Les responsables de l’expérience rassurent. Le plus important accélérateur du monde a produit certes des énergies exceptionnelles dans son tunnel, mais qui ne sont rien au regard de celles des cellules cosmiques qui bombardent continuellement notre planète. Nous ne devrions donc pas être dévorés par un champ gravitationnel superpuissant qui échapperait au contrôle des physiciens du CERN.
Oui, mais... Les angoisses face à la prétention de l’homme de percer les mystères de la création ne sont pas nouvelles. Elles doivent être aussi vieilles que lui et ses premières pensées, celles qui l’ont fait échapper à un destin tout tracé.
Depuis la conquête du feu, il prend des risques dont certains s’inquiètent. Ce qui a nourri de très belles œuvres artistiques sur le thème de l’apprenti sorcier, du savant emporté par sa curiosité, de l’alchimiste victime de ses dosages aventureux. Si le mythe du démiurge s’autodétruisant fonctionne si bien, cela tient peut-être à la crainte ancestrale qu’en cherchant à savoir ce qu’il y a derrière le miroir, c’est Dieu que l’homme défie. Et qu’il s’expose soit à leur vengeance soit à la dérive de celui qui a créé le monde et tout ce qu’il contient. L’Evangile n’annonce-t-il pas cette Apocalypse que de nombreux fanatiques avaient prévue au passage à l’An Mille ?
Les discours alarmistes liés à la mise en service de l’accélérateur de particules (LHC) du CERN à Genève résonnent très fort dans notre inconscient, fortement empreint de thématiques de la fin du monde, issues des traditions anciennes grecque et judéo-chrétienne.

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