Dans le processus de développement de tout pays moderne, un accent particulier est de nos jours mis sur l’implantation d’un réseau bancaire fiable, dynamique, compétitif et soucieux d’accompagner le pays dans son élan vers le bien être d’un plus grand nombre de ses compatriotes. Contrairement aux vieilles sociétés traditionalistes dotées d’une économie saugrenue basée sur la pratique dite de la cueillette et la culture saisonnière, les techniques du management moderne de la gestion des Etats –nations recommandent aux politiques le recours aux nouveaux instruments de développement socio-économiques à même de favoriser le financement des différents projets de développement socio-économiques.
Il est impossible dès nos jours de s’attendre à un quelconque développement socio-économique d’une société alors qu’elle ne dispose pas d’un réseau bancaire capable de mettre à la disposition des différents acteurs de développement des facilités monétaires diversifiées, notamment des lignes de crédit, de facilités de caisses…
Répondant à toutes ces exigences de gestion moderne étatique, la RCA a dans sa politique de développement socio-économique opté pour la libéralisation du secteur bancaire offrant à tout opérateur économique capable et respectueux de la législation nationale d’investir dans ce secteur financier du reste fort complexe. Et devenu membre d’une zone monétaire et économique, la CEMAC, la RCA doit désormais faire observer également aux opérateurs économiques de ce secteur la législation de la Cobac qui demeure l’unique véritable autorité monétaire dans toute la sous-région des Etats membres.
Cependant de l’analyse sans complaisance du circuit bancaire centrafricain, il ressort que le nombre des institutions bancaires établies actuellement sur le territoire centrafricain est fort minime par rapport aux exigences nationales et au besoin du développement. Nous avons pu identifier sur place en RCA en tout et pour tout que 4 banques dont, l’Ecobank nouvellement implantée, la Cbca, la Banque maroco,…… .
Et en gestation la banque libyenne qui va également bientôt ouvrir ses portes pour le bonheur du peuple centrafricain. Il faut cependant souligner que les capacités financières de ces 5 banques établies en RCA ne suffisent pas à elles seules pour une meilleure satisfaction de besoins du financement de l’économie centrafricaine. Quand on compare de petits pays comme le Bourkina Faso, le Bénin, le Mali, pour n’en citer que ceux-ci, l’on se rend compte qu’ils ont une certaine longueur d’avance par rapport à la Centrafrique. Ces petits pays subsahariens parviennent à financer leur économie grâce à la présence nombreuse de banques qui sont aussi diversifiées suivant les secteurs de la vie économique et les besoins en présence. Dans ces pays vous aviez ainsi de banques de l’habitat, des banques agricoles, des banques de l’artisanat, des banques dites de développement, des banques commerciales … C’est grâce notamment à la présence de toutes ces banques et aux facilités bancaires qu’elles accordent dans l’octroi de crédits que tous ces petits pays ont pu parvenir à un niveau assez avancé de développement. L’exemple des pays latino-américains et asiatiques leur a beaucoup servi dans la prise de conscience en vue de faciliter l’implantation des maisons bancaires et autres institutions d’octroi de crédit. Tout gouvernement d’un pays soucieux de parvenir au développement socio-économique en vue du bien être de son peuple doit privilégier et favoriser l’implantation de banques privées sur son territoire national. En Amérique latine et en Asie du Sud Est où on a eu à enregistrer pendant ces dix dernières années un taux élevé et soutenu de la croissance économique, le secret de leur croissance économique est notamment dans la volonté de leurs dirigeants politiques qui ont favorisé l’implantation de vastes réseaux bancaires. Et au bout des dix ans, ces pays sont aujourd’hui classés dans la catégorie des pays dits émergeants ou nouvellement développés.
Nous voudrons cependant faire ressortir un élément saillant sur la particularité du réseau bancaire centrafricain qui requiert un profond changement afin d’en faire un outil de développement au profit de la RCA. Dans leur configuration actuelle, il est difficile de s’attendre à un quelconque développement de ce pays. Il faut ici avouer qu’il n’existe en RCA aucune banque sérieuse dite de développement et digne de ce nom, et que l’on puisse qualifier de citoyenne. Citoyenne par l’intérêt accordé au développement du pays, notamment par la pratique des taux d’intérêts incitatifs, par l’allégement de conditions d’octroi de crédits aux agents de développement, par les facilités dans l’ouverture de comptes bancaires.
Des enquêtes menées à cet effet à Bangui pour cerner le niveau d’appréciation des services offerts par ces différentes banques de la place à leur clientèle. Il nous a été amené de découvrir qu’un plus grand nombre de ceux qui recourent aux services bancaires en RCA s’estiment mieux servi par l’Ecobank qui, contrairement à la concurrence locale, a su diversifier ses services et procédé au rapprochement des intérêts de sa clientèle. Personne ne peut aujourd’hui nous contredire du fait qu’Ecobank soit parvenue à se hisser en un temps record au top du réseau bancaire centrafricain par l’ingéniosité de ses promoteurs et le savoir-faire de son personnel. Le tout sur fond du souci permanent de mieux servir la clientèle qui est sa raison d’existence et sa préoccupation première. Il nous a été amené de découvrir que parmi les facilités accordées à sa clientèle parmi laquelle se trouve également les gagnes petits, Ecobank, contrairement aux autres banques sœurs de la place, accorde notamment un crédit spécial dit ‘’rentrée scolaire’’ par lequel tout "centrafricain, riche ou pauvre, peut financer la rentrée scolaire de ses enfants sans trop de peines. Jamais auparavant on a vu pareille pratique bancaire à Bangui ou carrément de façon générale en RCA. La plupart des banques implantées en RCA sont plus tournées vers le gain facile.
C’est ici l’occasion pour nous de saluer l’initiative de l’actuel gouvernement de la RCA qui a su favoriser l’ouverture de nouvelles banques en Centrafrique. Un citoyen britannique que nous avons rencontré récemment au restaurant Relai de chasse de Bangui, et qui a déjà totalisé plus des 15 ans en RCA nous a avoué que depuis son arrivée en RCA, c’est la toute première fois qu’il voit un chef d’Etat encourager l’implantation des nouvelles banques en un temps record. Il a eu à nous citer à cet effet Ecobank et la banque libyenne qui ont ouvert leurs portes dans moins des deux ans. Contrairement aux anciens régimes politiques, François BOZIZE a ce mérite d’être aligné parmi les vrais bâtisseurs. Nous l’encourageons à exceller davantage dans la politique économico-financière en vue de l’implantation des nouvelles banques en RCA. Le développement socio-économique de tout pays passe par le renforcement de sa capacité bancaire qui demeure un véritable gage de développement.
Pour mieux informer nos lecteurs, nous allons tout au long du mois procéder dans nos colonnes à l’examen de la situation de chaque banque locale afin de mieux faire connaître au public centrafricain la nature et le fonctionnement des banques centrafricaines.

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