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Les Nations unies ont émis l’espoir mardi 15 août que le début du déploiement d’une Finul renforcée intervienne d’ici deux semaines au Liban sud pour superviser la trêve précaire observée depuis lundi entre Israël et le Hezbollah.
L es Nations unies ont émis mardi 15 août l’espoir que le début du déploiement d’une Finul "nouvelle formule" intervienne d’ici deux semaines au Sud-Liban pour superviser la trêve précaire observée depuis la veille entre Israël et le Hezbollah.
Paris, qui pourrait fournir la colonne vertébrale de cette force, détient la clé dans cette affaire.
Mercredi, un général et un colonel français doivent rencontrer les responsables du département des opérations de maintien de la paix au siège new-yorkais de l’Onu.
Le même jour, le chef de la diplomatie française, Philippe Douste-Blazy, reprend le chemin de Beyrouth pour discuter des conditions du déploiement de cette Force intérimaire des Nations unie au Liban-bis.
"Notre espoir est qu’un déploiement d’environ 3.500 soldats puisse se mettre en place d’ici dix jours à deux semaines", a confié à la presse Hedi Annabi, assistant du secrétaire général des Nations unies pour les questions de maintien de la paix.
"Cela serait idéal pour contribuer à consolider la cessation des hostilités et lancer le processus de retrait et de déploiement de l’armée libanaise comme prévu dans la résolution 1701 du Conseil de sécurité adoptée vendredi".
"Des semaines ou des mois" pour le renforcement complet, selon Annan
Peu auparavant, le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan a affirmé que le déploiement des renforts de la FINUL pourrait prendre "des semaines ou des mois".
Interrogé à New York par la chaîne israélienne Channel two TV, Kofi Annan a assuré que la FINUL (Force intérimaire des Nations unies au Liban) ne serait pas directement chargée du désarmement du Hezbollah. "La force de la FINUL aidera le gouvernement libanais à accomplir cette tâche, mais ce n’est pas directement le mandat", a-t-il dit.
Kofi Annan s’est également défendu d’une position hostile à Israël. Il a rappelé qu’il avait critiqué l’emploi d’une force disproportionnée par Israël mais qu’il avait aussi condamné les tirs de roquettes du Hezbollah contre le nord d’Israël.
La position de la France attendue
Bien que plusieurs pays européens se soient dits intéressés à envoyer des troupes, aucun ne fera de promesse ferme tant que la France ne se sera pas décidée. Outre les Européens, des pays musulmans comme la Turquie, l’Indonésie et la Malaisie pourraient également participer à une Finul renforcée.
"Les Français aimeraient savoir ce que préparent les autres pays et ces derniers souhaiteraient connaître ce que la France est prête à faire", résume un responsable de l’Onu requiérant l’anonymat compte-tenu des sensibilités.
Annabi a toutefois ajouté : "Nous serions très heureux de voir la France accepter d’envoyer un contingent important fournissant la colonne vertébrale de la future force".
Le Conseil de sécurité a autorisé le déploiement de 15.000 casques bleus, dont les 2.000 observateurs de la Finul actuelle. Cette Finul "nouvelle formule" serait dotée d’un mandat plus robuste que l’actuelle force. Celle-ci, qui est déjà commandée par un général français, Alain Pellegrini, a assisté, impuissante, aux 34 jours de combats entre Tsahal et le Hezbollah.
Réunion jeudi à New York
Une quarantaine de nations intéressées à participer à une nouvelle force de l’Onu se réuniront d’autre part jeudi à New York pour débattre des futures règles d’engagement.
Avant de s’envoler pour le Liban, le ministre français des Affaires étrangères a refusé de prédire quels seront les effectifs d’un futur contingent français.
Il a néanmoins rappelé que 1.700 militaires français demeuraient déployés au large du pays du Cèdre après avoir participé à des opérations d’évacuation de civils ou d’aide humanitaire.
"La France est déjà présente dans la Finul, elle sera présente dans la Finul renforcée", a-t-il assuré sur France 2.
Philippe Douste-Blazy a souligné qu’outre les pays européens pressentis, il fallait "tout faire pour qu’il y ait des pays musulmans, qu’il y ait plusieurs confessions dans cette armée, la Finul renforcée".
Des experts militaires jugeant que la France pourrait envoyer jusqu’à 4.000 hommes au Liban, le ministre a rappelé que Paris disposait déjà sur place de 1.700 militaires "qui sont aujourd’hui dans la flotte française autour de Beyrouth" et d’environ 200 au sein de l’actuelle Finul.
Désarmement du Hezbollah
Prié de dire si la France prendrait effectivement le commandement de cette force, Philippe Douste-Blazy a laissé entendre que tout n’était pas encore réglé. "Je ne peux pas vous dire cela", a-t-il souligné.
Avant son départ pour Beyrouth, le chef de la diplomatie française a insisté sur le fait que le déploiement de l’armée libanaise au Sud-Liban, avec l’appui de la Finul, devait s’accompagner d’un repli du Hezbollah et de son désarmement.
"Maintenant, il faut que la diplomatie se mobilise sur le terrain pour le respect, au niveau de toutes les parties, au niveau de tous les gouvernements qui sont intéressés par la résolution 1701", a-t-il dit.
Il a souligné que les dispositions concernant le déploiement de l’armée libanaise aux côtés de la Finul devaient "s’accompagner nécessairement, d’abord du repli du Hezbollah au nord du fleuve Litani, puis de la mise en œuvre de la résolution 1559 des Nations unies".
Cette précédente résolution implique "le désarmement du Hezbollah selon des modalités qui relèvent du gouvernement libanais", a-t-il précisé.
"A partir de là, je crois que tout est possible, le Hezbollah se désengagera, il y aura un désarmement du Hezbollah selon des modalités qui seront indiquées par le gouvernement libanais", a ajouté le chef de la diplomatie française.
© Le Nouvel Observateur
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