Après avoir défait la féodalité, la démocratie, au cours du 20e siècle est venue à bout du fascisme, du nazisme et du communisme. Le succès éclatant de la démocratie donne pleinement raison à ceux qui pensent qu’elle est la meilleure forme de gouvernement. Et depuis le 17 ème siècle des Etats comme les USA, la France, la Grande Bretagne , la Norvège, le Japon, l’Inde convolent en justes noces avec elle. A l’ère de la mondialisation les politiques de gouvernance convergent de plus en vers cet idéal commun, la mise sur pied de systèmes de gouvernance qui garantissent les droits fondamentaux de l’homme et participe à l’édification d’un cadre de vie conviviale et paisible. C’est donc à juste titre que la démocratie a été adoptée et ordonnancée. Contrairement à l’Asie, l’Amérique, l’Europe, l’ Afrique est encore à la traîne et sa conversion à la démocratie demeure au centre des grandes préoccupations.C’est donc dans ce sens que M. Jacques Chirac, ancien Président Français dira : « L’Afrique n’est pas mûre pour la démocratie ». Nous étions en 1990.
Cette déclaration fracassante a fait couler beaucoup d’encre et de salive. Et elle demeure jusqu’au jour d’aujourd’hui d’une cuisante actualité. Certains commentateurs politiques s’étaient empressé à battre en brèche et de dénoncer l’attitude de M. Chirac. Car 1990, marquait indubitablement une ère nouvelle : Celle de démocratie. Avec la démolition des régimes monolithiques oligarchiques et autocratiques. Où des politiciens véreux, (depuis les indépendances) s’étaient accaparés du pouvoir d’Etat et l’utilisaient à des fins personnelles au grand dam des populations en souffrance. Pour les intellectuels et opposants africains cette période sonnait manifestement le glas des partis uniques et il n’était donc pas question de polémiquer. La déclaration Chiraquienne était dès lors perçue, pour certains comme une opposition à l’éclosion démocratique en Afrique.Car dire que « l’Afrique n’est mûre pour la démocratie »,pour eux, c’est refuser dans une certaine mesure l’émergence de la démocratie sur le continent noir. Mais mieux c’est encourager l’imposture et la dictature ambiante des hommes au pouvoir. Pour d’autres encore, c’est se moquer des populations en souffrance. Souffrances engendrées par quarante (40) ans de gestion néopatrimoniale et approximative. La déclaration de l’actuel patron de la république Française à fait grincer certainement beaucoup de dents et personne (intellectuels, opposants aux partis africains) ne pouvaient en toute logique accepter une telle assertion. Par conséquent personne n’a tenté de sonder la pensée du président Chirac afin d’extraire les fleurs du mal.
Sans toutefois avoir, à l’idée de battre en brèche et de vouer au calendes grecques toutes les réflexions qui démontent la déclaration chiraquienne ;je pense à mon avis qu’il faut aborder le problème sous un angle nouveau avec calme et lucidité. Cela permettra certainement de comprendre la quintessence de ce discours. La méthode pour comprendre « l’Afrique n’est pas mûre » pour la démocratie consistera à une réflexion sur les politiques de gouvernance africaines.
Les coups d’Etats comme norme de gouvernance
L’Afrique continue de croire à l’alternance politique du bout du fusil. Pour certains Africains en effet, « le pouvoir se trouve au bout du fusil » comme le prétendait Mao zedong en 1950, d’où la nécessité des coups d’Etats . C’est la raison pour laquelle bon nombre d’Etats sont dirigés par des militaires.On peut aisément citer le Togo avec le Général Gnassingbé Eyadema qui est parvenu à la magistrature suprême grâce à un coup d’Etat sanglant en 1963 et en 1967, le Capitaine Blaise Compaoré du Burkina Faso qui a ensanglanté le pays des intègres en 1987 pour prendre possession du fauteuil présidentiel, le Général Lansana Conté de la Guinée a pris le pouvoir par la force des armes en 1984. Après 1990 les politiques n’ont pas changées on a enregistré de nombreux coups d’Etat au Niger en 1996,en Côte d’ivoire en 1999, 2004 en centre Afrique, 2005au Togo et en Mauritanie. Pour ne citer que ceux-là. Le constat est claire l’Afrique n’est en encore mûre pour la démocratie parce que la démocratie se conjugue très mal avec les armes. Les mentalités n’ont pas changées et on a coutume d’entendre dans le jargon des rebellions et putschistes Africains « on a pris les armes pour la démocratie ».Diantre ! Déclarations abjectes et rétrogrades. Le déficit même de démocratie ne saurait légitimer la prise du pouvoir par les armes. La démocratie , par principe s’oppose à la logique des armes et de la force. Elle ( la démocratie) est un système de gouvernement qui tire sa légitimité dans l’assentiment du peuple. La majorité du peuple par la raison et en toute conscience donne le pouvoir à l’homme politique de son choix par le biais des urnes. Aussi longtemps que les politicards, que dis-je, les politiciens africains Continueront de croire à la prise du pouvoir par les AK 47 au détriment des urnes , il est clair que la maturité à la démocratie en Afrique ne serait qu’ une gageur.
Confiscation de alternance politique
La philosophie du pouvoir à vie chez les dirigeants africains demeure un problème majeur .
En effet , bon nombre d’hommes politiques africains refusent l’ alternance démocratique . Des chefs d’Etat dans le soucis de se maintenir se livres à la sale besogne du tripatouillage des constitutions . Le général Gnassigbe Eyadema , après 40 ans de pouvoir , a fait sauter le verrou de l’article 59 de la constitution togolaise du 14 Octobre 1992 , ce qui lui a permis d’obtenir un troisième mandat le 1er juin 2003 dernier. Bien avant le Togo , le Sénégal avait donné le ton . En effet en août 1998 , l’ Assemblée Nationale est revenue sur la disposition du code électoral qui limitait à deux le nombre de septennats qu’une personne peut effectuer à la tête de l’Etat. Le président Abdou Diouf n’a pas bénéficier de cette réforme pour avoir été battu au terme d’un seul septennat en Mars 2000 par le ‘’ sopi’’ d’Abdoulaye Wade. En Décembre 1999 , Sam Njoma au pouvoir depuis le 9 février 1990 en Namibie a modifié la constitution afin d’être réélu pur un 3e mandat en Mars 2000. En faisant réviser l’article 24 de la constitution guinéenne , par pseudo référendum le président L. Conté peut désormais briguer un mandat de 7 ans autant de fois qu’il le souhaite . Six (6) mois après la Guinée, la Tunisie de Ben Ali a fredonné le même chant de la honte. Le 26 mai 2002 en effet , une vaste révision constitutionnelle fait sauter l’article 39 qui limitait à trois (3) le nombre de mandats . Les exemples sont légions on peut citer le Gabon , le Burkina Faso le Tchad et bien d’autres encore. Des lois fondamentales à géométrie variable qui la honte de nos gouvernants africains. Avec ça dire qu’ils ont librement accepté le système ‘’démocratie’’ à la conférence de la Baule fait pleurer et/ou rire. A la lumière donc de toutes ces réalités dire que l’ Afrique n’est pas mûre pour la démocratie, pourrait ne pas être une vue de l’esprit , mais plutôt une vérité qui rougit tout simplement les yeux .
En tout état de cause , dans le contexte mondial actuel il s’agit pas de spéculer vainement sur la démocratisation de l’Afrique , mais de l’aider à s’ouvrir à la démocratie. Mais il ne s’agit pas de dire que l’Afrique doit initier ses propres démocratiques comme le prétendant centaines élite. Je pense que la démocratie en tant que concept universel doit s’appliquer à tous les Etats dans son essence et dans a définition originelle. Car la démocratie , en dépit de ses limite et de ses insuffisances, demeure à n’en point douter le meilleur système de gouvernement Voilà pourquoi nous insistons pour dire que les pays développés et avancés en matière de démocratie, doivent aider et soutenir ferment les principes démocratiques dans les états du 1 /3 monde . Car seule l’ éclosion réelle de la démocratie peut impulser de façon significative le développement des pays du sud qu’ils souhaitent tant. Le soutient et l’ appui à la démocratie en Afrique ne doit pas un simple jeu de langage voire, un verbalisme creux, mais pragmatique. Ce pragmatisme doit de traduire par la défense mordicus de l’ordre constitutionnel de sorte que la force des baïonnettes ne puisse primer sur le droit et la démocratie. C’est la seule solution si on veut voir l’émergence de l’Etat de droit et garantir la paix et la stabilité en Afrique. C’est donc pour dire non à la loi de force et établir la primauté du droit sur la force, que le célèbre théoricien politique J.J Rousseau dira « … le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître s’il ne transforme sa force en droit et obéissance en devoir. » Il faut donc refuser de façon énergique et vigoureuse la légitimation de la prise du pouvoir par les armes.
Alors quand on se rend souvent compte que les pays du Nord qui se targuent d’être des Etats démocratiques font souvent preuve de partialité dans l’appréciation des principes démocratiques. Il y a vraiment de quoi s’interroger. Car ça dégage une forte odeur de mauvaise foi ! !

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