La réunion du G-20 des pays les plus développés se tiendra samedi à Washington. Les participants tenteront de trouver des solutions structurelles et pérennes à la crise financière internationale née justement aux Etats-Unis. Fait à noter pour commencer, au lendemain de ce tsunami financier qui a radicalement ébranlé les fondamentaux du libéralisme, est né ce G-20. Avant, c’était le G-7, les sept pays les plus riches du monde. Puis le groupe s’est agrandi avec l’entrée dans ce cercle de la Russie, d’où le G-8.
Aujourd’hui on parle de G-20, parce que 12 contrées émergentes s’y sont invitées. Ces groupuscules de pays, qui se multiplient, s’arrogent le droit de régenter le monde comme ils l’entendent. Et on se demande à quoi servent véritablement de tels regroupements si ce n’est à manifester leur volonté de puissance. L’exemple est venu du président français, Nicolas Sarkozy, qui assure la présidence de l’Union européenne.
Celui-ci, après avoir analysé cette situation de crise, a appelé à « la moralisation du capitalisme financier » et réclamé que des sanctions soient prises contre d’éventuels coupables qui seraient à l’origine de cette catastrophe dont l’épicentre, on le sait, se trouve dans les « Subprimes ». N’est-ce pas encore une de ses agitations ?
Et puis, ce fameux sommet du G-20 intervient à un moment où le secrétaire au Trésor, Henry Paulson, revient sur son plan de sauvetage de l’industrie financière américaine, par injection de 700 milliards de dollars en vue de tenter d’enrayer la crise.
Ce revirement du grand argentier du pays de l’Oncle Sam, dans son plan, va consister maintenant à « soutenir des organismes de crédit, n’étant pas des banques, pour dynamiser la consommation », plutôt qu’à débarrasser les banques de leurs actifs « toxiques ».
Comme on le dit, l’argent n’aime pas l’incertitude. Toutes les bourses, depuis quelques jours, continuent leur chute. De Tokyo à Wall Street, c’est le repli total. Personne donc ne sait quel bout il faut prendre dans cette affaire, qui sera examinée au cours de ce sommet du G-20. Les grands absents à cette rencontre, sont les Africains. Seule l’Afrique du Sud y est conviée.
Le pays de Nelson Mandela va donc représenter tout le continent africain à cet important forum, alors que des chefs d’Etat comme le Congolais, Denis Sassou Nguesso, et le Béninois, Boni Yayi, ont fait des pieds et des mains pour obtenir une participation honorable du berceau de l’humanité à cette réunion de Washington.
Pourtant, quand la crise a éclaté et qu’il fallait expliquer, on a entendu un discours pour le moins rassurant du genre, nous ne seront pas très touchés par les conséquences de la crise. Morceau choisi concernant par exemple l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
« Nous avons mis en place…un comité de veille qui va regarder les canaux pour éviter pareille situation dans la zone, » a déclaré le gouverneur de la banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Henri Philippe Dacoury Tabley, qui avait rencontré la presse à Ouagadougou pour parler de la crise financière et de son impact dans la zone UEMOA en octobre dernier.
Et celui-ci d’affirmer que concernant les effets directs de la crise, l’espace UEMOA en est à l’abri, parce que les banques de l’Union ne sont pas engagées dans ces produits (les subprimes). Mais contre tout bon sens, ce sont les mêmes qui semblaient minimiser l’impact de la crise sur nos économies qui reconnaissent aujourd’hui que l’Afrique n’en est pas épargnée.
Pour le président de la Banque africaine de développement (BAD), Donald Kaberuka, personne ne pourra échapper aux effets de la crise. On oublie souvent que nos pays sont des exportateurs et qu’une quelconque crise économique au Nord a forcément des répercussions au Sud.
N’ayant donc pas été invités au sommet du G-20, les Africains, comme toujours, ont manifesté leur désapprobation avec en première ligne, comme nous l’indiquions plus haut, le président congolais, Denis Sassou Nguesso. Ils l’auront également exprimé lors d’une réunion des ministres des Finances et des gouverneurs de banques centrales d’Afrique à Tunis le mercredi dernier.
Ils se contenteront ainsi de cette rencontre qu’ils voulaient préparatoire au sommet de Washington. Et puis, la question qui se pose est ce qu’ils seraient allés faire là-bas, sinon flatter leur ego et faire du tourisme, leur voix ne comptant que très peu dans ce genre de fora de…grands.
Agnan Kayorgo
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