Nicolas Sarkozy et ses principaux soutiens centristes, Simone Veil, Gilles de Robien et André Santini, ont vivement critiqué François Bayrou et sa stratégie d’union nationale, mercredi, lors d’une réunion publique à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine). M. Bayrou "dit si Ségo est au deuxième tour, je serai le candidat de la droite... Et si Sarko est au deuxième tour, je serai le candidat de la gauche. Alors bonjours les dégâts ! Heureusement qu’il a des convictions, parce que s’il n’en avait pas, qu’est ce que ça serait", a lancé M. Sarkozy devant plusieurs milliers de personnes, réunis dans le fief de M. Santini.
"Je l’ai connu de droite, il est de gauche. Mais il faut qu’il prévienne ses électeurs, il a changé si vite", a poursuivi le candidat UMP, à propos de son rival UDF. "Je me suis mis sous la protection du peuple français", a-t-il ajouté, en expliquant que "l’élection présidentielle de la Ve République, c’est la rencontre d’un candidat ou d’une candidate avec le peuple, pas des partis qui essaient de récupérer sur le tapis vert ce que le peuple ne va pas leur donner".
"Ne vous laissez pas voler votre décision ! Imaginez les combinaisons avant (l’élection) alors imaginez les combinaisons après", a-t-il lancé sous les acclamations. Gilles de Robien, seul ministre UDF, a de son côté accusé M. Bayrou "d’imposture" et de vouloir créer un "Parti socialiste élargi". "Il disait qu’il voulait une UDF libre et indépendante. Et voilà l’UDF roue de secours du parti socialiste. Il disait qu’il voulait une UDF forte. Et voilà qu’il va la noyer dans un grand parti de gauche", a-t-il lancé, qualifiant la nouvelle formation que veut créer M. Bayrou de "Parti socialiste élargi".
"Une posture ? Non une imposture ! Et une aventure ! Une mauvaise farce qui se joue sur le dos des Français"", a-t-il dit, accusant M. Bayrou de "faire prospérer l’extrême". "Le centrisme n’est pas soluble dans le socialisme", a quant à lui affirmé M. Santini, estimant que "la course poursuite engagée par l’UDF en direction de la gauche, parfois même de l’extrême gauche, est inappropriée, dangereuse et malhonnête". François Bayrou "a trahi les valeurs du centre telles que je les conçois et telles que les concevaient avec moi les fondateurs de l’UDF en 1978", a-t-il estimé.
"Qu’est devenu le parti libre, le parti de la démocratie quand son président décide seul de sa stratégie, lors d’un dîner avec Michel Rocard ?", a-t-il demandé. François Bayrou a indiqué mercredi matin avoir dîné avec l’ancien Premier ministre socialiste qui a appelé à une alliance PS/UDF. Enfin, Simone Veil, ancienne ministre centriste, a dénoncé la "diabolisation" du candidat UMP par ses adversaires, affirmant ressentir dans la campagne une "mauvaise foi" et une "intolérance" que jamais elle n’avait "vues dans ce pays".
"Le courrier que j’ai reçu le concernant et m’attaquant du fait que je le soutenais était absolument ignoble et diffamant. Cela m’a conforté dans ma décision de le soutenir", a-t-elle ajouté.








