Terrorisés, plus de 50.000 chrétiens ont fui leurs habitations pour se réfugier dans les forêts environnantes ou devant les commissariats, de peur d’être pris pour cible par des foules d’hindous déchaînés, selon All Indian Christians. Des chiffres confirmés par Mgr Raphael Cheenath, qui précise que 80 prêtres et religieuses de son diocèse sont été parmi les 50000 réfugiés qui ont fui ce week-end « pour sauver leur vie ». Les chrétiens « redoutent de nouvelles attaques », indiquent l’évêque.
On estime à 30 000 le nombre d’écoles chrétiennes ayant fermé les portes en Inde pour protester contre la flambée de violences antichrétiennes qui secouent depuis le début de la semaine l’Etat d’Orissa, dans l’est du pays.
Les chrétiens sont injustement accusés d’avoir assassiné Swami Laxmanananda Saraswati, un dignitaire local hindou, il y a une semaine. L’enquête de police avait clairement établi que cet assassinat a été perpétré par la guérilla maoïste, très active dans la région. A la surprise générale, les partisans du leader hindou s’en sont immédiatement pris à la minorité chrétienne.
Swami Laxmanananda était connu pour son opposition à l’évangélisation de l’Inde. Bien que les chrétiens ne représentent que 2,3 % des 1,1 milliard d’Indiens, ils constituent en Orissa 20 % de la population, notamment en raison des conversions opérées par les missionnaires au sein des populations tribales.
« La violence dans les villes semble être terminée, mais les villages sont toujours sous la menace de nouvelles attaques car les forces de sécurité y sont rares », affirmait vendredi le révérend P.R. Paricha, président du Conseil chrétien de l’Inde pour l’Orissa, réclamant une « intervention militaire ».

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