Genève, le 4 novembre 2008 – De l’avis des plus anciens, c’est sans doute l’assemblée la plus importante de l’histoire de l’Alliance évangélique mondiale (WEA) qui s’est tenue à Pattaya, tant au niveau de l’unité vécue que de la vision qui s’est dégagée. Dans son message d’ouverture, le président Ndaba Mazabane d’Afrique du Sud, a insisté sur le thème de la conférence : « Un seul Seigneur, un seul corps, une seule voix ». Et d’inviter ainsi les participants « à écouter Dieu et à nous écouter les uns les autres, pour discerner ce que nous pouvons faire pour cette génération. » Le Dr Geoff Tunnicliffe, directeur international de la WEA, a renchéri en soulignant l’importance de « construire des relations encore plus fortes au sein du mouvement évangélique, et de renouveler notre compréhension et notre engagement dans tous les domaines de la société. » « Une même compréhension s’est dégagée pour réaffirmer la nécessité de l’évangélisation du monde, et simultanément le besoin de s’engager ensemble pour répondre aux grandes problématiques sociétales actuelles », a pu remarquer Norbert Valley, président du Réseau évangélique. Un accent fort a été mis durant toute cette conférence sur les thèmes de la liberté religieuse, de la pauvreté et de la nécessité d’un engagement sociopolitique réfléchi et concerté.
« C’était très impressionnant d’être en présence de 500 leaders représentant un groupe de 420 millions de croyants dans le monde. Il y a là un réseau assez unique de 3 millions d’Eglises locales, avec un énorme potentiel pour amener des transformations positives dans les nations », s’est exclamé le secrétaire général du Réseau évangélique, Jean-Paul Zürcher, visiblement ému d’être plongé ainsi au cœur du christianisme évangélique actuel dans le monde. Un christianisme mondial dont le centre de gravité s’est déplacé depuis plusieurs décennies dans les pays du Sud. L’Europe ne représente en effet plus que le 4 pourcent du total, avec ses 17 millions de chrétiens de conviction évangélique. Ainsi, lorsque l’ensemble des représentants des pays d’Amérique latine ont défilé sur la scène pour dire quelle était leur origine, on a pu se rendre compte de la progression phénoménale du mouvement évangélique dans ces pays. Le Guatémala compte par exemple plus de 30% d’évangéliques, sans qu’il s’agisse d’un cas unique. Tous ces pays ont été évangélisés il y a une centaine d’années seulement. Mais plusieurs d’entre eux sont parmi les pays qui envoient aujourd’hui le plus de missionnaires dans le monde, en particulier parmi les peuples non atteints par l’Evangile.
Comme un signe fort de leur conviction que Dieu est réellement souverain, les délégués de l’Alliance évangélique ont consacré leur première journée au jeûne et à la prière afin d’intercéder pour les besoins du monde. La persécution religieuse, la pauvreté globale, la recherche de la paix, l’évangélisation du monde ont été au centre de leurs prières. La situation particulièrement dramatique vécue dans l’Etat de l’Orissa en Inde a constitué un des sujets d’intercession. Depuis plusieurs mois, une vague de persécution et de haine d’hindous fanatisés s’abat sur les chrétiens. Plusieurs dizaines de milliers de croyants ont dû se réfugier dans la forêt pour éviter d’être tués. Plus de 4’000 maisons et 400 églises ont été brûlées. Des femmes ont été violées devant les yeux de leurs enfants.
Le sri lankais Godfrey Yogarajah s’est vu imposé les mains pour prendre la responsabilité de la commission de l’Alliance évangélique mondiale pour la liberté religieuse, succédant au finlandais Johan Candelin. Le Rév Yogarajah a affirmé que la commission se focaliserait sur les trois « E » que sont : (1) Eduquer et former les Eglises pour résister à la persécution et à la souffrance ; (2) Etayer les cas de persécution dans certains pays, en les documentant et en faisant un travail de défense et de lobbying ; (3) Encourager les chrétiens et les Eglises dans les pays persécutés à tenir ferme pour le Christ, en offrant une assistance pratique. « Je viens d’un pays où il y a tellement de persécutions que mon cœur va vers tous ces autres pays où il y a aussi de la persécution » a-t-il dit. « C’est un grand défi mais c’est aussi un appel qui nous est adressé pour préparer l’Eglise à la souffrance et à la persécution. Si l’Eglise est préparée, elle peut généralement résister à la persécution et faire l’expérience d’une croissance formidable. Cela peut être une grande opportunité. »
Le Rév Joël Edwards, précédemment directeur de l’Alliance évangélique britannique, a été nommé nouveau directeur du « Défi Michée », connu sous le nom de « StopPauvreté » en Suisse. Cette campagne aide les chrétiens à se mobiliser et faire pression sur leurs gouvernements respectifs pour qu’ils accroissent leurs efforts en vue d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), qui sont de réduire de moitié la pauvreté globale jusqu’en 2015. Parlant de sa nomination, le Dr Edwards a déclaré : « Les OMD sont quelque chose de prophétique sur lequel les gouvernements se sont mis d’accord. Comme chrétiens nous avons la responsabilité d’augmenter notre degré de solidarité avec les pauvres, de marcher avec les pauvres, de servir les pauvres. Mais nous avons aussi la responsabilité de faire rendre des comptes à nos gouvernements sur la base des promesses qu’ils ont faites. » Parlant de l’ampleur du défi pour libérer le monde de la pauvreté, il a affirmé : « ce n’est pas une raison pour se laisser aller au cynisme ; Jésus a dit : « les pauvres seront toujours avec vous ». La longévité de la pauvreté nous confrontera toujours. Mais comme chrétiens nous avons une responsabilité étonnante de n’amener pas seulement de l’optimisme, mais aussi de l’espoir dans des situations très difficiles. »
Le directeur de la WEA a terminé cette assemblée générale en appelant les évangéliques à rester en phase avec l’œuvre de Dieu sur la terre. « C’est ma prière que notre communauté soit formée d’hommes et de femmes qui vivront selon ce que Dieu désire pour leur vie, et qui seront de bons leaders ayant reçus de Dieu une vision qui leur permettra de faire une différence dans ce monde », a-t-il dit. « La chose la plus importante que vous puissiez faire de votre vie, c’est de l’amener à être partie intégrante de l’histoire jamais terminée du Royaume de Dieu. Dieu est déjà à l’œuvre dans le monde. Il agit. Il nous faut juste nous aligner sur ce qu’il fait déjà. »
L’Alliance évangélique mondiale (WEA) compte 128 alliances évangéliques nationales situées dans 7 régions du globe, et 104 organisations membres associées. La vision de l’Alliance évangélique mondiale est d’étendre le Royaume de Dieu en faisant des disciples parmi tous les peuples, et en apportant une transformation de nos sociétés centrée sur le Christ. L’Alliance évangélique mondiale existe pour encourager les chrétiens à l’unité, et pour donner une identité, une voix et une plateforme aux 420 millions de chrétiens évangéliques dans le monde.
Le Réseau évangélique est la partie romande de l’Alliance évangélique mondiale. Il compte 200 Eglises et œuvres membres, et représente 42’000 chrétiens de conviction évangélique, issus des Eglises de professants (évangéliques) et des Eglises dites historiques (réformées).
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