Un jeune homme de 17 ans s’est suicidé à la maison d’arrêt de Moulins, dans l’Allier, ont indiqué, samedi 14 mars, des sources judiciaire et policière. "Le corps a été découvert à 3 h 30" dans la nuit de vendredi à samedi, a précisé la source judiciaire interrogée par l’AFP, ajoutant qu’il s’était "vraisemblablement donné la mort par pendaison" dans sa cellule individuelle.
Le jeune détenu était incarcéré dans le quartier des mineurs depuis quelques jours seulement, en raison d’une révocation de sa peine avec sursis, a précisé la source judiciaire. "Il a déjà connu l’incarcération plusieurs fois", a ajouté cette source, sans préciser les raisons pour lesquelles le mineur avait été condamné. La direction régionale des services pénitentiaires Rhône-Alpes-Auvergne a quant elle répondu ne "pas communiquer" concernant les affaires de suicide.
En février 2008, un mineur s’était suicidé dans l’établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM) de Meyzieu (Rhône), suscitant une polémique et une mise en cause de la direction pénitentiaire, alors qu’est dénoncée l’augmentation des suicides de détenus dans les prisons françaises. En février dernier, deux condamnés à de longues peines de la centrale de Moulins-Yzeure, toute proche de la maison d’arrêt, se sont évadés de manière spectaculaire à l’aide d’explosifs et mené une course-poursuite à travers le nord de la France avant d’être rattrapés.
Il serait temps de mettre au cœur du débat les conditions carcérales en France. Tous les Gouvernements successifs ont envisagés de vagues projets demeurés lettres mortes. La punition face à des actes légalement répréhensibles est justifiée. Mais, ajouter l’humiliation d’un être humain, notamment mineur est une injustice sans nom.
La justice devenue injuste semble être une plaisanterie. Et pourtant, bon nombre de prisonniers vivent dans la promiscuité ( 4m2 pour deux détenus ), et l’insalubrité. Sans parler des mauvais traitements infligés. Ce ne sont point les surveillants qui sont en cause. Ils exercent un travail difficile et peu valorisé. Ce sont les effectifs qui ne cessent de diminuer faute de subventions.
Il ne faut pas oublier également les éducateurs, les visiteurs de prisons etc.... Toute cette petite vie qui grouille loin de nos regards. Ceux qu’on préfère ignorer, ne plus voir. Et la famille qui n’est que rarement soutenue dans cette épreuve. A force de juger l’humain plutôt que ses actes. Nous avons créés la société de désespérance dont nous récoltons les fruits pervertis. Il serait indispensable de remettre l’Humain au centre de nos sociétés et de prendre en considération sa dignité, quoiqu’il est fait. La prévention doit toujours primer sur la répression. Hélas, nous faisons exactement l’inverse.Alors, ne soyons pas surpris des résultats obtenus !
Bruno LEROY.
Éducateur de rue.
( source : le Monde. )
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