Avec une population évaluée à quelques 8 millions d’habitants, le prolongement de la grève des médecins congolais risquent de provoquer de cas de décès en chaîne. Et le gouvernement de Gizenga sera tenu pour seul responsable de tous les malheurs pouvant subvenir aussi longtemps qu’il n’aura pas honoré sa parole. Une dépêche du journal Le Révélateur datant du 19/08/2008 lève le pan du voile. (Le Révélateur 19/08/2008)
Le Syndicat national des médecins (Synamed) de la RDC a mis en exécution ses menaces. La grève des médecins du secteur public annoncée seulement dimanche a été effective hier lundi 18 Août 2008. Les cinq principales formations médicales de la capitale ont été désertées par les médecins au grand dam des malades, abandonnés entre les mains des infirmiers, visiblement dépassés.
Les quelques rares médecins visibles dans la matinée dans les couloirs de l’hôpital général avaient totalement disparu dans la soirée, la salle d’urgence était inhabituellement vides et aucune consultation externe n’a été faite. ‘‘Seule une petite équipe tenue par les chefs de départements est en place pour assurée la sortie des malades hospitalisés avant cette grève. Aucune nouvelle admission ne sera acceptée’’, a-t-elle expliqué une infirmière trouvée au pavillon 8 de l’hôpital général. ‘‘Nous faisons de notre mieux pour calmer les souffrances des malades. Il faut dire que sans les orientations du médecin, c’est un peu compliqué’’, a -t- elle ajouté.
Fatigués d’attendre un hypothétique passage d’un médecin, l’air hagard, les malades assistent impuissants à cette situation pour laquelle la solution ne se trouve nullement de leur côté. Dans plusieurs hôpitaux de la capitale, comme à la clinique Ngaliema, les malades hospitalisés sont transférés dans des hôpitaux privés ou renvoyés à la maison.
Grève générale
Exactement comme en décembre 2007, les médecins ont voulu d’une grève générale à durée indéterminée pour dénoncer l’indifférence du gouvernement à leurs revendications salariales. Ils parlent de non respect des engagements de la part du gouvernement. ‘‘Après la grève des médecins de Kinshasa en décembre 2007, élargie en janvier 2008 aux médecins de l’ensemble du pays, le gouvernement s’était engagé à répondre, à partir de juillet, aux revendications salariales des médecins. Rien n’a été fait depuis. Nous décidons dès aujourd’hui de lancer une grève générale’’, a déclaré le Docteur Mankoy Badjoki, secrétaire exécutif du Synamed.
Au cours de négociations conclues en janvier dernier, le gouvernement s’était engagé à chercher des fonds supplémentaires de 2 milliards de francs congolais, soit 3,6 millions de dollars, pour augmenter les salaires des médecins à partir de juillet 2008. Ce qui avait permis de mettre fin au mouvement de grève. En effet, les médecins exigent l’octroi d’un salaire décent, de l’ordre de 320.000 francs congolais (580 USD), le paiement d’une prime de risque, l’apurement d’arriérés et la régularisation du statut de médecins vacataires. Actuellement, un médecin congolais touche un salaire mensuel de 119.000 francs congolais (216 USD), prime de risque compris.
L’appel du gouvernement
Le Ministre de la Santé, Docteur Victor Makwenge s’est dit surpris par cette brusque décision des médecins d’aller en grève au moment où des contacts permanents sont maintenus avec leurs syndicats au niveau du cadre permanent pour le dialogue social. En plus, beaucoup de choses parmi leurs revendications ont été faites depuis les dernières négociations. Il cite en exemple l’immatriculation de nouvelles unités, le paiement des primes à Kinshasa et à l’intérieur du pays…
Tout en reconnaissant que le gouvernement n’a pas rendu disponibles les moyens financiers nécessaires à l’amélioration de la situation salariale des médecins, le Ministre de la Santé se demande tout même ‘‘quelle explication donnée à cet acharnement des médecins à placer les hôpitaux dans un état de fonctionnement précaire qui frise l’incivisme’’.
Devant la position radicale des médecins de ne reprendre du service que si le gouvernement honorait ses engagements, le ministre Makwenge répond par un appel à la conscience collective et individuelle des médecins devant leur responsabilité par rapport au serment d’Hippocrate. Cette grève qui survient à quelques deux semaines de la rentrée politique dans le pays est de nature à envenimer la polémique autour du changement du gouvernement pour cause d’incompétence dans la résolution des problèmes sociaux. En même temps, elle met en mal les cinq chantiers du Chef l’Etat dont l’un des piliers est la santé.

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