Les semaines sociales sont un colloque, une rencontre de réflexion et d’échanges. Elles ont pour objectif d’offrir l’opportunité aux communautés chrétiennes et aux hommes et femmes de bonne volonté de partager leurs expériences sociales sur un thème majeur et contemporain de société.
Cette année, la Commission épiscopale « Justice et paix » du Burkina (CJP-B), dont l’une des missions est de défendre les droits humains violés, particulièrement ceux des plus faibles et des laissés-pour-compte de la société, organise la 3e session des semaines sociales, instituées au Burkina Faso depuis 2005.
Pour ce faire, Mgr Thomas Kaboré, président de la CJP-B, et le secrétaire national de ladite institution, François de Sales Bado, ont animé le mercredi 17 septembre dernier, au centre national cardinal-Paul- Zoungrana, une conférence de presse.
Au cours de cette rencontre avec les médias, les deux hommes ont présenté les semaines sociales, qui se tiendront du 17 au 21 novembre 2008, autour du thème « Corruption et lutte contre la pauvreté : quelle contribution de l’Eglise catholique ? » (Voir encadré).
Pour l’évêque de Kaya, Mgr Thomas Kaboré, le phénomène de la corruption constitue une préoccupation pour l’Eglise catholique, parce que, d’une part il est contraire à sa doctrine sociale, et d’autre part il est un obstacle pour le développement, et contribue à la paupérisation des populations particulièrement dans les pays du tiers-monde.
« L’Eglise veut donc faire prendre conscience que la corruption est une grave injustice faite aux pauvres », prêche le Mgr Thomas Kaboré. Il s’agit, par ces semaines sociales, d’engager les communautés chrétiennes et, à travers elles, l’Eglise catholique dans la lutte contre la corruption en vue de promouvoir le développement et une justice sociale étendue au plus grand nombre de citoyens.
A l’issue de la session, il est attendu une lettre pastorale par la conférence épiscopale du Burkina sur la corruption. « Nous ferons en sorte que les conclusions puissent servir », promet le secrétaire national de la CJP-B, François de Sales Bado.
Près de 300 participants étrangers et nationaux sont attendus à cette rencontre, placée sous le parrainage de Michel Camdessus, ancien directeur général du FMI, ancien président des semaines sociales de France et membre du Conseil pontifical « Justice et paix ».
Agnan Kayorgo Hyacinthe Sanou (stagiaire) Menu des semaines sociales du Burkina du 17 au 21 novembre 2008
1. Conférences :
• Politique de développement et lutte contre la corruption : problème africain ou problème mondial ?
• Etat des lieux de la pauvreté au Burkina Faso : quelle politique et stratégies de réduction de la pauvreté ?
• Contribution de l’Eglise catholique à la lutte contre la pauvreté et la corruption
• La corruption au Pays des hommes intègres : ampleur et conséquences économiques et sociales
• Le système institutionnel et les organisations de lutte contre la corruption au Burkina Faso : forces et faiblesses.
2. Panels :
• Le croyant face à la corruption dans le monde des affaires
• L’Eglise catholique et la corruption.
3. Ateliers :
• Les causes de la corruption au Burkina Faso
• Les stratégies et mesures à mettre en œuvre pour lutter efficacement contre la corruption au Burkina Faso
• L’Eglise catholique et la lutte contre la corruption au Burkina Faso : que faire et comment faire ?
Une visite de terrain pour sensibiliser les participants au visage réel de la pauvreté au Burkina Faso est prévue auprès des femmes concasseuses de pierres à Pissy (Ouagadougou).

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