Vendredi 3 novembre, un autre mineur, déjà connu des services de police, a été interpellé, a indiqué une source policière. Cette interpellation a eu lieu dans le calme, peu après 6 heures, à la cité de la Renaude, à proximité du lieu où le bus a été incendié.
Les quatre mineurs, âgés de 15 à 17 ans et scolarisés, ont été mis en examen pour "incendie volontaire ayant entraîné une infirmité ou une mutilation permanente" sur la personne de Mama Galledou, la passagère de 26 ans grièvement brûlée dans l’incendie du bus, qui est toujours entre la vie et la mort. "Ils ont été placés en détention", a précisé M. Beaume.
Le juge d’instruction a ainsi suivi les réquisitions du parquet. "Sur les cinq, je n’ai saisi le juge d’instruction pour mise en examen et mandat de dépôt que pour quatre d’entre eux", avait indiqué le procureur à la presse dans l’après-midi, sans préciser le niveau de leurs responsabilités respectives.
ILS AURAIENT AGI "PAR MIMÉTISME"
"Ce n’étaient ni des délinquants d’habitude, ni des criminels mais des trublions de banlieue, connus jusqu’ici pour des infractions de petits loubards de banlieue, comme recel de scooter, dégradations...", a précisé le procureur. Ils auraient agi "par mimétisme" avec les événéments en région parisienne où plusieurs bus ont été incendiés la semaine dernière : "Il y a eu une excitation collective dans l’après-midi avec l’idée ’on va faire quelque chose à un bus’, certains sont passés à l’acte".
Si trois d’entre eux ont admis "avoir eu des actes personnels en lien avec cet incendie", "aucun n’a admis être l’auteur du versement de l’essence ni d’avoir mis le feu", a précisé le procureur. M. Beaume a ajouté qu’une information judiciaire pour "incendie volontaire ayant entraîné une infirmité ou une mutilation permanente" avait été ouverte. S’ils sont traduits aux assises, les incendiaires risquent trente ans de réclusion criminelle, voire la perpétuité si la victime décède.
Des témoignages ont permis de mettre en lumière le rôle des adolescents, selon le parquet et la police judiciaire. L’exploitation des preuves matérielles, comme les enregistrements vidéo, sont encore en cours. "Ils s’étaient bien organisés pour répondre aux questions qui allaient leur être posées et il a fallu que les enquêteurs posent beaucoup de questions" pour mieux cerner leur implication, a précisé M. Beaume.
"L’ENQUÊTE CONTINUE"
L’avocat d’un des mineurs, Me Thierry Ospital, a déploré que le temps n’ait pas été pris pour "vérifier les renseignements anonymes" transmis aux enquêteurs. "On ne sait toujours pas exactement qui a mis le feu et pourquoi", a-t-il affirmé.
Au lendemain de la visite express du ministre de l’intérieur, Nicolas Sarkozy, qui a réclamé la plus grande sévérité pour les incendiaires, "quel que soit leur âge", une cinquantaine d’habitants des cités où les adolescents avaient été interpellés mardi ont bloqué la circulation durant deux heures. A l’appel de la famille d’un des jeunes, ils entendaient protester contre certaines des interpellations, brandissant des pancartes qui proclamaient, à l’adresse du ministre : "Sarko, fais pas ta pub !!!", "Stop à la Gestapo".
En écho à Nicolas Sarkozy, qui avait laissé entendre la veille qu’il pouvait y avoir d’autres interpellations, le procureur a déclaré que "l’enquête continue".







