lundi 17 septembre 2007
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L’ancien Premier rministre Lionel Jospin revient sur la scène en tirant à boulet rouge sur Ségolène Royal dans son dernier livre. Selon lui, Ségolène Royal est « une illusion » qui ne doit pas se prolonger.
Dans « L’impasse », un livre à paraître le 24 septembre, Lionel Jospin écrit que Ségolène Royal n’est qu’une « illusion », la « moins capable de gagner », qui plus est « pas taillée pour le rôle » de secrétaire national du PS. Il juge également que Ségolène Royal est « une personnalité (qui) n’a pas les qualités humaines ni les capacités politiques » nécessaires pour remettre le Parti socialiste en ordre de marche et « espérer gagner la prochaine présidentielle ».
Selon lui, elle est « une figure seconde de la vie publique » qui n’est « pas taillée pour le rôle » de secrétaire national du PS. « Avoir commis une erreur (en la désignant) ne justifie pas qu’on la réitère » affirme-t-il.
L’objectif de « l’Impasse », le titre du livre, est « d’essayer de convaincre le PS et ses militants de ne pas récidiver en confiant à l’ex-candidate à la présidentielle les clés de la rue de Solferino lors du prochain congrès du PS, encore moins de lui fournir un deuxième visa de candidate à l’Elysée », écrit Libération.
Carrière politique de Lionel Jospin
De 1963 à 1965, Lionel Jospin est élève de l’ENA, dans la promotion Stendhal. Se trouvent dans la même promo : Yves Cannac, l’ancien président du Medef Ernest-Antoine Seillière, le ministre socialiste Jean-Pierre Chevènement, le sénateur RPR puis UMP Josselin de Rohan, Alain Gomez, le ministre RPR Jacques Toubon, Jean Vidal, Jean-Bernard Mérimée, Tristan d’Albis, et Christian Aubin. Il effectue son stage à la préfecture de Bourges, et son stage « ouvrier » dans les houillères du Nord.
Il entre au Quai d’Orsay comme secrétaire des Affaires étrangères à sa sortie de l’ENA, en 1965. Il se trouve à la direction de la coopération économique du Quai d’Orsay, où il travaille avec Ernest-Antoine Seillière.
En 1970, il abandonne sa carrière de diplomate pour devenir professeur d’économie à l’IUT de Sceaux (92). Après le congrès d’Épinay, il rejoint le Parti socialiste en 1971, à la demande de l’OCI. Il rencontre régulièrement Pierre Lambert ou d’autres responsables de l’OCI. Lionel Jospin n’en mène pas moins une carrière rapide au PS, devenant un protégé de François Mitterrand. Ce dernier, informé des années plus tard par Loïk Le Floch-Prigent de la double appartenance de Lionel Jospin, aurait répondu « Ne vous en faites pas, je sais ! Je m’en charge. C’est moi qui le retournerai ».
En 1973, il entre au Bureau exécutif et devient Secrétaire national à la formation.
En 1977 Lionel Jospin est élu au Conseil de Paris, dans le XVIIIe arrondissement, puis député de la capitale en 1981, jusqu’en 1986. En 1988, il réussit son parachutage en Haute-Garonne où il est élu député, siège qu’il perd en 1993 après le raz-de-marée du RPR et de l’UDF, et qu’il retrouve en 1997 en tant que chef de l’opposition.
En 1979 au congrès de Metz du Parti socialiste il déclare « l’objectif du PS n’est pas de moderniser ou de tempérer le capitalisme mais de le remplacer par le socialisme ».national aux relations internationales, chargé de la coordination au Parti socialiste.
En 1981 François Mitterrand est élu président de la République. Il vient alors d’être élu Premier secrétaire du parti, succédant à François Mitterrand. Lionel Jospin garde ce poste durant toute la durée du premier septennat de François Mitterrand. Il quitte l’OCI durant cette période, rompant ses contacts avec le lambertisme autour de 1981.
En 1988, il devient ministre de l’Éducation nationale. En entrant au gouvernement, il quitte le poste de premier secrétaire du PS, mais conserve certaines fonctions en son sein : membre du bureau national et membre du conseil national du PS (jusqu’en 1997). Comme ministre, il redessine la carte universitaire, notamment par le plan « Universités 2000 » et fait adopter la Loi Jospin qui, entre autres mesures, réforme la formation des enseignants. Mais la contestation lycéenne l’affaiblit en 1990.
Son éternelle rivalité avec Laurent Fabius, exacerbée lors du congrès de Rennes en 1990, déchire le Parti socialiste. Lionel Jospin s’éloigne de François Mitterrand, doit quitter le gouvernement démissionnaire d’Edith Cresson en 1992. Après sa défaite aux législatives en 1993, n’ayant plus que pour seul mandat celui de conseiller général de Cintegabelle, il quitte ses fonctions au PS et songe à se retirer de la vie politique, notamment en demandant un poste d’ambassadeur, ce à quoi s’opposera Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères de l’époque.
En 1995 suite au désistement de Jacques Delors, alors favori des sondages, il rebondit et est désigné face au Premier secrétaire Henri Emmanuelli candidat du Parti socialiste à l’élection présidentielle le 5 février. Donné perdant dès le début de l’élection, il crée la surprise en arrivant en tête au premier tour, avec 23,30%, devant les rivaux RPR Jacques Chirac (20,8%) et Édouard Balladur (18,6%) ; il obtient 47,36% au second. Lionel Jospin redevient alors Premier secrétaire et dirige l’opposition. IL préside ainsi la commission de rénovation du Parti socialiste de juin à octobre 1995. Il fait alliance avec le Parti communiste, les Verts, le Parti radical de gauche et, le Mouvement des Citoyens pour créer la gauche plurielle qui remporte les élections législatives de 1997 suite à la dissolution décidée par Jacques Chirac le 21 avril 1997.
Premier ministre
Le 2 juin 1997 le président le nomme Premier ministre : c’est le début de la troisième cohabitation. Il forme un gouvernement d’union centré sur quelques proches : Dominique Strauss-Kahn, Claude Allègre et Martine Aubry. Cette dernière met en place la principale promesse de campagne : les 35 heures. Assez populaire, il doit cependant se séparer du noyau dur de son gouvernement : contesté par les syndicats enseignants, Claude Allègre abandonne l’Éducation nationale, tandis que Dominique Strauss-Kahn, mis en examen, choisit de démissionner. Lors du vaste remaniement ministériel de 2000, il fait alors entrer les « éléphants » du PS, dont Jack Lang, rue de Grenelle, et Laurent Fabius, à Bercy.
De 1997 à 2001 contrevenant à la déclaration commune PS-PC du 29 avril 1997 qui promettait « pour France Telecom, Thomson et Air-France, l’arrêt des privatisations » il entreprend une série de privatisations ou d’ouverture aux capitaux privés pour répondre aux attentes et obligations dues à la construction européenne : France Telecom, Thomson Multimédia, le GAN, le CIC, les AGF, Société Marseillaise de Crédit, RMC, Air France, Crédit Lyonnais, Eramet, Aérospatiale-Matra, EADS Banque Hervet. Il déçoit également de nombreux sympathisants de la gauche à propos de l’usine Renault de Vilvoorde en Belgique (bien que manifestant quelques mois plus tôt contre la fermeture, il ne put stopper le processus).
Dans son discours du 5 novembre 1998 à Craonne où il a inauguré la sculpture de Haïm Kern, à l’occasion du 80e anniversaire de l’Armistice de 1918, le Premier Ministre Lionel Jospin a souhaité que les soldats « fusillés pour l’exemple », « épuisés par des attaques condamnées à l’avance, glissant dans une boue trempée de sang, plongés dans un désespoir sans fond », qui « refusèrent d’être des sacrifiés », victimes « d’une discipline dont la rigueur n’avait d’égale que la dureté des combats, réintègrent aujourd’hui, pleinement, notre mémoire collective nationale. Dans le contexte de cohabitation, cette initiative fut critiquée par le Président de la République Jacques Chirac
En 2001, son passé trotskiste est révélé dans des articles de presse (Le Monde, l’Express, le Nouvel Observateur), puis dans deux biographies. La rumeur courait depuis 1982 (alimentée notamment par trois anciens membres de l’Organisation communiste internationaliste, Yvan Berrebi, Patrick Dierich et Boris Fraenkel) mais avait jusque-là été démentie par l’intéressé, qui affirmait avoir été confondu avec son frère Olivier Jospin, lui-même militant avoué de l’organisation trotskiste. L’obligation de reconnaître enfin les faits le déstabilise.
Sur le plan économique, Lionel Jospin bénéficie d’une période d’embellie liée à une forte croissance mondiale, avec notamment l’envol des nouvelles technologies (sa part de responsabilité dans cette situation est source de débat), et met en œuvre une politique ciblée sur l’emploi (emplois-jeunes, prime pour l’emploi, baisse de la TVA, soutien à la consommation, allègements de charges, réforme sur l’annualisation du temps de travail en contrepartie des 35h) ; entre 1997 et 2001, le chômage passe du taux record de 12,2% à un plancher de 8,6%, mais il repassera la barre des 9% en 2002. L’impact de la réforme des 35h reste toutefois contesté, pour deux raisons, la première concerne l’efficacité même de la réforme et la deuxième est due au fait qu’à ce moment-là, il n’y avait pas le recul qui permettait de juger correctement.
Sur le plan social, il met en place la Couverture maladie universelle et l’Allocation personnalisée d’autonomie pour les personnes âgées.
Sur le plan sociétal, il met en place le PACS (pacte civil, qui permet l’union des couples sans passer par le mariage, qu’ils soient hétérosexuels ou homosexuels), qui voit l’opposition frontale de l’Église et de la droite catholique.
Sur le plan de la sécurité, il met en place la police de proximité, chargée d’« humaniser les jeunes aux yeux de la police et d’humaniser la police aux yeux des jeunes ».
Sur le plan institutionnel, et avec le président Jacques Chirac (qui, initialement réticent, se range au projet), il organise un référendum sur la réduction du mandat présidentiel à 5 ans. Le oui l’emporte largement, à près de 83,91 %, mais l’abstention est de 69,81 %.
La campagne présidentielle de 2002
Fier de son bilan, il se présente en 2002 à l’élection présidentielle. Il gère mal une campagne marquée par le thème de l’insécurité, sujet décrit comme ayant pris une place disproportionnée par certains, principalement dans le traitement de l’information par les médias. D’autres accusent même ces derniers de favoriser l’extrême-droite en attisant le racisme à travers des images ne montrant souvent que des « étrangers », commettant des délits, brûlant des voitures et affrontant les forces de l’ordre. Ces allégations ont été démenties par les médias eux-mêmes, mais l’extrême droite grimpe néanmoins dans l’opinion publique. Lionel Jospin ne s’en soucie pas outre mesure. Ainsi, il évalue mal ces risques qui s’ajoutent aux divisions de la gauche : il n’arrive pas à rassembler sous sa candidature les composantes de sa majorité plurielle qui présentent chacune un candidat à l’élection présidentielle. Son positionnement n’est pas clair, affirmant au début de la campagne que son « projet n’est pas socialiste », puis nuançant par la suite ce propos avec des drapeaux rouges lors des meetings. D’autre part, ses attaques personnelles contre le Président ont eu un effet mitigé (« Un Président vieux, usé, fatigué »). Enfin, il lui est reproché de ne pas avoir profité des années de croissance économique solide pour affronter les grands problèmes de société, notamment la réforme des retraites.
Le scrutin sera marqué par une très forte abstention (28,40 %). Le 17 avril, 4 jours avant le premier tour, dans une interview, il juge peu sérieuse l’hypothèse de son absence au deuxième tour . Pourtant, il est éliminé (en obtenant seulement 16,18% des suffrages exprimés) dès le premier tour par les électeurs qui ont placé Jean-Marie Le Pen (16,9%) en deuxième position derrière Jacques Chirac qui sera élu très largement (82,2%) après de larges mobilisations, dans toute la France, contre l’extrême droite. Dépité par son échec cuisant, il annonce le soir du premier tour son retrait de la vie politique, en déclarant « […] Au-delà de la démagogie de la droite et de la dispersion de la gauche qui ont rendu possible cette situation, j’assume pleinement la responsabilité de cet échec et j’en tire les conclusions en me retirant de la vie politique, après la fin de l’élection présidentielle. » Quelques instants plutôt, il aurait appelé jacques Chirac pour lui annoncer son intention de démissionner de son poste de Premier Ministre, ce qu’a refusé la Président de la République, lui demandant d’attendre la fin de l’élection présidentielle.
Depuis 2002
En 2005 sort son livre Le monde comme je le vois, qui relance les polémiques au sujet de son éventuel retour en politique.
Le 26 novembre 2005, Lionel Jospin affirme sur la radio Europe 1 qu’il n’est pas « candidat à la candidature » du Parti socialiste pour l’élection présidentielle en 2007 et qu’il s’est retiré « de la vie politique active » en avril 2002. Il laisse toutefois sous-entendre à diverses occasions qu’il serait prêt à se présenter si les socialistes le lui demandent.
Le 26 août 2006, à l’approche de l’élection présidentielle de 2007, Lionel Jospin intervient à l’université d’été du PS, sans toutefois se prononcer au sujet de sa possible candidature en 2007. Le 4 septembre 2006, Lionel Jospin déclare être « capable d’assumer la charge de chef de l’État » mais, le 28 septembre 2006, il annonce finalement qu’il renonce à être candidat à la candidature pour la présidentielle au sein du parti socialiste.
Le 16 novembre 2006, au cours du vote de désignation du candidat à la présidentielle, il arrive pour voter vers 16 h 50. « Je n’ai pas voté blanc. Qu’il y ait un deuxième tour serait dans la logique de mon vote », lâche l’ancien Premier ministre à sa sortie.
Le 23 février 2007, Lionel Jospin rejoint l’équipe de campagne de Ségolène Royal, aux côtés notamment des deux anciens rivaux de cette dernière, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius.(Wikipedia)
Le 16 septembre 2007, Lionel Jospin revient sur la scène en attaquant Ségolène Royal.
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