L’Ecole normale supérieure (Ens) de Yaoundé et l’Ecole normale supérieure d’enseignement technique (Enset) de Douala peuvent-elles pourvoir suffisamment des établissements d’enseignement secondaires d’enseignants ? L’Eglise évangélique du Cameroun (Eec) a fait des études pour démontrer que ce n’était pas possible. Surtout au moment où des établissements secondaires naissent dans des villages comme des champignons. Un contexte qui a poussé l’Eec à promouvoir l’Institut supérieur de pédagogie pour sociétés en mutation (Ipsom), dont le campus est situé à Mbouo, non loin de Bandjoun.
L’Ipsom a ouvert ses portes en 2005 et attend, cette année, la sortie de sa première cuvée. Il revient à l’Ens de Yaoundé, tutelle académique, de proclamer les résultats pour qu’on soit fixé sur le sort de sept étudiants en 3e année à l’Ipsom. Si les résultats reflètent l’optimisme projeté à Bandjoun, ces étudiants seront alors titulaires d’une licence pour le professorat de l’enseignement secondaire.
En d’autres termes, ils seront aptes à dispenser des cours dans des collèges. Puisque l’Ipsom a pour option de former des formateurs. Pour l’instant, l’unique filière existante tourne autour de la didactique des disciplines et s’ouvre sur quatre spécialités, l’anglais, le français, l’histoire/géographie et les mathématiques. La formation dure trois ans. Après une récente autorisation du ministère de l’Enseignement supérieur (Minesup), l’Ipsom envisage de former pour une année de licence. L’Eec pense qu’il y a une nécessité à améliorer l’offre éducative au Cameroun, en formant des enseignants : « Ce sont eux qui sont plus ou moins les garants de la qualité de la formation », soutient Dr Michel Foaleng, directeur académique à l’Ipsom. Avant d’ajouter : « De nombreux établissements protestants d’enseignement général et même simplement privé, ont besoin d’enseignants ». A l’heure actuelle, la plupart des étudiants de l’Ipsom sont des enseignants qui exerçaient déjà dans des collèges d’enseignement privé.
Tout au long de la dernière année académique, l’Ipsom a accueilli 27 étudiants. Soit 15 en 1re année, 5 en 2e année et 7 en 3e année. Ils ont été encadrés par dix-sept enseignants, parmi lesquels le Pr Moukoko Priso et huit enseignants associés, en provenance de l’Ecole normale supérieure de Yaoundé. Les autres étant des permanents. L’Ipsom aujourd’hui est un vaste chantier comprenant quatre salles de classe d’une capacité de vingt étudiants, chacune. C’est également un internat pouvant accueillir quatre-vingt personnes. La particularité étant que tous les étudiants sont internés. L’accès à l’Ipsom est conditionné par le versement, par tranches, d’une somme de près de 800.000 Fcfa devant couvrir la scolarité, le logement, la restauration etc. Un montant, d’après les responsables, qui se situe en deçà des engagements réels sur une période de dix mois.

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