La communauté internationale est encore sous le choc provoqué par les nouvelles de l’intervention musclée des troupes russes en Géorgie. Comme du temps de la guerre froide et aux temps forts du marxisme léninisme fort, l’armée rouge a défié la communauté internationale en démontrant sa détermination à ne point se laisser marcher sur les pieds par les forces de l’Otan. A l’instar du feu Saddam Hussein qui avait envahi en une nuit le petit Koweït qui s’était retrouvé occupé par les troupes irakiennes, le successeur de Poutine a voulu rééditer l’exploit de Bagdad mais sans tenir compte du fait que les temps et les circonstances ont grandement changés. Dieu merci que sous la pression de la communauté internationale, les choses commencent à se remettre en place. Même si Moscou pousse l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie à vouloir se libérer de la Géorgie, on est au moins sûr que la pression internationale a payé, bien que la récolte soit jusque là insignifiante.
Mais derrière tous ces affrontements meurtriers, il faut retenir qu’il y a de faits graves qui se sont commis sur le champ de batailles et qui doivent intéresser la Cour pénale internationale. Il est établi qu’il y a eu bel et bien commissions des crimes relevant de la compétence du procureur Luis Moreno Ocampo. Et dans l’ordre d’importance sont signalés comme ayant été commis : - crimes de guerre, -crimes contre l’humanité et –génocide.
Toujours à la recherche de criminels spéciaux se recrutant parmi les détenteurs du pouvoir régalien et autres seigneurs de guerre, des milieux proches de la CPI, nous apprenons que des investigations seraient déjà en cours pour dénicher les futurs clients du procureur Moreno. Et il est précisé qu’aucune exception ne serait faite quant à la tête des auteurs des ces crimes odieux qui vont tous être poursuivis afin de répondre de leurs actes hautement criminels. C’est Luis Moreno qui l’a annoncé personnellement mercredi dernier. Et il est encore précisé dans ce communiqué du procureur de la Cpi que la Géorgie étant un Pays partie au Statut de Rome, quoi de plus normal que de rétablir le film du déroulement des attrocités. Poursuit-il : « Mon Bureau analyse, entre autres, des informations faisant état d’attaques présumées contre les civils ». Le même communique précise que le Bureau du Procureur s’intéresse de près à tous les renseignements relatifs à la situation en Géorgie depuis que la violence a éclaté dans la région séparatiste pro-russe d’Ossétie du Sud, y compris les informations publiques. Et la semaine dernière le gouvernement géorgien a eu à annoncer à la face du monde la saisie officiellement de la Cpi sur les conditions et circonstances ayant accompagnées l’envahissement de son territoire par l’armée rouge.
Pour mémoire, il vous souviendra qu’en début du mois d’août dernier le gouvernement géorgien a lancé une opération militaire pour récupérer l’Ossétie du Sud. Grande a été l’indignation de la communauté internationale d’apprendre un matin l’entrée en guerre de l’armée rouge avec pour mission de mettre fin au plan géorgien, bien que pays indépendant sensé préserver l’intégrité de son territoire nationale. Contre toute attente, la Russie qui a eu à aligner un nombre impressionnant des chars, a pu grâce à sa force de frappe répliquer en lançant une opération militaire de grande envergure qui a contraint les troupes géorgiennes de reculer. Et profitant de sa supériorité, les troupes géorgiennes ont été chassées hors de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie, autre province séparatiste de la Géorgie. La catastrophe nucléaire a pu ainsi être évitée. Et depuis lors, tous les yeux sont braqués sur Moscou quant à l’application stricte des termes de l’Accord de cessez-le-feu signé le 15 août par la Géorgie et le 16 par la Russie. Jusque hier dans la soirée, il est signalé des petits retraits des troupes russes du territoire géorgien. Ce que le gouvernement Yankee déplore en exigeant un retrait total de troupes de l’armée rouge du sol géorgien. La Russie a promis d’achever le retrait de ses troupes jeudi ou vendredi. Et il y a lieu de l’encourager dans ce sens. Mieux vaut un arrangement à l’amiable qu’un long conflit meurtrier dans cette poudrière. La Russie ne pardonne pas aux forces de l’Otan de chercher à attirer dans son juron les anciennes républiques soviétiques.
Mais la communauté internationale doit privilégier le droit international afin de faire l’ordre et la cohésion internationale. Les acquis de Yalta ne peuvent être vidés de leur contenu. La paix mondiale en dépend.

Version imprimable



