Les principaux partis irakiens ont accueilli jeudi avec un enthousiasme mesuré le nouveau plan du président américain George W. Bush pour l’Irak, qui soumet le Premier ministre Nouri al-Maliki à des obligations de résultats et prévoit le déploiement de 21.500 nouveaux soldats.
"Ce plan est porteur d’espoir", a déclaré un conseiller du Premier ministre, Bassem Ridha. Mais "nous avons hérité d’un pays détruit par le précédent régime (de Saddam Hussein). Nous sommes confrontés à des violences confessionnelles qui sont un obstacle majeur pour avancer. Il n’est pas facile d’assurer la sécurité dans de telles conditions", a souligné M. Ridha.
"Nous n’avons pas attendu le président Bush pour essayer de faire de notre mieux. Nous ferons tout notre possible pour sécuriser l’Irak", a répondu le conseiller de M. Maliki à Bush. "Le Premier ministre est déterminé à s’attaquer aux milices, qu’elles soient chiites ou sunnites. Leur existence n’est pas acceptable pour lui", a assuré M. Ridha.
Pour sa part, le Parti islamique, le principal parti sunnite irakien, traditionnellement opposé à la présence américaine, a reconnu le "besoin de déployer temporairement" de nouvelles troupes en Irak. "Nous ressentons le besoin de déployer temporairement de nouvelles troupes américaines, en raison de la dégradation de la sécurité et de l’incapacité actuelle des forces irakiennes et américaines à contrôler la situation", a déclaré Ayad al-Sameraïe, porte-parole du Parti islamique. "Dans toutes les régions où la responsabilité de la sécurité a été transférée aux forces irakiennes, la situation s’est détériorée", a-t-il remarqué, tout en rappelant que "le terrorisme et les milices sont les deux faces d’un même problème. Aucun gouvernement ne peut soutenir les milices sans violer la constitution".
Les sunnites accusent de longue date M. Maliki de ne rien faire contre les milices chiites, responsables d’une grande partie des violences confessionnelles en Irak et notoirement infiltrées au sein des forces de sécurité irakienne. Ces milices constituent aujourd’hui la principale menace dans le pays, selon le Pentagone. "Je ne vois honnêtement rien de nouveau là-dedans, sauf l’augmentation de troupes", a observé pour sa part l’influent député kurde Mahmoud Othman. "Une grande partie de ce plan dépend surtout des promesses du gouvernement irakien, comme la réconciliation, la débaassification. Si le gouvernement irakien est capable de tenir ses promesses au président Bush, alors le plan fonctionnera. Dans le cas contraire, ce sera un échec", a estimé M. Othman.
Sans surprise, le Comité des oulémas, la principale association sunnite irakienne, très hostile à l’occupation américaine, a vivement critiqué l’envoi de renforts militaires en Irak. "Nous sommes abasourdis de voir que Bush croit être capable de réaliser ses objectifs avec 20.000 hommes supplémentaires, alors qu’il a échoué avec 140.000. Le destin de ces nouvelles troupes ne sera pas meilleur que celui des précédentes, même si nous savons que ces soldats ne mourront pas sans tuer deux fois leur nombre en victimes innocentes", a estimé le Comité.








