Depuis son accession au pouvoir en avril 1999, le président Abdelaziz Bouteflika tente de colmater les brèches en initiant des reformes fermes et audacieuses.
Reformes politiques
En marge de la guerre de libération des années 1950, la guerre civile de 1992 à fortement ébranlé la société Algérienne. Conscient qu’aucune société ne peut se développer sans un minimum de consensus et cohésion, le president A. BOUTEFLIKA au lendemain de sa première élection ( Avril 1999) s’est attaqué à la question de la réconciliation nationale. En septembre 1999 Boutef lance une vaste campagne pour la réconciliation nationale avec à la clef un projet de loi sur la concorde civile. Pour donner un signal fort au processus de réconciliation il fait appel à M. Ahmed Ben Bella figure historique et emblématique de la lutte Algérienne. Pour l’histoire il faut savoir que Ben Bella fut tout premier president de l’Algérie indépendante en 1962 avant d’être débarqué en 1965 par son ministre de la défense Boumediene. C’est donc à cette figure légendaire algérienne que Boutef à confié la présidence de la Commission Nationale pour l’Amnistie Générale (C N A G ).
Le texte sur la concorde civile a permis aux groupes armés dont L’AIS, Armée islamique du salut (branche armée ) du Front Islamique du Salut (FIS) de déposer les armes. On estime à près de 6000 les combattants qui ont rangé les kalach. Et Le plus grand bénéficiaire de cette amnistie c’est bien le chef de guerre de l’AIS M. Madani Mezrang. Celui là même qui a commis de nombreux crimes lors de la guerre civile 1992. Cette initiative politique de Boutef ne doit pas être comprise comme un acte de faiblesse ou d’une quelconque politique de l’impunité. Car l’objectif profond de cette mesure était d’endiguer la violence et rétablir la sécurité. Parce qu’une répression de l’armée régulière et la menace judiciaire ne pouvaient qu’à aggraver la crise et l’insécurité. Toute loi amnistie vise la mise en confiance des combattants pour qu’ils déposent les armes afin de ramener la paix et la quiétude. Et c’est le pari réussit par son excellence Bouteflika. En clair, la loi sur la concorde civile avait pour seule et unique de rapprocher les Algériens et garantir la sécurité sur l’ensemble du territoire national.
En marge de la loi sur la concorde civile qui a suscité beaucoup d’espoir dans la société algérienne Boutef va aller plus loin et de façon audacieuse remettre publiquement en cause la très controversée ‘’légitimée historique ‘’. En effet, la ‘’légitimité historique’’ est une disposition juridique qui fait la part belle à tous ceux qui ont combattu pendant la guerre de libération des années 1950. Cette disposition accorde certains avantages sociales et politiques à une catégorie de personnes et à leur famille. Pour accéder à un important poste dans l’administration algérienne il faut avoir fait guerre de libération. Depuis 1960,en effet l’ascension sociale et politique en Algérie est quasiment liée à Cette disposition abjecte et discriminatoire. Après plus de 40ans, le chef Boutef s’est rendu à l’évidence que cette loi ne pouvait plus prospérée d’ou sa dénonciation publique et sans réserve en 2004. Pour lui la ’légitimité historique’’ ‘doit faire place à la ‘’légitimité populaire’’. Car cette loi excluante ne saurait continuer de prospérer au risque d’exacerber la fracture sociale. Désormais seul le mérite et la compétence consisteront le socle de toute ascension sociale dans la société algérienne.
La Modernisation de la législation algérienne demeure au centre des reformes politiques de Bouteflika. La législation en effet, renonce désormais à la torture. Laquelle torture est aujourd’hui considérée comme un crime donc passible de poursuite judiciaire. Ce qui n’était pas le cas jusqu’à une date récente. Ce toilettage constitutionnelle frappe de plein fouet la famille dite révolutionnaire qui baignait dans l’impunité avec ses actes de tortures et de violation massive des droits de l’humains (cf. JAI no 2294 26déc. 2004 8janv.2005 )
Le code de la famille véritable pomme de discorde entre femmes et hommes. Cette disposition inspirée pas la charia musulmane a été adoptée en 1984 par le FLN,(Front de Libération Nationale). Le code qualifié de ‘’code de l’infamie’’ qui infantilise la femme et la réduit a une éternelle subordonnée. Quelque soit l’âge de femme elle ne peut se marier sans un aval, un tuteur. Pire si elle subie les pires souffrances dans son foyer elle ne peut demander le divorce. Aux yeux des femmes algériennes le code de la famille est injuste. Et depuis 40 ans elles luttent pour sa révision pure et simple. En octobre 2003 le président a pris cette situation en bras le corps. Il a installé une commission pour examiner ce code et faire des amendements. Cette commission dirigée en 2003 par M Mohamed zeghloul Boutaré était composée de juristes, de parlementaires, théologiens, de sociologies etc. Les amendements préconisés à la fin de la mission stipulent :
- Suppression du mariage par procuration
* Abolition du ‘’tuteurage’’ pour le mariage des femmes majeures.
* Conditionne la polygamie à l’autorisation d’un juge après constat du consentement de l’ancienne et nouvelle épouse.
* Possibilité à la femme de demander le divorce (cf. JA N° 22 77-29 août 4 septembre 2004 )
Réformes Economique
‘’l’argent n’aime pas le bruit’ ’a t-on coutume de dire. Les reformes politiques audacieuses engagées par le président algérien consistaient à préparer les conditions d’une économie florissante. Parce qu’ aucune reforme économique pertinente fut-elle ne peut être féconde que dans un environnement de stabilité et de sécurité. Sur le plan économique le chef de l’état, en 2001 va donc signer trois ordonnances sur les tarifs douaniers et sur la privatisation des investissements. En outre Boutef s’est lui même engagé à veiller personnellement sur les passations des marchés publics afin que cela se fasse dans la plus grande transparence. La bonne gouvernance par la lutte contre la corruption est au centre la politique de Bouteflika. L’une des cheville ouvrière du NEPAD (Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique) pense que la bonne gouvernance est le passage obligé pour un développement tangible du continent africain.
Somme toute, il bon de retenir que le président algérien Abdelaziz Bouteflika a fait le pari du rassemblement du peuple algérien afin d’impulser la dynamique de développement. La loi sur la concorde civile a accordé une amnistie générale aux ex-combattants islamistes (radicaux). Nombreux d’entre eux sont sortis du maquis pour rendre leurs armes de guerre. La patron de la magistrature algérienne à fait également un clin d’œil aux femmes en donnant un visage beaucoup plus humain au code de la famille. La législation algérienne a subit un grand lessivage tant sur les disposition économiques que judiciaires. La légitimité dite historique qui n’a sa place que dans l’histoire traditionnelle a perdu énormément du terrain au grand dam des adeptes de l’inertie et du statu quo.
Boutef donne une belle leçon de démocratie aux nations africaines en crise. La conquête de la paix exige audace et dépassement de soi. L’intérêt supérieur de la nation et du peuple souverain doit demeurer au centre de toute philosophie politique, tout autre approche n’est qu’impertinence et perdition. Mais il y a des raisons de ne pas craindre pour le ‘’réformateur’’ Bouteflika ?

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