La volte-face de l’accusé est intervenue à la suite d’un rappel à l’ordre de l’avocat général Francis Nachbar qui lui reprochait d’avoir insulté un avocat des parties civiles l’interrogeant, Me Didier Seban. « J’ai voulu prendre la parole, j’ai toutes les raisons de le regretter, donc je reprends ma parole. Terminé ! », a déclaré Michel Fourniret, accusé de sept meurtres aggravés de jeunes filles.
Après avoir consulté ses avocats lors d’une brève suspension d’audience, il a confirmé son revirement : « Je m’arrête au milieu du gué », a-t-il affirmé, ce que le président Gilles Latapie a qualifié d’« extrêmement dommageable ».
Plusieurs avocats et proches des victimes ont ensuite pris le micro pour tenter de raisonner l’accusé. « Respirez un bon coup et balancez ce foutu orgueil (...) on est le yo-yo au bout de votre main », a lancé Me Gérard Chemla. « Vous avez perdu deux enfants, moi un. Etes-vous prêt à perdre le troisième à qui vous avez fait une promesse ? », a demandé le père d’une victime, faisant référence à Anne, une fille de Fourniret âgée de 36 ans devant laquelle il s’était engagé le 7 mai à l’audience à rompre son silence.
Alors qu’il s’entêtait à rester « bouche cousue » sur les faits depuis l’ouverture du procès, il avait promis ce jour-là de parler même hors huis clos à condition que ses enfants donnent leur accord, ce qu’ils avaient fait à la barre. Après la suspension de mi-journée, les familles des victimes ont déserté pendant plus d’une heure les bancs des parties civiles en signe de protestation, un acte « symbolique » décidé « à l’unanimité », a expliqué le père de Fabienne Leroy, tuée en 1988 dans la Marne.
Michel Fourniret est revenu sur sa promesse de parler en public alors qu’était réexaminé le meurtre de Jeanne-Marie Desramault en 1989, lors d’une matinée d’audience supplémentaire justement programmée pour permettre à la cour d’obtenir ses explications.

Version imprimable



