Les premiers résultats que vient de publier en week-end dernier la Commission électorale angolaise donnent le Mpla vainqueur aux dernières élections législatives. C’est fini, les dés sont jetés. Le Mpla va disposer désormais d’une majorité réconfortante au prochain parlement angolais. Le président Edouardo Dos Santos peut s’estimer heureux car il a maintenant les moyens constitutionnels d’introduire les projets d’amandement de la constitution angolaise dont il avait manifesté ardemment le désir durant la campagne électorale. Devenu premier pays africain producteur de l’or noir et 5e mondial, l’Angola dispose d’une bourse bien garnie qui offre à Dos Santos l’opportunité de léguer aux générations futures angolaises de souvenirs inoubliables en terme de bien être d’un plus grand nombre. Le président Dos Santos peut bien tranquillement poursuivre ses prestigieux chantiers de grandes infrastructures de base exécutées par des sociétés brésiliennes, portugaises et chinoises qui vont certes à terme changer la physionomie de Luanda. Et toutes les chances sont également de son côté pour une meilleure préparation des futures élections présidentielles annoncées officieusement pour 2009, et auxquelles des milieux bien informés de la politique angolaise affirment que son nom sera aligné comme seul candidat à sa propre succession à la tête du pays pour compte de son parti politique qui sort booster des dernières échéances électorales remportées haut la main. Organisées le vendredi dernier, les angolais fatigués par les affres de la longue guerre civile sont sortis nombreux pour voter leurs futurs députés. Il faut cependant reconnaître que les avis sont partagés sur la régularité de ces premières élections angolaises dont tous reconnaissent unanimement avoir été entaché d’irrégularités. L’Unita, premier parti de l’opposition au pouvoir du président Dos Santos, a eu dans un premier temps à crier à la tricherie électorale et à la fraude institutionnalisée. Le vieux parti de l’opposition a eu à citer notamment la multiplication des cartes électorales parallèles, l’absence de listes électorales et des cartes d’électeurs, l’ouverture tardive des certains bureaux électoraux et la vaste corruption. Ce qui l’avait conduit a exigé dans un premier temps auprès de la commission électorale la suspension pure et simple des élections dans certains bureaux de la capitale Luanda. Et du côté des observateurs internationaux, unanimement tous reconnaissent que les dernières élections législatives angolaises ont été certes libres, mais entachées de certainement irrégularités jugées tout de même de mineures. La conclusion qui se dégage est que ces irrégularités électorales ne sont pas du tout de nature à remettre en cause la régularité de ces élections. Et la Commission électorale nationale qui vient de rejeter la demande d’annulation des résultats pour certains bureaux de la capitale a annoncé dès dimanche dernier la victoire du Mpla déclaré vainqueur au premier tour avec plus des 80 % des voix. Il n’y aura donc plus de deuxième tour électoral en Angola, et les carottes étant cuites, il faut se rendre à l’évidence. Et pour une fois, l’Unita vient d’agir en grand en faisant montre d’une grande maturité et du nationalisme. Contrairement à son comportement contestataire de 2002, avec élégance, elle a reconnu sa défaite. De son côté, Dos Santos sort réconforté par ces dernières élections qui lui ouvrent désormais la voie royale pour poursuivre ses nombreux chantiers de la modernisation de son pays qui a encore les stigmates d’une longue et périlleuse guerre civile dont le nombre de victimes se compte par centaines des milliers. Aux dires des analystes de la politique angolaise, ce sont notamment ces stigmates de la guerre civile atroce menée sans désemparer par feu Jonas Savimbi qui auraient joué en défaveur de l’Unita accusée par tous de la commission de plusieurs cas de violations des droits de l’homme, des assassinats en série et des exactions. Et à ce propos, il faut ici souligner que contrairement à la quiétude qui a régné dans les zones sous contrôle gouvernemental dirigées par le Mpla, les zones sous contrôle de l’ex mouvement rebelle se caractérisent par l’absence d’une véritable politique de développement. La quasi inexistence des infrastructures scolaires et universitaires, l’absence totale de structures économiques modernes, l’absence de complexes hospitaliers, l’inexistence des structures publiques dignes de ce nom sont là les caractéristiques de la gestion chaotique de cet ex mouvement rebelle qui a affiché piètre figure en matière de développement. Seuls Jonas Savimbi et ses sbires ont su tirer profit de l’exploitation du diamant. Plus personnes ne veut encore de la reprise de la guerre civile en Angola. Ce vieux souvenir de l’image des enfants arrachés brutalement à leurs familles pour aller servir comme soldats dans les rangs de l’Unita a laissé un goût amer aux angolais qui regardent l’Unita d’un mauvais œil et à cause notamment de son passé maffieux et meurtrier. Ce qui nous pousse alors au vu des résultats électoraux partiels à parler des votes sanctions contre l’Unita qui voit ainsi le nombre de ses députés passer des 70 à 15. Les bulletins partiellement dépouillés ne donnent à l’Unita que 10,36% de voix. Ce qui pousse les fanatiques de ce parti à envisager dores et déjà une refonte en profondeur de structures de ce parti politique qui doit s’absoudre de ses vieux démons s’il veut se préparer utilement en vue de la participation aux futures élections présidentielles de 2009. Il est même envisagé la nécessité de la démission de l’actuel président en exercice, Samako, pour effacer l’image de Jonas Savimbi et sa cohorte de violences dont le peuple angolais a eu à souffrir pendant les 27 années de guerre civile.
C’est ici l’occasion propice pour nous d’inviter le peuple africain à adopter l’attitude du peuple angolais à l’endroit de l’Unita quant au sort à réserver prochainement à des petits dictateurs et autres seigneurs de guerre qui ont compromis impunément l’avenir de leur peuple par la commission des actes de violations des droits de l’homme, les détournements de deniers publics et l’inversion de valeurs morales. Tous les petits dictateurs africains et autres potentats devraient à l’avenir s’attendre à subir le même traitement que l’Unita. Petit à petit, le peule africain commence à acquérir la maturité en comprenant la nécessité de voter désormais utilement. Le vieux dictateur Zimbabwéen en a eu pour son compte lors des dernières élections présidentielles où il a vu son peuple le sanctionner sévèrement. N’eut été sa vilaine tricherie, il serait aujourd’hui défenestré honteusement de la scène politique à cause de ses mauvais choix des options politiques et de sa mauvaise gestion sur fond de la violence et de la concussion.
Et contrairement aux élections de 1992 qui avaient été réfutées par l’Unita pour fraude électorale, sa direction nationale qui avait au départ crié à la tricherie vient de poser un acte patriotique de haute facture. L’Unita a fini par reconnaître sportivement son échec et la victoire du Mpla qui l’a remporté haut la main dès le premier tour. Ainsi, le spectre de la violence redoutée par tous s’est éloigné du ciel angolais. Il règne à Luanda un calme général assorti de l’indifférence générale de la population plus préoccupée par la consolidation de la paix. Plus personne ne veut encore du retour de la guerre civile.
Désormais, une nouvelle page de l’histoire politique a été ouverte en Angola et le peuple se prépare à tirer utilement profit de ses pétrodollars. La sagesse de l’Ecclésiaste a été entendue par les angolais : UN TEMPS POUR LA GUERRE, UN TEMPS POUR FAIRE LA PAIX ; UN TEMPS POUR DETRUIRE ET UN TEMPS POUR REBATIR.

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