Tous les chrétiens ne participeront pas au royaume des cieux. Il y a une seconde condition, c’est à dire que ceux qui font la volonté de Dieu entreront dans le royaume des cieux.

Les conditions générales pour entrer dans le royaume des cieux sont : premièrement être sauvé, et deuxièmement, faire la volonté de Dieu. Le verset 21 donne les conditions générales pour entrer dans le royaume des cieux. Le verset 22 illustre un cas particulier d’exclusion. Le verset 23 donne les conséquences spécifiques.

Verset 23 : Le mot grec traduit par "connu" est le même que celui qui est traduit par "approuvé" dans Romains 7:15. Ici, dans Romains 7:15 "je n’approuve pas" signifie "je ne le considère pas comme étant bon". Ici, "je ne vous ai jamais connu" peut être traduit par "je n’ai jamais approuvé de vous", c’est à dire "je n’ai jamais considéré ce que faisiez comme étant bon".

Ceux dont il est question dans les versets 21 à 23 sont des chrétiens pour les raisons suivantes. (1) Dans leur contexte, ces versets s’appliquent à des chrétiens parce que dans son ensemble, l’enseignement sur la montagne concerne essentiellement les chrétiens ; (2) L’enseignement sur la montagne du début à la fin ne traite pas du moyen d’être sauvé, car il était adressé à ceux qui étaient déjà sauvés ; (3) Dans cette partie, les versets 21 à 23, il est question non pas de foi, mais de comportement. Nous savons que le salut est par la foi et non par les oeuvres. C’est pourquoi, ici il n’est question de la perdition des incroyants ; (4) Quel est "ce jour-là" ? C’est le jour du jugement au tribunal de Christ. Seuls les sauvés sont convoqués à ce jugement. Il ne s’agit pas du jugement au grand trône blanc ; (5) Ce sont des personnes qui ont reconnu le Seigneur comme Seigneur ; (6) Dans leurs oeuvres, ils ont le pouvoir de prophétiser, de chasser les démons, et d’accomplir des actes puissants au nom du Seigneur. "Ce jour-là" est un terme spécial utilisé dans la Bible. Le "jour de l’homme" mentionné dans 1 Cor. 4:3 se réfère à aujourd’hui, le temps présent où c’est l’homme qui juge. "Ce jour-là" est le jour du Seigneur (Es. 2:11-12 ; Zac. 12:9-14 ; 13:2 ; 14:1-9 ; 2 Tim. 1:12,18 ; 4:8), qui se réfère spécifiquement au jour du jugement au tribunal de Christ. Seuls les rachetés seront présents à ce jugement.

Dans Matthieu 7:22, le mot "plusieurs" nous montre que beaucoup de personnes ne pourront entrer dans le royaume des cieux. "Seigneur ! Seigneur !" — c’est le second appel de la sorte — "N’avons-nous pas prophétisé en ton nom, et n’avons-nous pas chassé les démons en ton nom, et n’avons-nous pas fait plusieurs miracles en ton nom." Ces dons sont les dons les plus importants dans l’église. Pour prophétiser il faut être prophète. Chasser les démons, c’est faire venir le royaume de Dieu. Effectuer des miracles c’est exercer la puissance de l’âge à venir. Ces personnes mentionnent ces quelques oeuvres en particulier afin de prouver qu’ils étaient tout à fait qualifiés pour entrer dans le royaume.

Selon le texte original, la première partie du verset 23 peut être traduit "et alors je leur confesserai." Dans Matthieu 10:32-33, le mot "confesser" se réfère sans aucun doute à ceux qui sont sauvés. Une personne qui est sauvée et qui ne le confesse pas aujourd’hui, mais qui le renie, n’aura aucune gloire en ce jour-là. Ce que le Seigneur dit dans le verset 23 c’est que "je n’ai jamais confessé que je vous connaissais." "Connus" ici devrait plutôt être traduit par "approuvés". La raison pour laquelle le Seigneur n’approuve pas de ces gens-là, c’est qu’ils s’adonnent à l’iniquité. Le mot grec traduit par "iniquité" signifie dépasser les limites. Ceux qui s’adonnent à l’iniquité sont ceux qui ne respectent pas les conditions pour entrer dans le royaume des cieux. "Retirez-vous de moi" signifie qu’ils n’ont pas part à la gloire, qui diffère de la gloire évoquée dans 2 Thess. 1:9. L’exigence générale pour entrer dans le royaume des cieux est d’être sauvé, et de faire la volonté de Dieu.

Le Saint-Esprit qui demeure dans l’homme possède une personnalité ; Il excerce son contrôle sur l’homme. Toutefois, le Saint-Esprit qui tombe sur l’homme n’a pas de personnalité ; Il est soumis à l’homme - "L’esprit des prophètes est soumis aux prophètes" (1 Cor. 14:32). Le Saint-Esprit ne demeure qu’en ceux qui sont sauvés, mais Celui-ci peut tomber même sur des personnes qui ne sont pas sauvées (par exemple Balaam et Saül). Tout en chassant les démons, en prophétisant, et en faisant des miracles, il se peut que l’on commette quand même l’iniquité. Dans toutes ces choses, il y a toujours le risque de ne pas faire la volonté de Dieu. L’iniquité dont il est question dans Nombres 18:1 est une iniquité qui concerne la violation du sanctuaire. Nous devons prier pour être délivrés de ce péché. Ces trois choses - chasser les démons, prophétiser, et faire des miracles - seront restaurées à la fin de cet âge.

Versets 24-27 : Dans cette section, le Seigneur utilise des paraboles pour confirmer ce qui a été dit auparavant. Dans le verset 24, la question n’est pas si vous avez entendu, mais si vous allez obéir. Les mots ont été prononcés, mais c’est à l’individu d’y obéir. Dans un sens large, "ces paroles" comprennent tous les enseignements donnés sur la montagne ; dans un sens plus restreint, ils se réfèrent aux paroles prononcées dans la partie précédente concernant faire la volonté de Dieu.

Le "roc" ici ne se réfère pas à Christ : il se réfère au fait de faire la volonté de Dieu. Un homme "insensé" n’est pas un homme méchant. Même les insensés dont il est question dans Matthieu 25:2 ne sont pas des personnes qui ne sont pas sauvées. Ici il est question de construction. Ce qui est éprouvé par le vent et la pluie, ce sont les oeuvres de la personne, et non pas la personne elle-même. C’est à cela que l’on voit qu’il s’agit de personnes qui sont sauvées. Ici, il n’est pas dit que celui qui bâtit sa maison sur le roc est un homme bon, mais plutôt que c’est un homme prudent. Ceci est semblable au cas des vierges sages dont il est question dans Matthieu 25:2.

Une personne qui "entend ces paroles que je dis, et les met en pratique" est une personne qui agit selon la parole du Seigneur. Il n’est pas dit que l’insensé ne fait rien, car au contraire il entreprend de bâtir quelque chose. C’est plutôt qu’il ne bâtit pas selon la volonté de Dieu, mais selon sa propre pensée. Un manquement parmi les chrétiens aujourd’hui c’est qu’ils imitent les autres. Quelle est la différence entre l’homme prudent et l’homme insensé ? Les deux passent du temps et fournissent des efforts, et les deux bâtissent. Mais l’homme insensé a gaspillé ses ressources en bâtissant sur le sable. L’homme prudent fixe ses yeux sur le trône du jugement. La pluie, les torrents et les vents se réfèrent aux grandes tribulations. La pluie descend d’en haut, le vent souffle des quatre côtés, et les torrents se jettent sur les fondations. Selon la Bible la "pluie" signifie l’oeuvre des esprits mauvais, le "vent" signifie l’enseignement des hérésies (Eph. 4:14), et "l’eau" signifie la puissance des esprits mauvais.


MATTHIEU CHAPITRE NEUF

Verset 1 : « Alors, étant entré dans la nacelle, il repassa [la mer], et vint en sa ville. » La ville, c’était Capernaüm.

Verset 2 : « Et voici, on lui présenta un paralytique couché dans un lit. Et Jésus voyant leur foi, dit au paralytique : aie bon courage, mon fils ! tes péchés te sont pardonnés. » Marc 2 :1 dit que comme les gens avaient entendu que le Seigneur était à la maison, ils Lui ont amené le paralytique. Le récit de Matthieu est plus simple car il présente le Seigneur en tant que Roi. Par conséquent, il n’enregistre pas les choses triviales ou les détails. Au contraire, il écrit avec un style d’emphase. Ce verset nous montre qu’où que soit le Seigneur, Il ne peut être caché. « Jésus voyant leur foi. » La foi est quelque chose qui peut être vue. Le Seigneur a manifesté Son autorité parmi les disciples, Il a manifesté Son autorité dans le règne de la nature, et il a manifesté Son autorité parmi les démons. Si le Seigneur peut manifester Son autorité parmi les pécheurs, alors la démonstration de Son autorité est complète. Toutes les fondations sont renversées. C’est pourquoi, Il doit s’occuper des pécheurs. Les versets 1 à 8 du chapitre 9 sont donc inséparables du chapitre 8. « Aie bon courage. » Si vos péchés ne sont pas pardonnés, vous ne pouvez pas avoir de courage. En lisant l’Ancien Testament, les scribes connaissaient la doctrine du pardon des péchés, mais ils ne connaissaient pas la réalité du pardon des péchés. Ils avaient l’enseignement du pardon mais pas l’expérience du pardon.

Verset 3 : « Et voici, quelques-uns des Scribes disaient en eux-mêmes : celui-ci blasphème. » C’était le premier rejet du Seigneur. Le cœur des scribes était exposé par ce que le Seigneur a fait.

Verset 4 : « Mais Jésus connaissant leurs pensées, leur dit : pourquoi pensez-vous du mal dans vos cœurs ? » Le Seigneur est strict au regard des pensées de nos cœurs. C’est pourquoi, nous avons besoin de prier pour que la méditation de nos cœurs soit acceptable à Dieu (Psaume 19 :14).

Verset 5 « . Car lequel est le plus aisé, ou de dire ? Tes péchés te sont pardonnés ; ou de dire ? Lève-toi, et marche ». Du point de vue du Seigneur, les deux sont faciles. Les Juifs pensaient dans leur cœur qu’il était facile au Seigneur de dire des mots comme « tes péchés te sont pardonnés. » Néanmoins, en disant à l’homme « lève-toi et marche », le Seigneur voulait prouver que son pardon des péchés était véritable.

Verset 6 : « Or afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir sur la terre de pardonner les péchés, il dit alors au paralytique : lève-toi, charge ton lit, et t’en va en ta maison. » Le fait que le Seigneur ait permis au paralytique de se lever et de marcher montre que les paroles du Seigneur sont dignes de confiance.

Verset 7 : « Et il se leva, et s’en alla en sa maison. » Le grand principe de l’Évangile, c’est le pardon d’abord et ensuite la marche. Le pécheur ne peut pas aller au Seigneur, mais il peut repartir du Seigneur. Dans l’Ancien Testament, le principe c’est de marcher puis de vivre ; dans le Nouveau Testament, c’est de vivre puis de marcher. L’un est par les œuvres, l’autre est par la grâce. Verset 8 : « Ce que les troupes ayant vu, elles s’en étonnèrent, et elles glorifièrent Dieu de ce qu’il avait donné une telle puissance aux hommes. » Avant le chapitre 16 de Matthieu, le Seigneur ne s’est jamais nommé Lui-même le Fils de Dieu. Après la tentation, Il se nommait toujours Lui-même le Fils de l’Homme.

La partie la plus forte de tout l’évangile de Matthieu se trouve au chapitre 16. Bien que le Seigneur n’ait pas révélé qui Il était, les gens pouvaient voir qui Il était à partir de ce qu’Il faisait. Au chapitre 16, dès lors que Pierre avait confessé ouvertement le Seigneur comme le Fils de Dieu et le Christ, Le Seigneur a commencé à parler de Sa mort et Sa résurrection.

La façon dont les gens glorifiaient Dieu ici est bien différente de celle dont les croyants glorifient Dieu, puisque ces personnes ne s’étaient pas repenties.

Versets 9-13 : Ce petit passage manifeste la grâce de Dieu. Maintenant, c’est Dieu Lui-même qui vient à la rencontre de l’homme. D’autres Évangiles donnent plus de détails concernant l’appel de Matthieu. Dans l’ensemble, comme Matthieu présente le Seigneur en tant que Roi, il n’a pas rapporté les détails triviaux. Particulièrement, puisque Matthieu est l’auteur de ce livre, il ne voulait pas révéler trop de détails sur lui-même.

Verset 9 : « Puis Jésus … vit un homme, nommé Matthieu. » De la façon dont ce verset est écrit, il semble indiquer qu’avant ce moment Matthieu n’avait jamais rencontré le Seigneur. Quand le Seigneur l’appelle, il suit immédiatement. Il devait y avoir quelque chose de spécial soit dans la voix du Seigneur soit dans ses Yeux qui faisait que les gens étaient désireux de Le suivre. Le Seigneur n’a pas dit "crois en Moi" ; mais plutôt, il a dit "suis-Moi." C’est parce que croire au Seigneur est inclus dans le fait de suivre le Seigneur. La vie chrétienne consiste à suivre le Seigneur.

Christ exige non seulement que nous croyions, mais aussi que nous suivions, c’est-à-dire, que nous fassions la volonté de Dieu en nous chargeant de la croix. Suivre le Seigneur, c’est partager la tribulation, le royaume, et la souffrance du Seigneur (Apocalypse 1:9). Endurer, c’est ne pas utiliser nos propres forces. Dieu ne peut pas utiliser ceux qui se contentent de croire au Seigneur sans Le suivre.

Verset 10 : « Et comme Jésus était à table dans la maison de [Matthieu], voici plusieurs péagers, et des gens de mauvaise vie, qui étaient venus là, se mirent à table avec Jésus et ses Disciples. » Cette fête était organisée par Matthieu (Luc 5:29).

Verset 11 : « Ce que les Pharisiens ayant vu, ils dirent à ses Disciples : pourquoi votre Maître mange-t-il avec des péagers et des gens de mauvaise vie ? » Bien que es hommes ne soient pas eux-mêmes justes, ils aiment voir Dieu agir envers les hommes avec justice. Parce que les hommes ne connaissent pas la grâce de Dieu, ils reprochent à Dieu de faire grâce aux hommes. Par conséquent, une attitude pleine de grâce est souvent critiquée et blâmée.

Verset 12 : « Mais Jésus l’ayant entendu, leur dit : ceux qui sont en santé n’ont pas besoin de médecin, mais ceux qui se portent mal. » Les paroles du Seigneur ici impliquent que les collecteurs d’impôts et les pécheurs connaissaient leur propre situation et en conséquence se rapprochaient du Seigneur, mais que les pharisiens s’auto-justifiaient et en conséquence critiquaient le Seigneur de ce qu’Il manifestait Sa grâce envers les collecteurs d’impôts et les pécheurs.

Verset 13 : « Mais allez, et apprenez ce que veulent dire ces paroles : je veux miséricorde, et non pas sacrifice ; car je ne suis pas venu pour appeler à la repentance les justes, mais les pécheurs. » Les seules personnes "justes" dans le monde sont celles qui s’auto-justifient, comme les pharisiens. la miséricorde est contenue dans la grâce. La grâce vient seulement d’en haut. Néanmoins, les hommes n’aiment pas recevoir la grâce ; ils préfèrent donner quelque chose, comme un sacrifice, à Dieu. Dieu désire que l’homme vienne à lui pour recevoir Sa grâce. C’est la seule façon de participer.

(Se repentir, c’est mettre à nu sa condition réelle, admettre simplement ce que nous sommes). Ici, cela montre que les hommes condamnent souvent la grâce. Bien que le Seigneur soit proche des pécheurs, la Bible dit qu’Il est séparé du péché. En conséquence, seuls ceux qui sont séparés du péché peuvent s’approcher des pécheurs. Dans le passage précédent, lors de l’appel de Matthieu, le Seigneur a répondu aux protestations des pharisiens. A partir de 9:14, le Seigneur répond aux disciples de Jean. Verset 14 : « Alors les Disciples de Jean vinrent à lui, et lui dirent : pourquoi nous et les Pharisiens jeûnons-nous souvent, et tes Disciples ne jeûnent point ? » Jean pratiquait quelque peu l’ascétisme.

Verset 15 : « Et Jésus leur répondit : les gens de la chambre du nouveau marié peuvent-ils s’affliger pendant que le nouveau marié est avec eux ? mais les jours viendront que le nouveau marié leur sera ôté, et c’est alors qu’ils jeûneront. » "leur sera ôté" fait allusion au fait que le Seigneur sera rejeté, pas à Son ascension. L’ascension du Seigneur, c’était pour lui recevoir la gloire, il n’y avait donc aucune raison pour les disciples de jeûner. Par conséquent, ici le fait pour Lui d’être ôté ne se réfère pas à son ascension. Le "nouveau marié" était le Seigneur, et les "gens de la chambre du nouveau marié" étaient les disciples. Plus tard, les disciples vont devenir l’Épouse. Dans la période intermédiaire, le Seigneur considère ses disciples comme les garçons d’honneurs. Le Seigneur leur a été ôté du fait de Son rejet par les juifs.

Verset 16 : « Aussi personne ne met une pièce de drap neuf à un vieux habit ; car ce qui est mis pour remplir, emporte de l’habit, et la déchirure en est plus grande. » Ici, le "tissu jamais lavé", ou le "tissu neuf", signifie la façon de vivre tournée vers l’extérieur tandis que le "vin nouveau" représente la vie intérieure. Un vêtement est exposé vers l’extérieur, et le vin fermente à l’intérieur. L’un est le mode de vie, l’autre est la vie elle-même. L’un est objectif et l’autre est subjectif. L’évangile du Nouveau Testament donne à l’homme un mode de vie et une conduite extérieurs, comme un nouveau vêtement, et une vie intérieure comme du vin nouveau.

Les règles et les ordonnances de la loi sont comme le vieux vêtement ; jeûner en fait partie. Mélanger le nouveau et le vieux, c’est utiliser l’évangile pour aider la loi. Dans le meilleur des cas, on rapièce mais cela peut aussi provoquer une déchirure. Par exemple, la circoncision est une question importante. Néanmoins, l’épître aux Galates nous montre qu’il n’y a pas besoin de circoncision. L’épître aux Romains dit que l’homme ne peut pas être justifié par la loi ; l’épître aux Galates dit que l’homme ne peut pas être sanctifié par la loi. De même que la loi est incapable de justifier l’homme, elle est aussi incapable de le sanctifier. C’est précisément ce que le Seigneur nous enseigne ici. La loi en tant que commandements est une chose, et la loi en tant que principe est autre chose. Les commandements de la loi ont été complétés par le Seigneur, mais le principe de la loi a été mis de côté par Lui. Dans les épîtres, l’expression "par la foi" devrait être rendue en "par le principe de la foi" - par exemple, " " (Romains 1:17 ; Gal. 3:11).

Verset 17 : « On ne met pas non plus le vin nouveau dans de vieux vaisseaux ; autrement les vaisseaux se rompent, et le vin se répand, et les vaisseaux périssent ; mais on met le vin nouveau dans des vaisseaux neufs, et l’un et l’autre se conservent. » Le vin fait allusion ici à la vie intérieure. "Le vin nouveau" veut dire que le pouvoir de fermentation ne s’est pas arrêté. La vie que le Seigneur a mise en nous est comme le vin nouveau. Les vieilles outres signifient les ordonnances de la loi. Quand le vin nouveau est mis dans de vieilles outres, "les outres éclatent ".

Par exemple, celui qui a en lui la vie nouvelle ne peut pas garder la loi de l’Ancien Testament qui dit "œil pour œil" ; ainsi, cela éclate. C’est pourquoi enfermer la vie nouvelle donnée par le Seigneur à l’intérieur des vieilles ordonnances de la loi les fera éclater. Dans Matthieu 5 à 7 nous voyons non seulement les outres nouvelles, mais les outres nouvelles avec le vin nouveau. Les commandements tournés vers l’extérieur sont la plus haute expression de la vie intérieure. Matthieu 5-7 révèle ce que nous avons reçu à l’intérieur pour nous montrer que nous pouvons faire les choses mentionnées à partir de là. Le vieux vin signifie la vie charnelle. "l’un et l’autre se conservent" ; c’est-à-dire que le vin nouveau et l’outre ancienne sont préservés tous les deux. Cela veut dire que quand la loi est mise de côté, elle est préservée.

Verset 18 : « Comme il leur disait ces choses, voici venir un Seigneur qui se prosterna devant lui, en lui disant : ma fille est déjà morte, mais viens, et pose ta main sur elle, et elle vivra. » Matthieu ne nous dit pas que le nom du dirigeant de la synagogue est Jaïrus (Marc 5:22), pas plus qu’il ne nous dit dans le chapitre précédent que le nom du démon qui possédait l’homme est Légion (Luc 8:30). Matthieu mentionne rarement les noms, car il présente le Seigneur en tant que Roi. Il n’est pas nécessaire de mentionner les noms, puisqu’ils sont insignifiants devant le Seigneur. Le nom Jaïrus signifie "celui qui éclaire".

Matthieu dit que la fille "est déjà morte", alors que Luc dit qu’elle "était mourante". C’est parce que Matthieu enregistre la situation après sa mort, et Luc décrit sa situation depuis le début. Chaque Évangile a ses caractéristiques propres, et il enregistre seulement l’aspect relatif à cette caractéristique. L’Évangile de Luc est écrit pour les païens ; à partir de là, il mentionne seulement les choses relatives à cet aspect. A l’inverse, parce que l’Évangile de Matthieu est écrit à l’intention des juifs, il souligne l’aspect doctrinal et donc utilise cet événement comme un type de la mort des juifs et de leur future restauration. Verset 20 : « Et voici, une femme travaillée d’une perte de sang depuis douze ans, vint par derrière, et toucha le bord de son vêtement »

La fille qui venait de mourir avait douze ans, et cette femme la femme en question avait souffert de son hémorragie pendant douze ans. Ceci montre que l’année où la file est née est la première année où cette femme a commencé à souffrir d’hémorragie. Ceci signifie que quand les juifs recevaient la grâce, les païens n’avaient rien à faire avec Dieu. La femme avec l’hémorragie représente les païens. Une hémorragie indique l’extermination de la vie. Les païens sont comme des chiens morts. La mort de la fille représente le rejet initial du Seigneur par les juifs. Ici, le Seigneur n’a pas l’intention de guérir la femme à l’hémorragie ; bien plutôt Il avait l’intention d’aller à la maison de Jaïrus. Mais en chemin, par convenance, Il guérit la femme. Ceci signifie que le Seigneur est pour les juifs, mais que puisque les juifs L’ont rejeté, les païens sont bénis.

La résurrection de la fille représente le millenium. ; c’est le regreffage des branches naturelles sur l’olivier, comme il est dit en Romains 11:23. Pour la résurrection de la fille de Jaïrus, le Seigneur "prit sa main". C’est similaire à la guérison du lépreux par le fait de le toucher. Néanmoins, dans la guérison de la femme à l’hémorragie, c’était la femme qui touchait la frange du vêtement du Seigneur ; c’est cela la foi.

Verset 21 : « Car elle disait en elle-même : si seulement je touche son vêtement, je serai guérie. » La foi nécessite la parole de Dieu. Ici, le terme " elle disait en elle-même" semble indiquer que c’était une sorte de réaction psychologique intérieure. Néanmoins, elle n’a pas demandé au Seigneur de la toucher, car elle croyait que " si seulement je touche son vêtement…". C’était une preuve de sa foi. "Seulement" est une comparaison. Peut-être a-t-elle entendu que Jaïrus avait demandé au Seigneur de toucher sa fille et que le Seigneur était d’accord pour y aller. Ainsi, elle a cru. Donc, ce n’était pas simplement une intuition de sa part.

Verset 22 : « Et Jésus s’étant retourné, et la regardant, lui dit : aie bon courage, ma fille ! ta foi t’a sauvée ; et dans ce moment la femme fut guérie. » "Dans ce moment". Ce sont les paroles de Matthieu ; l’incident lui-même se termine avec "ta foi t’a guérie". "Le moment" dont il est question, c’est la durée de l’incident tout entier. La raison pour laquelle le Seigneur lui a dit : "ta foi t’a guérie", c’était pour la préparer à être capable de faire face à n’importe quelle tentation ou attaque dans l’avenir. Ici, le récit de Matthieu est à nouveau très bref. C’est sa caractéristique. Matthieu 8 -9 comprend un total de dix miracles. Dans l’ensemble de ce livre, il y a soixante-cinq citations de l’Ancien Testament.

Verset 23-25 : le Seigneur dit que " la jeune fille …dort " ; Il ne dit pas que tous ceux qui meurent sont endormis. "Une troupe de gens qui faisait un grand bruit". Ceux du monde ne sont pas capables d’aider les vivants, mais ils apportent beaucoup de services aux morts. "[Après donc qu’]on eut fait sortir [toute cette] troupe". Il semble que le Seigneur ait donné l’ordre de mettre dehors ceux qui croyaient que la fille était morte. Les morts doivent être enfermés loin de la porte de la vie.

Verset 29-30 :Ici, ce sont les yeux qui s’ouvrent. Plus tard, ce sera la bouche (v. 33). C’est une image du millenium (Esaïe 35:5-6).

Verset 31 : Le plus important dans le travail spirituel, c’est l’obéissance. Sinon, nous pouvons causer des dégâts au travail de Dieu.

Verset 32-34 : Ceci montre le rejet du Seigneur par les juifs. La guérison de la femme à l’hémorragie et la levée de la fille de Jaïrus ont une signification doctrinale, de dispensation. La mort de la fille signifie la mort des juifs ; la guérison de la femme à l’hémorragie représente le salut des païens ; et le levée de a fille représente la restauration des juifs. Dans les autres Évangiles, l’accent est mis dans le récit de ces incidents sur l’aspect moral. Quand les juifs seront prêts à reconnaître le Seigneur comme le Fils de David, le Messie, leurs yeux s’ouvriront et leurs bouches parleront. Ceci aussi a un sens doctrinal. Matthieu 9:35 à 10:42 est la troisième sous-partie à l’intérieur de la troisième partie. Cette sous-partie raconte comment le Seigneur a envoyé les disciples dans le monde après avoir été rejeté.

Verset 35 : « Or Jésus allait dans toutes les villes et dans les bourgades, enseignant dans leurs Synagogues, et prêchant l’Évangile du Royaume, et guérissant toute sorte de maladies, et toute sorte d’infirmités parmi le peuple. » La raison derrière l’envoi des disciples, c’est qu’il y avait trop de villes et de villages. Après avoir travaillé parmi les gens, le Seigneur a vu leur besoin. Donc, il envoie ses disciples. L’évangile du royaume des cieux comprend l’évangile de la grâce plus les pouvoirs des temps à venir.

Verset 36 : « Et voyant les troupes, il en fut ému de compassion, parce qu’ils étaient dispersés et errants comme des brebis qui n’ont point de pasteur. » Le Seigneur " fut ému de compassion pour eux" parce qu’ils étaient fatigués et dispersés. Le Seigneur n’a pas éprouvé de compassion pour leurs péchés, car les péchés nécessitaient Sa rédemption. Le Seigneur a eu compassion de leur fatigue. Il ne s’occupe pas seulement des péchés, mais montre aussi de la compassion envers notre détresse. Dieu a envoyé le Seigneur non seulement pour être notre Sauveur du fait de nos péchés mais aussi pour être notre Berger, pour être l’Ami des pécheurs, du fait de notre détresse.

Verset 37 : « Et il dit à ses Disciples : certes la moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers » La nation d’Israël dans son ensemble a rejeté le Seigneur, mais individuellement parlant, il y en avait encore un grand nombre qui avaient besoin d’être moissonnés. Les ouvriers sont ceux qui travaillent et qui peinent.

Verset 38 : « Priez donc le Seigneur de la moisson, qu’il envoie des ouvriers en sa moisson. » Ici, nous voyons un grand principe spirituel : dans Son cœur, le Seigneur avait l’intention d’envoyer les disciples, pourtant Il allait d’abord demander aux disciples de Le prier d’envoyer des ouvriers, et ensuite Il l’accomplirait. Les étapes de la prière sont les suivantes : (1) Une certaine question appartient à Dieu ; (2) l’homme prie à ce sujet ; et (3) Dieu travaille à l’accomplissement de Sa volonté. En réponse aux prières, Dieu accomplit Sa propre volonté. Pour cette raison, Gordon Watt a dit que la prière consiste à tracer des chemins pour que la volonté de Dieu s’y engage.

Le Seigneur a demandé à ses disciples de Le prier pour qu’il envoie des ouvriers. Après coup, ceux qui furent envoyés furent les disciples eux-mêmes. Lorsque nous prions Dieu pour une question particulière, nous devons d’abord nous-mêmes être prêts à le faire. Si Dieu ne peut pas changer ceux qui prient, Il ne peut pas changer ceux pour qui ils prient. Si nous ne sommes pas prêts nous-mêmes à ce que Dieu nous envoie, nous ne devrions pas nous attendre à ce que Dieu en envoie d’autres.

P.-S.

Traduit par Isabelle et mis en ligne par Eglise de Maison.com. Nous aimerions lire vos commentaires : cliquez ici




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