Voilà un mois que le gouvernement tchadien a reçu la copie du rapport de la commission technique chargée de faire toute la lumière sur les incidents dramatiques du février dernier ayant émaillés l’attaque de la capitale Ndjamena par la coalition des forces rebelles opposées au pouvoir du président Idris Debby. Et c’est seulement hier mercredi que Ndjamena a décidé enfin de sa publication pour fixer l’opinion tant nationale qu’internationales sur les circonstances réelles de l’attaque, le sort réservé aux opposants, essentiellement Idmi Oumar Salé, dont on est toujours sans nouvelle officielle à ce jour. Tel un morceau de viande chaude dans sa bouche, le pouvoir de Ndjamena a été contraint de lâcher le morceau, faute de se brûler la langue, tellement de choses pas bonnes se sont dites sur l’implication personnelle du président Idriss dans le triste sort réservé à certains opposants.
Et aux dires de certains milieux mieux informés de la politique tchadienne, loin d’apaiser les élans de contestations de son pouvoir sans partage et de couper cour à toute la rumeur. La publication tardive de ce rapport ne vient apporter aucun élément nouveau à ce qui est connu de tous et qui n’est plus un secret pour personne : la mort effective de l’opposant célèbre Idmi Oumar Salé a été pour la première fois abordée, même si le ton du rapport planche sur le conditionnel. Ce rapport vient encore jeter de l’huile sur le feu qui risque d’être ravivé de nouveau avec toutes les conséquences fâcheuses y relatives. Aux dires de membres des familles des opposants soit tués, soit portés disparus, il s’agit bel et bien d’un rapport pour endormir la communauté internationale. Jugé d’incomplet, ce rapport ne donne aucune indication sérieuse sur les circonstances réelles ayant accompagnées ce gâchis politique made in Idris Debby : notamment les lieux de détention des opposants, les motifs de leurs interpellations, l’identité réelle de commanditaires… Et du côté de la communauté internationale également, des voix se sont levées pour exiger plus de clarté et de la nécessité du suivi administratif et judiciaire. L’organisation internationale de la Francophonie insiste notamment le suivi judiciaire et administratif en vue de l’indemnisation de toutes les victimes et l’établissement de parts de responsabilités des uns et des autres étant donné que lors de ces incidents malheureux, il ne souffre d’aucun doute que les forces rebelles avaient déjà désertées les rues de Ndjamena et toute la capitale était sous le contrôle total des seules forces loyalistes.
Interrogé, le fils d’Irung qui se déclare non satisfait par ce fameux rapport des deux cent pages, soutient que cette paperasse ne révèle rien de clair et qui soit de nature à faire avancer les choses. Rejetant en bloc le travail de cette commission qu’il qualifie du reste de ‘’Commission Deby’’, car entièrement inféodée au chef de l’Etat Idris Deby et constituée essentiellement de ses courtisans, ce dernier soutient que tous les suspects et autres personnalités liés de loin ou de prêt à la commission de tous les actes de violence déplorés lors de l’attaque de la capitale tchadienne n’ont pas été approchées par les membres de cette commission. Le fils de l’opposant tchadien qui a été interviewé par la presse étrangère est formel quant à l’implication directe du président Idris Deby dans l’assassinat de l’opposant Idmi Oumar Salé. Selon le fils, l’opposant qui a été enlevé par des hommes au service du pouvoir tchadien a été amené dans les locaux des services de sécurité n’obéissant qu’au seul chef d’Etat où il a eu à subir de fortes tortures physiques, avant d’être acheminé au palais présidentiel où le chef de l’Etat aurait dirigé en personne le reste de l’opération. Faits que dément le président Idris Deby qui soutient pour sa défense n’avoir jamais été face à Idmi Oumar Salé étant qu’il supervisait toutes les opérations sur terrain ; entendu qu’il ne pouvait être à la fois au palais présidentiel et sur le champ de théâtre des opérations militaires.
Pour sa part, le président de la Ligue tchadienne pour les droits de l’homme a eu à préciser que la fameuse commission d’enquêtes a eu à interroger tous ceux présumés comme ayant été impliqués dans ces actes de violence. Hormis le président Idris Deby, les autres membres du gouvernement et autres chefs de sécurité ont été interrogés par la commission. N’empêche que le suivi soit assuré sur les circonstances réelles de la mort du célèbre mathématicien tchadien qui continue à être déplorée non seulement par le Tchad, mais également par le monde scientifique. Ne perdons pas de vue que c’est notamment grâce à la pression exercée par la commission internationale des mathématiciens et les révélations faites par le gouvernement Canadien que Ndjamena avait finalement été contraint de mettre en place cette commission d’enquête chargée de faire objectivement toute la lumière sur les tristes événements de février dernier.
Au vu de la controverse et du tollé soulevé par la publication de ce rapport, il serait mieux indiqué que la Communauté internationale exige de la mise en place d’une Commission internationale indépendante qui pourra mieux éclairer l’opinion tant nationale qu’internationale. Et cela doit être suivi par de mesures judiciaires contraignantes à l’endroit de tous les criminels afin que pareils actes ne soient plus tolérés à l’avenir.

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