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DEVENU INFIDELE, LA BANQUE MONDIALE VOMI LE TCHAD

LA BANQUE MONDIALE SE DESENGAGE DES ACCORDS PETROLIERS DE DOBA

Faute de bonne gouvernance, la Banque Mondiale rompt avec Ndjamena

mercredi 10 septembre 2008, par Jean Paul BWANA , pasteur évangéliste

Pour une fois, la Banque Mondiale a privilégié l’intérêt du petit peuple. Au lieu de ne voir que l’aspect business comme il en a l’habitude, la Banque Mondiale vient de cracher sur des Accords juteux qui les liaient au gouvernement de Ndjamena. Et pour cause : la mégestion, la surfacturation des grands marchés publics, la gabegie au sommet, et la non prise en compte des intérêts de générations futures pourtant convenues avec la Banque Mondiale lors de la signature des Accord de Doba de 2001.

Voir en ligne : Bonne gouvernance

A la suite de la persistance des actes de mauvaise gestion de la manne pétrolière par le gouvernement Tchadien, les plus hautes instances de la Banque Mondiales ont fait connaître dernièrement la suspension de la participation de cette institution financière internationale de l’engagement pétrolier de Doba qui le liait jusque là au gouvernement Tchadien.

Pour mémoire, en 2001, la Banque Mondiale avait financé et cautionné les recherches et investigations pétrolières sur les gisements tchadiens pour de centaines de milliers de dollars. Cet accord pétrolier était assorti cependant d’une conditionnalité en terme de bonne gouvernance et qui ne pouvait être violée par Ndjamena. Pour prouver sa bonne foi, le Tchad s’était engagé sur base de directives des experts de la Banque Mondiale, à utiliser rationnellement les retombées de ce projet combien juteux. Une partie importante de la future manne pétrolière devait être épargnée afin de servir aux générations futures du peuple tchadien étant donné que le pétrole est un produit non renouvelable et dont le gisement a une durée de vie limitée. Les deux parties avaient convenu de l’utilisation de la manne pétrolière au financement de seuls projets de développement socio-économiques. Toute dépense de prestige et autres sorties intempestives de fonds au profit notamment de l’achat des armes de guerre devaient être proscrites. Et dans la même logique, une gestion équitable et transparente de fonds publics devait être instituée au niveau du gouvernement national. Et en aucune fois, personne parmi les architectes de ce projet historique n’avait pensé un seul instant que le pouvoir de Ndjamena se permettrait un jour de remettre en cause ces accords, et encore moins de les torpiller notamment par de ponctions, de détournements de fonds publics, la pratique de la surfacturation de marchés publics et autres infrastructures de base. Les achats de l’armement étant du restes déconseillé au gouvernement de Ndjamena. Seuls les projets viables de développement socio-économiques devraient être privilégiés par le pouvoir tchadien.

Mais dès que le projet de Doba était entré dans sa phase d’exploitation et que l’or noir commençait à couler à flot dans les pipelines tchadiens en gonflant la réserve en devises fortes. Les bonnes intentions ont fini par voler en éclat et le vieux démon de la mauvaise gouvernance s’est invité dans l’establishment tchadien. Ce qui a suscité d’énormes dérapages financiers ayant conduit à la remise en cause de toutes les conditions consensuelles pourtant convenues avec les bailleurs de fonds internationaux. Devant l’indifférence caractérisée affichée par le pouvoir tchadien qui a continué à briller notamment par le non respect des Accords pétroliers de Doba et sa ferme détermination à ne point répondre aux exigences du gendarme de la haute finance internationale. Abasourdie, la Banque mondiale qui se dit déçue par le comportement irresponsable de Ndjamena, vient de procéder à la suspension pure et simple de sa participation aux engagements pétroliers de Doba. Ces Accords pétroliers, soit dit en passant, étaient pourtant pour la Banque Mondiale, un élément de référence pour faire triompher l’instauration de la bonne gouvernance de fonds du trésor public sur le continent africain. D’où elle ne pouvait continuer à supporter en toute impunité les égarements du pouvoir de Ndjamena quine s’est pas du tout comporté en gentleman. Pour ne pas se salir inutilement par cette affaire truffée de biens d’irrégularités, la banque mondiale a préféré privilégier son honneur et le prestige légendaire. L‘argent n’aime pas du tout du bruit, dit-on. D’où cette grave décision de la Banque Mondiale est motivée par son refus de continuer à cautionner des irrégularités et autres actes de mégestion de la manne pétrolière tchadienne devenues récurrentes. L’opinion parle à la fois de l’échec de la Banque Mondiale et de celui du Tchad. Tous restent disposés de maintenir leurs rapports officiels. Et à ce propos le gouvernement Tchadien dépêche la semaine prochaine au siège de la Banque Mondiale une haute délégation conduite par le ministre des Finances. Ce qui pourra être une occasion de revoir le fond de ce dossier de peur de voir la crédibilité internationale du gouvernement du président Idris Debis être entamée.

Nous encourageons les plus hautes instances de la Banque Mondiale a maintenir sa pression sur le gouvernement Tchadien afin de lui obliger de revenir à la bonne gouvernance en privilégiant les intérêts de générations futures. Toutes ces guerres civiles déplorées sur le continent africain sont quasiment la conséquence d’absence de dialogue et du refus de l’instauration de la bonne gouvernance au sommet des Etats. Rares sont les pays où de bandits se transforment en forces rebelles pour torpiller l’action gouvernementale. Il faut que la pression de la Banque Mondiale soit élargie à l’ensemble des pays africains si l’on veut voir le continent noir sortir de son cycle de violence et de la dictature.

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Pasteur Jean Paul BWANA




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