Selon le Professeur Marta Weinstock-Rosin, chercheuse à l’Université Hébraïque de Jérusalem (UHJ), le stress subi par la mère durant la grossesse peut avoir de graves conséquences sur l’enfant : un développement plus lent, des difficultés d’apprentissage et d’attention, de l’anxiété et des symptômes dépressifs et même générer une forme d’autisme.
Le stress subi par le fœtus fait l’objet de nombreuses recherches sur le plan comportemental et biologique. Cependant, mesurer de façon objective, évaluer ce stress et ses conséquences s’avère extrêmement complexe car les études s’appuient en majeure partie sur des témoignages anecdotiques et sont fortement influencées par des facteurs génétiques.
Le Prof. Marta Weinstock-Rosin de l’Ecole de pharmacie de l’Université Hébraïque de Jérusalem lutte depuis plusieurs années pour démontrer la relation entre le stress prénatal et les conséquences néfastes sur les enfants, grâce à ses recherches expérimentales poussées sur les rats.
« Il y a un grand avantage à travailler sur des rats » explique le Professeur Weinstock-Rosin, « car cela permet d’éliminer le facteur génétique et subjectif. » Les chercheurs ont pu comparer les comportements de rats femelles stressées avec ceux de femelles non stressées. Les chercheurs ont aussi étudié l’effet de divers types de stress suscités à des moments différents de la gestation, période très sensible aux modifications comportementales.
Ces travaux du Professeur Weinstock-Rosin, menés en collaboration avec des collègues israéliens, britanniques et d’autres centres de recherche, ont été présentés à la conférence internationale « Les Conséquences à long terme du Stress aux premiers moments de la vie », que Marta Weinstock-Rosin co-préside avec le Docteur Vivette Glover de l’Imperial College de Londres à Jérusalem, les 29 et 30 octobre 2008.
Grâce à ses expériences en laboratoire, le Professeur Weinstock-Rosin a pu montrer que lorsque les rats femelles sont soumises à des situations stressantes (des sons irritants répétés à divers moments, par exemple), leur fœtus avait ensuite des capacités d’apprentissage et de mémorisation inférieures à la moyenne. Ils manifestent une moindre résistance aux situations critiques (comme la privation alimentaire), de l’anxiété et un comportement dépressif, par comparaison avec les rats de groupes témoins nés de femelles non stressées. « Les mêmes symptômes ont été observés chez des enfants nés de mères stressées durant la grossesse », précise-t-elle.
D’autres expériences du Professeur Marta Weinstock-Rosin et de ses étudiants ont montré l’effet néfaste d’un niveau excessif de cortisol, cette hormone libérée par la glande surrénale en période de stress et qui atteint le cerveau du fœtus aux stades critiques du développement cérébral. En situation normale, cette hormone a une fonction bénéfique et approvisionne en énergie, à condition qu’elle soit délivrée en petite quantité et sur une courte durée. En phase de stress excessif, cette hormone, délivrée en grande quantité, atteint le cerveau du fœtus et peut provoquer des changements structurels et fonctionnels importants.
Un niveau de cortisol plus élevé que la normale peut également affecter le développement normal du fœtus en amenant une autre hormone vers le placenta et causer une naissance prématurée.
La professeur Weinstock-Rosin va poursuivre ses travaux sur les effets encore inconnus des hormones délivrées au fœtus à un niveau trop élevé. Mais les premiers résultats, édifiants, incitent à conseiller d’éviter de stresser les femmes enceintes dans toute la mesure du possible pour favoriser une grossesse saine et un fœtus sain.

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