Ségolène Royal, candidate socialiste à la présidentielle, a dénoncé mercredi la proposition de son rival UMP Nicolas Sarkozy d’instaurer des franchises médicales, "première étape de la privatisation de la Sécurité sociale".
"Il n’y a rien de plus inhumain en matière de santé que le libéralisme", a lancé Mme Royal, assurant que "la France n’est pas condamnée à cette santé à plusieurs vitesses qui semble gagner du terrain". "Je m’oppose fortement aux franchises médicales, c’est-à-dire aux déremboursements généralisés qui ne sont en fait que la première étape de la privatisation de la Sécurité sociale", a insisté la candidate.
Sans nommer M. Sarkozy, Mme Royal a alors évoqué "un candidat qui vient de proposer de faire du déremboursement généralisé une politique structurelle du financement public de la santé (via) non pas une franchise mais quatre franchises, sur les médicaments, sur les examens biologiques, sur les consultations et sur l’hospitalisation".
Prendre soin de tous "Parce qu’il a été incapable de juguler le déficit de l’assurance-maladie, le pouvoir en place a choisi de le creuser en proposant l’augmentation des honoraires médicaux et d’en faire payer le prix fort aux familles et aux classes moyennes (...) Le pacte social est rompu", a-t-elle asséné, fustigeant le "mur sanitaire (dressé) entre ceux qui ont les moyens et ceux qui ne les ont pas".
Affirmant qu’"une société se juge à la manière dont elle prend soin de tous", Mme Royal a dénoncé "la mécanique de privatisation du service public hospitalier" menée par les gouvernements du président Jacques Chirac depuis 2002, pour se déclarer en faveur d’"un contrat social fort".
Refusant "le contexte bien dégradé" de la santé publique en France, "résultat d’une asphyxie programmée", la candidate socialiste a affirmé que "la solution n’est pas de revenir aux 39 heures" mais "d’attirer les praticiens libéraux à l’hôpital". Pour cela, elle a déclaré vouloir "engager une réflexion sur les rémunérations médicales", dénonçant le fait qu’un praticien puisse être payé trois à quatre fois plus dans le privé que dans le public, "sans obligation de faire des gardes" et "avec la possibilité de sélectionner les patients".








