Les jours à venir vont être assez surchargés pour le président centrafricain, François BOZIZE. Il a désormais devant lui deux priorités majeures sur lesquelles il doit se consacrer pour non seulement mériter la confiance de ses pairs de la sous région qui l’ont placé à la tête de la Cemac. Mais également poursuivre la noble tâche de garantir à son peuple le bien être social à travers sa philosophie politique dite ‘’ Kwa na Kwa (entendez : travail, rien que le travail)
Pour mémoire, c’est lors du 9e sommet des chefs d’Etat membres de la Cemac tenu au mois de juin à Yaoundé que le camerounais BIYA a eu à passer le flambeau à son collègue centrafricain BOZIZE qui préside désormais aux destinées de cette organisation sous régionale. Il faut ici préciser qu’au sein de ce regroupement sous régional, les pays membres ont encore du chemin devant eux pour parvenir aux conditions idéales d’une véritable intégration économique sous régionale, seul gage pour sortir le continent de ses marasmes. Le monde étant devenu un grand village où tout le monde est citoyen, il est devenu un non sens que de continuer à penser de vivre en autarcie ou en vase clos. Pendant que partout au monde les gens se battent pour faire éclater les frontières et autres barrières douanières, les africains aux traînent les pieds en tirant le Diable par la queue. Certains hommes politiques africains sans idéal politique ne sont pas prêts à renoncer à une partie de leur souveraineté nationale au profit des grands ensembles de développement. Il faut cependant avouer qu’en dépit de ces chefs d’Etat réfractaires et peu soucieux du bien être de leurs peuples, certains visionnaires émargent cependant du lot sur le continent africain. Et le cas le plus illustre est celui de la zone Cemac qui est présenté par tous comme un bel exemple des chefs d’Etat visionnaires qui ont su transcender les petits sentiments nationalistes au profit des grands ensembles de développement socio-économiques. Et parmi ses avancées significatives, citons notamment la présence d’une Banque sous régionale impliquant l’idée d’une seule autorité monétaire, et la plaque minéralogique. Et bientôt, la libre circulation des personnes et de leurs biens sera effective par la mise en circulation d’un Passeport sous régional qui va inaugurer l’ère de la citoyenneté unique ‘’cemacienne’’. Vous vous rendez alors compte combien la tâche qui attend le président François BOZIZE pendant sa période du président en exercice de la CEMAC est délicate et fort exaltante. Il a la délicate mission de continuer à canaliser tous ces efforts sous régionaux déployés par ses illustres prédécesseurs afin de faire franchir à la Cemac la prochaine étape qui a parmi ses priorités la libre circulation des personnes et de leurs biens. Comment alors concilier ses obligations citoyennes en tant que magistrat suprême et l’idéal sous régional ? UN MANDAT DE TOUS LES ENJEUX Au vu de la complexité des défis à relever sur le plan national et dont le bout du tunnel est la tenue des élections libres, démocratiques et transparentes de 2010, dites élections précédées par la tenue du Dialogue national et sans exclusif, la pacification du pays, le versement régulier de la solde des travailleurs, François BOZIZE a bien du pain sur la planche et il ne faut pas se leurrer non plus. En effet, dans les milieux proches de la présidence de la république centrafricaine et dans les rangs de la majorité présidentielle, tous ne jurent plus que par les deux priorités de l’agenda présidentiel de l’homme providentiel du Palais de la renaissance :
- préparation de la session extraordinaire de la Cemac de décembre 2008 à Bangui :
- organisation des échéances électorales de 2010. Loin d’être diamétralement opposées, les deux priorités de François BOZIZE sont intimement liées et se complètent aisément. Si non, comment réfléchir autrement quand on sait pertinemment bien que la position de l’enclavement géographique de la république Centrafricaine exige de son chef charismatique la prise en compte des intérêts politico-socio-économique de l’ensemble des pays de la sous région dont l’apport est indispensable quant au développement de la RCA. La position géopolitique du pays de Bokassa est assez particulière. Sa singularité géographique exige la conjugaison de tous les efforts au niveau national pour séduire le mieux possible ses voisins dont les intérêts ne convergent toujours pas avec les priorités de Bangui. Partageant une frontière commune avec 6 pays dont 5 disposent d’énormes potentialités socio-économiques, les choses ne sont pas aussi faciles pour le président François BOZIZE qui a plus en ce moment besoin de l’appui de tout son peuple pour relever le défi sous régional. L’opportunité de cette présidence centrafricaine est une fierté nationale qui nécessite la mobilisation de toute la nation afin de redorer le patriotisme. C’est une occasion en or que le peuple centrafricain a en ce moment pour s’approprier de la CEMAC et marquer son histoire de ses empruntes tels que les Krhouma, les Boganda, les Senghor, les Lumumba… ont eu à marquer la période des indépendances. Hormis le Sao Tomé et Principe qui ne pèse pas lourdement sur la balance sous régionale, le reste du peloton est non seulement potentiellement nanti, mais leur diplomatie de par leur poids économique porte loin.
- Le Gabon jouit d’un prestige légendaire de par le charisme et le carnet d’adresses de son président de la république dont on ne peut plus se passer sur toute question d’enjeu sous régionale. Son expertise politique compte autant sur le continent africain qu’au niveau international où son rayonnement ne laisse plus aucun milieu des décideurs internationaux indifférents. Il faut compter avec Omar BONGO si on veut être pris au sérieux sur toute question africaine. Et sa générosité n’est pas du tout en reste, tous les groupes rebelles et autres opposants politiques africains qui sont passés par Libreville savent combien BONGO est généreux. Tous se bousculent à son portillon et veulent être à sa table. Et Omar BONGO Odimba prend à bras le corps un cas, il y a 95 % de chance que sa cause triomphe. La liste de ses médiations politiques est ruisselante.
- Sassou Nguesso, gendre du doyen de chefs d’Etats africains est un véritable ‘’politique stratège’’ qui a su jouer utilement pour revenir au pouvoir après une relative traversée du désert. Son retour au pouvoir et sa prépondérance sur ses opposants politiques qu’il a su dompter un à un prouve à suffisance qu’il dispose de plusieurs atouts politiques. Il a de bonnes entrées à l’Elysée où il est bien écouté. Le prestige de son pouvoir politique est manifeste à travers ses nombreux bons offices auxquels tous recourent désormais pour avoir voix au chapitre sur le continent africain. Pour atteindre le doyen des chefs d’Etat africain, Brazzaville est l’une des voies mieux indiquées. Sassou est parmi les rares chefs d’Etat fier du continent car son pays grâce à la manne pétrolière pèse lourd. Il faut compter avec lui sur le continent si l’on veut accéder au pouvoir où s’y maintenir durablement.
- Cameroun, son chef d’Etat n’est plus un homme à présenter. Il a été à tous les grands rendez vous du continent ces vingt cinq dernières années. Certains analystes de la scène politique africaine disent que Biya sait qui va être déboulonné demain sur le continent. Le Pnb de son pays le met à l’abri de besoins et des sollicitations. Paul BIYA est de ces hommes politiques à qui la nature n’a rien refusé, tout lui réussi. Son pays n’a pas connu beaucoup de surchauffes à la différence des gens de sa trempe, tel le nébuleux Maréchal Mobutu du Congo qui a appauvri son peuple condamné aujourd’hui à la mendicité bien que vivant dans un pays potentiellement riche. La restitution des territoires de Bakassi au Cameroun jadis disputés avec un géant du continent, le Nigeria, et les dernières enquêtes lancées contre les pilleurs de deniers publics camerounais sont de signes qui ne trompent. BIYA demeure un grand sur le continent africain, et avoir à le gérer dans une organisation sous régionale n’est pas chose facile. Ceux qui ont le privilège d’être à sa table disent de lui qu’il est fort exigeant quant aux normes protocolaires. BONGO et BIYA sont des hommes politiques du continent qui ont pu s’inscrire dans la durée et personne ne peut sur le continent leur dénier le titre de doyens de chefs d’Etat.
- Le Tchad n’est plus ce qu’il a été hier, les pétrodollars y coulent à flot et le président Idris DEBBY est fort courtisé par ses pairs. Sa longue implication dans la guerre fait de lui un vrai stratège de l’art militaire, surtout qu’en dépit de son étoffe présidentielle, il descend personnellement sur le théâtre des opérations. Plus aguerri qu’Idris parmi ses pairs n’existe. Cet homme politique a eu à retourner le cours de choses en sa faveur quand tous pariaient déjà sur la fin de son règne. Il faut écouter Idris DEBY si l’on veut faire face à des agressions rebelles. Il existe aujourd’hui une école de Ndjamena sur le continent africain dans le domaine de la lutte contre les rebelles.
- La Guinée Equatoriale est devenue fort riche, maintenant elle peut financer les autres pays moins nantis ou qui tardent à décoller. Voilà le panier que le nouveau président de la Cemac, le centrafricain François BOZIZE doit gérer. C’est une grande responsabilité qui lui incombe et une grande tâche à accomplir. BOZ ne s’estime pas du tout complexé et encore moins dépassé par la délicate mission lui confiée par ses pairs. Par contre, sereinement il promet de surprendre plus d’un. Ayant opté pour la continuation de l’action entreprises par ses illustres prédécesseurs, notamment par la préservation des acquis de la CEMAC. François BOZIZE, en sa qualité de président en exercice de la CEMAC, promet de privilégier le long de son mandat la recherche des conditions idéales du retour de la paix aux frontières de tous les pays de la sous région où les bandits de grands chemins se livrent actuellement à des actes de banditisme. Ce qui garantira à terme la libre circulation des personnes et de leurs biens. Et à côté de cette priorité, aucun effort ne sera ménagé par la présidence en exercice de la CEMAC pour faire avancer le dossier de l’émission du passeport unique à l’instar de l’Union Européenne. Ce qui aura comme bénéfice le rapprochement des peuples de la zone CEMAC. D’où la nécessité de tous les centrafricains de privilégier l’intérêt national en apportant leur soutien au président François BOZIZE qui a maintenant double casquettes : celle du président de la Rca et celle de l’organisation sous régionale. Ce qui devrait être un signe de fierté nationale pour tous les centrafricains.

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